Accueil Festivals Cannes 2026 : Peter Jackson et Barbra Streisand Palmes d’or d’honneur

Cannes 2026 : Peter Jackson et Barbra Streisand Palmes d’or d’honneur

0
96

Bad Taste © 1987 Wing Nut Films / New Zealand Film Commission Tous droits réservés

Avec l’annonce de la deuxième Palme d’or honorifique ce jour, est-ce que le compte y est ? Ou bien, comme ce fut le cas à trois reprises les quatre années passées, le Festival de Cannes profitera-t-il de la présence d’un monstre sacré sur la Croisette pour lui exprimer toute son admiration par voie de prix d’honneur ? Seul le comité de sélection sait à ce point s’il y aura en 2026 un autre invité surprise, à l’image de Tom Cruise, Harrison Ford et Denzel Washington. Mais puisque l’on connaît à présent les noms de deux lauréats – le nombre de Palmes de ce type décernés la plupart du temps par festival depuis le début de la décennie –, on préfère croire qu’il n’y en ait pas d’autres au mois de mai prochain. Même si certaines grosses productions hollywoodiennes projetées hors compétition – le prochain Spielberg, par exemple – pourraient facilement changer la donne.

On en saura un peu plus à partir du jeudi 9 avril, le jour fatidique de l’annonce de la sélection officielle de la 79ème édition du Festival de Cannes qui se déroulera du 12 au 23 mai. Si fatidique en fait, qu’il a chamboulé le calendrier des projections de presse parisiennes de plusieurs films prévues initialement ce même jour. En attendant, les annonces des Palmes honorifiques ont donc eu lieu au cours de la semaine dernière. Pour le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, ce fut le cas le jeudi 5 mars, suivi par l’actrice, chanteuse et réalisatrice américaine Barbra Streisand ce jour. Ils seront honorés sur la scène de l’auditorium Louis Lumière respectivement lors de la cérémonie d’ouverture le mardi 12 mai pour Jackson et à l’autre extrémité du festival à l’occasion de la cérémonie du palmarès le samedi 23 mai pour Streisand.

Le Seigneur des anneaux La Communauté de l’anneau © 2001 Wing Nut Films / The Saul Zaentz Company / New Line Cinema /
Metropolitan Filmexport Tous droits réservés

Pour le monde cinéphile, voire le monde tout court, le réalisateur néo-zélandais est l’homme de la trilogie du Seigneur des anneaux. Et effectivement, ce que Jackson a accompli avec son adaptation de la saga fantastique de Tolkien avait profondément marqué le cinéma au début du siècle. C’est à Cannes en 2001 que quelques heureux élus avaient pu découvrir les premières minutes de La Communauté de l’anneau, avant que ce premier épisode ne devienne un phénomène planétaire à la fin de l’année. Treize ans plus tôt, Jackson avait fait une première fois escale à Cannes, toujours en dehors de la sélection officielle, pour vendre son premier film Bad Taste du côté du marché du film.

Sans vouloir nier l’impact de l’univers du Seigneur des anneaux imaginé par Jackson, surtout à travers sa première trilogie et dans une moindre mesure avec celle du Hobbit, sortie entre 2012 et 2014, son travail comporte également d’autres facettes atypiques et parfois éclipsées par la pièce maîtresse de sa filmographie. Ainsi, il s’était réellement imposé sur la scène internationale grâce à Créatures célestes avec Kate Winslet, Lion d’argent au Festival de Venise en 1994, suivi par le drôle de documentaire Forgotten Silver et la comédie fantastique Fantômes contre fantômes avec Michael J. Fox. Entre les deux trilogies de la Terre du milieu, on lui doit le succès planétaire King Kong avec Naomi Watts et l’échec planétaire Lovely Bones avec Saoirse Ronan. Puis sa carrière avait effectué un virage des plus surprenants, en prenant la direction du documentaire avec Pour les soldats tombés et une mini-série sur les Beatles diffusée sur Disney +.

