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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Running Man

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Running Man

Royaume-Uni, États-Unis : 2025
Titre original : The Running Man
Réalisation : Edgar Wright
Scénario : Edgar Wright, Michael Bacall
Acteurs : Glen Powell, Josh Brolin, Colman Domingo
Éditeur : Paramount Pictures France
Durée : 2h13
Genre : Science-Fiction, Action
Date de sortie cinéma : 19 novembre 2025
Date de sortie DVD/BR/4K : 25 mars 2026

Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber…

Le film

[3,5/5]

Aucun besoin de se replonger dans les VHS poussiéreuses pour comprendre que ce Running Man version 2025 ne cherche pas à jouer dans la même cour que l’icône bodybuildée de 1987. Le film avance en effet avec une assurance tranquille, comme un coureur qui sait qu’il ne gagnera pas la course en imitant le champion précédent, mais en changeant carrément de piste. Edgar Wright et son coscénariste Michael Bacall s’emparent du roman de Stephen King avec une gourmandise presque insolente, retrouvant la noirceur sociale, la paranoïa médiatique et la violence institutionnelle que le film de 1987 n’avait fait qu’effleurer entre deux punchlines et deux séquences d’ultra-violence gratinée. Ici, la dystopie n’est plus un décor en carton-pâte : c’est un système digestif géant qui avale les pauvres et recrache des cadavres en prime time.

L’univers de Running Man s’étend cette fois bien au-delà des couloirs étriqués du film de Paul Michael Glaser. Aidé par un budget confortable, Edgar Wright et son équipe déploient une ville tentaculaire, saturée d’écrans, de publicités, de flux toxiques, comme si la société entière avait fusionné avec TikTok, Hunger Games et une émission de télé-réalité animée par un algorithme défoncé à la coke. Le film joue avec cette esthétique rétro-futuriste, faisant de la ville une tumeur luminescente, mélangeant néons sales, architecture brutaliste et gadgets technologiques qui semblent avoir été conçus par un designer qui aurait sniffé un modem 56k. Mais cette ambiance visuelle n’est pas qu’un décor : elle traduit la thématique centrale du film, celle d’un monde où la surveillance est devenue un sport national et où la souffrance est, finalement, un divertissement comme un autre.

Pour ceux qui l’ignoreraient, le récit suit Ben Richards, un homme ordinaire propulsé dans un jeu télévisé où survivre trente jours relève du miracle ou de la folie pure. Edgar Wright utilise cette durée démesurée comme un ressort dramatique, mais aussi comme un commentaire sur l’épuisement contemporain : trente jours de fuite, trente jours de traque, trente jours de spectacle continu. Running Man montre comment la temporalité elle-même devient une arme, un outil de domination, un moyen de broyer les individus sous le poids d’un divertissement sans fin. Cette idée, déjà présente dans le bouquin de Stephen King, trouve ici une résonance nouvelle, presque philosophique, dans un monde où l’attention est devenue une monnaie et où la souffrance se consomme en streaming.

Mais là où Running Man surprend vraiment, c’est dans sa manière de détourner les codes du film d’action. Edgar Wright, fidèle à son style, injecte une énergie rythmique presque musicale dans les scènes de poursuite, mais il refuse la glorification de la violence. Les affrontements sont brutaux, chaotiques, parfois même grotesques, comme si le film voulait rappeler que la mort n’est jamais un spectacle propre. Une séquence en particulier, durant laquelle Ben Richards traverse un quartier transformé en parc d’attractions morbide, ressemble à un cauchemar conçu par un enfant qui aurait mélangé Fortnite, Mad Max et un épisode de Koh-Lanta, le tout agrémenté d’une bonne dose de cruauté et d’humour noir. Car l’humour surgit parfois au détour d’une séquence, même si la satire féroce cache souvent une réflexion sombre et désespérée sur la manipulation médiatique et la déshumanisation.

Cette version de Running Man n’est cependant pas exempte de défauts : le film est indéniablement un peu trop long, la structure en trente jours crée parfois des ruptures de rythme, certains personnages secondaires manquent de profondeur, et une séquence impliquant Michael Cera semble sortie d’un univers parallèle où Edgar Wright aurait décidé de tourner un sketch absurde au milieu de son drame dystopique. Mais ces étrangetés, loin de nuire au film, participent à son identité : un objet hybride, audacieux, parfois bancal, mais toujours animé par une volonté sincère de raconter quelque chose de fort sur le pouvoir, la manipulation et la résistance. Du côté des acteurs, on saluera la prestation de Glen Powell, qui incarne ici un Ben Richards nerveux, imprévisible, presque volcanique. Son jeu oscille entre rage contenue et éclats incontrôlés, comme si le personnage était constamment au bord de l’implosion. Cette intensité donne au film une tension permanente, même lorsque le scénario ralentit pour respirer. Face à lui, Colman Domingo, en maître de cérémonie flamboyant, vole presque chaque scène où il apparaît, transformant son personnage en une sorte de prophète télévisuel, mi-gourou, mi-tyran. Josh Brolin, en patron du Network, impose une présence froide, presque reptilienne, qui rappelle les grands antagonistes politiques du cinéma des années 70.

Bref, autant dire que ce Running Man version 2025 ne cherche pas en aucun cas à remplacer le film de 1987. Il le contourne, le dépasse, le réinvente. Ce n’est pas un remake : c’est une mutation. Là où l’original brillait par son charme kitsch et son héros bigger than life, cette nouvelle version mise sur la colère, la lucidité et la démesure narrative. Deux films, deux époques, deux visions. Et cette coexistence, loin d’être un problème, devient presque une métaphore de la manière dont les récits évoluent, se transforment, se répondent. Edgar Wright nous livre par conséquent livrer un objet mutant, nerveux, parfois bancal, mais toujours animé par une envie sincère de raconter quelque chose sur le monde contemporain, sur la paranoïa médiatique, la misère sociale et la télé-réalité devenue religion d’État.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Running Man cuvée 2025 édité par Paramount Pictures nous arrive au choix, soit dans un joli Steelbook, soit dans un boîtier avec fourreau qui ne fait pas semblant : visuel percutant, couleurs saturées, typographie agressive – c’est un peu comme si le packaging lui-même voulait nous rappeler que le film parle d’un monde où la télé-réalité a dévoré la démocratie. Que l’on opte pour la Métalliboîte ou pour le fourreau, glacé et épais, tout nous donne cette impression de produit premium qu’on aime poser sur une étagère, histoire de montrer qu’on a survécu à la traque. Dans les deux cas, à l’intérieur, on trouvera le disque 4K Ultra HD et le Blu-ray standard. Paramount a visiblement voulu un objet solide, élégant, sans fioritures inutiles, mais avec cette classe instantanée que l’on retrouve dans leurs éditions prestige.

Côté image, le Blu-ray 4K Ultra HD de Running Man est une pure démo technique. Le master bénéficie de l’apport des technologies Dolby Vision et HDR10, et les deux formats permettent de redécouvrir l’esthétique rétro-futuriste du film avec une précision chirurgicale. Les néons agressifs, les écrans omniprésents, les zones d’ombre saturées de pollution lumineuse : tout gagne en profondeur, en contraste, en texture. Les noirs sont d’une densité impressionnante, sans jamais s’écraser, et les hautes lumières conservent leurs détails même dans les séquences les plus frénétiques. Les visages, souvent filmés en gros plan pour accentuer la paranoïa, affichent une finesse remarquable : pores, sueur, maquillage, tout ressort avec une netteté presque indécente. Le grain numérique est fin, maîtrisé, jamais artificiel. Le film, déjà nerveux en salle, devient ici une expérience sensorielle totale, comme si la ville elle-même sortait de l’écran pour venir renifler le spectateur.

De leur côté, les pistes son ne sont pas en reste. La VO, mixée en Dolby Atmos, déploie un espace sonore ample, enveloppant, presque organique. Les hélicoptères médiatiques, les drones de surveillance, les explosions, les cris du public, les jingles du Network : tout circule avec une fluidité impressionnante. Les basses sont profondes mais jamais baveuses, les voix parfaitement intelligibles, et les effets verticaux sont utilisés avec une vraie intelligence, notamment dans les séquences de poursuite ou les transitions entre zones urbaines. La VF, qui nous est également proposée en Dolby Atmos, bénéficié d’un mixage clair, dynamique, bien spatialisé, avec une énergie qui respecte parfaitement l’intention sonore du film. Les deux pistes cohabitent sans hiérarchie forcée : la version originale profite d’une dynamique légèrement plus ample, mais la version française, loin d’être une simple version secondaire, offre une expérience solide, cohérente, et tout à fait digne d’un blockbuster moderne. Bref, Paramount nous livre ici un disque Katka techniquement irréprochable, qui permet de savourer Running Man dans des conditions optimales.

A une époque où les sections « bonus » des Blu-ray et 4K UHD se réduisent comme des peaux de chagrin, les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Running Man nous apparaissent comme d’une générosité presque indécente. Le disque 4K Ultra HD accueille le commentaire audio d’Edgar Wright, Glen Powell et Michael Bacall (VOST), un trio qui revient sur l’adaptation du roman de Stephen King, les choix narratifs, les scènes abandonnées, les contraintes de tournage et les ajustements permanents entre storyboard et réalité du plateau. Le commentaire est dense, vivant, parfois hilarant, et offre un éclairage passionnant sur la manière dont Edgar Wright a voulu réinventer le matériau d’origine. On poursuivra ensuite avec une avalanche de modules. On commencera avec un court making of (12 minutes), qui revient sur la genèse du projet, l’arrivée de Wright, et la volonté de revenir à l’esprit du roman. La featurette suivante reviendra sur les personnages et le casting (17 minutes), et la manière dont chacun a abordé son rôle dans cet univers dystopique. Le module suivant reviendra sur l’univers du film (17 minutes), et dévoilera les secrets du Production Design, entre futurisme sale, architecture oppressante et gadgets technologiques absurdes. Enfin, la featurette consacrée au tournage du film (29 minutes) nous plongera dans la mise en scène d’Edgar Wright, son découpage, son travail sur le rythme et la chorégraphie des poursuites.

À cela s’ajouteront une série de bonus in-universe absolument délicieux : les pubs pour l’émission Running Man (2 minutes), les moments marquants de l’émission (4 minutes), les self tapes des candidats (15 minutes), les extraits du jeu télévisé « À fond les manettes » (2 minutes) et de la télé-réalité dégénérée « Les Americanos » (8 minutes), les extraits mettant en scène « L’Apôtre » (4 minutes). On embrayera avec des featurettes consacrées aux cascades (2 minutes), aux coiffures, maquillages et costumes du film (26 minutes), on s’attardera sur une sympathique série de scènes coupées (11 minutes), et on terminera avec les traditionnelles bandes-annonces. Bref, c’est massif, varié, généreux, et surtout cohérent avec l’univers du film !

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