Alors que Peter Jackson aura atteint à la fin du mois d’octobre l’âge autrefois associé à un départ bien mérité à la retraite, la Palme d’or cannoise est le premier prix honorifique d’envergure qu’il obtient. Il la rangera sans doute aux côtés de ses trois Oscars gagnés en 2004 pour Le Seigneur des anneaux Le Retour du roi, ses deux trophées de la Directors Guild of America dont un pour des publicités Nike et Apple obtenu plus tôt cette année, ses deux Emmies pour The Beatles Get Back et donc son Lion vénitien du début de sa carrière.

Bien que le Festival de Cannes ait une longue histoire d’amour avec la consœur et compatriote de Peter Jackson Jane Campion – Palme d’or du court-métrage pour Peel Exercice de discipline en 1986, Palme d’or pour La Leçon de piano sept ans plus tard et présidente du jury en 2014 –, le réalisateur du Seigneur des anneaux est le premier néo-zélandais à obtenir une Palme d’or d’honneur depuis que le prix a été instauré en 1997.


Nos plus belles années © 1973 Frank Shugrue / Rastar Productions / Columbia Pictures / Sony Pictures Entertainment France
Tous droits réservés

Une véritable touche-à-tout en termes de domaines artistiques, de la chanson à l’interprétation, en passant par la réalisation, Barbra Streisand est depuis soixante ans une icône du divertissement à l’américaine. Tellement américaine, en fait, que son invitation à cette 79ème édition du festival représentera son premier passage à Cannes. De même, le communiqué de presse de l’annonce de sa Palme d’or honorifique n’a pas trouvé mieux comme référence française au fil de son illustre carrière que le fait que sa troisième et dernière réalisation en 1996 Leçons de séduction est un remake du long-métrage français Le Miroir a deux faces de André Cayatte, tourné près de quarante ans plus tôt avec Michèle Morgan et Bourvil. Qu’à cela ne tienne, en tant que pionnière infatigable depuis le début des années 1960, Streisand mérite amplement ce prix suprême du Festival de Cannes.

Rétrospectivement, Barbra Streisand aura assez équitablement partagé son temps entre la musique et le cinéma. Ce qui signifie que ce dernier a joué un rôle plutôt complémentaire dans sa vie professionnelle. Dans la plupart de sa vingtaine de films, elle chante, à merveille naturellement. Que ce soit dans Funny Girl de William Wyler, Hello Dolly ! de Gene Kelly, Funny Lady de Herbert Ross ou bien Yentl d’elle-même, Streisand ne s’y fait pas prier longtemps pour pousser la chansonnette. Ce qui ne signifie pas pour autant que ses rôles plus dramatiques déméritent, malgré quelques accents narcissiques persistants dans On s’fait la valise docteur ? de Peter Bogdanovich, Nos plus belles années de Sydney Pollack, Cinglée de Martin Ritt et ses deux autres réalisations Le Prince des marées et donc Leçons de séduction.

Plus récemment, elle s’était tant soit peu illustrée dans des comédies comme Mon beau-père mes parents et moi de Jay Roach et Mon beau-père et nous de Paul Weitz, ainsi que The Guilt Trip de Anne Fletcher, sorti pour les fêtes de fin d’année en 2012 aux États-Unis, mais resté inédit au cinéma en France. Ce qui ne veut pas dire que Barbra Streisand ait chômé ces dernières années … Bien au contraire, puisqu’elle a récemment rédigé ses mémoires, publiés en 2024 aux Éditions Hugo Doc et riches de près de mille pages !

Contrairement à Peter Jackson, elle a atteint un âge où elle tend à avoir engrangé plus de prix honorifiques que compétitifs. Parmi ces premiers, on peut citer le Life Achievement Award de l’American Film Institute en 2001 et celui de la Screen Actors Guild il y a deux ans. Auparavant, Barbra Streisand a été la lauréate de deux Oscars (Meilleure actrice en 1969 pour Funny Girl et Meilleure chanson en 1977 pour Une étoile est née), quatre Emmies et huit Grammies.

Leçons de séduction © 1996 David James / Barwood Films / Phoenix Pictures / TriStar Pictures / Sony Pictures Entertainment France
Tous droits réservés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici