
Tous droits réservés
Nouvelle soirée de remise de prix, nouvelle polémique. Cette fois, c’était à l’occasion de la 79ème cérémonie des BAFTAs qui s’est tenue le dimanche 22 février au Royal Festival Hall à Londres. Comme cela fut déjà le cas dans le passé, seule une version raccourcie de l’événement a été retransmise sur la chaîne publique britannique de la BBC. Un détail qui a toute son importance, puisque c’est l’effacement partiel de certains propos qui a soulevé toutes sortes d’indignations. Principalement, ce sont les insultes et autres propos racistes proférés involontairement par John Davidson, souffrant du syndrome de Gilles de La Tourette et dont la vie et le combat sont contés dans le film Plus fort que moi de Kirk Jones, qui se trouvent au cœur de la controverse.
Alors que sa situation a été à deux reprises adressée au fil de la soirée par le maître de cérémonie Alan Cumming (« The Traitors ») demandant au public de la compréhension et une attitude bienveillante à son égard, la gestion de l’Académie du cinéma britannique et de la BBC par voie d’émission diffusée en décalé à la télévision et en ligne a été sévèrement critiquée. En particulier le fait de ne pas avoir effacé un terme à forte connotation raciste sorti de la bouche de Davidson – tout à fait involontairement, y a-t-il besoin de le rappeler ?! – au moment de la présentation de la catégorie des Meilleurs effets spéciaux par les acteurs Michael B. Jordan et Delroy Lindo. De même, le discours de remerciement du réalisateur Akinola Davies Jr. qui faisait allusion au conflit dans la bande de Gaza n’a pas été inclus dans la transmission officielle de cette soirée mouvementée des BAFTAs.
Dans toute cette agitation, qui a été suivie par un communiqué officiel de l’Académie du cinéma britannique dès le lendemain admettant des maladresses dans son approche de cette situation complexe, les lauréats seraient presque passés à l’arrière-plan. Alors que les votants de la vénérable institution d’outre-Manche avaient fait de leur mieux pour rendre cette dernière ligne droite de la saison des prix 2025/26 au moins légèrement plus imprévisible. Face au sacre avec six trophées du film de Paul Thomas Anderson Une bataille après l’autre, ils ont par exemple complètement ignoré Marty Supreme. Avec ses onze nominations et aucun prix, le film de Josh Safdie devient l’un des plus gros perdants de l’Histoire des BAFTAs, aux côtés de Love de Ken Russell en 1970 et de Neverland de Marc Forster en 2005.
Enfin, la plus grande surprise agréable de la soirée a été la victoire du jeune comédien anglais Robert Aramayo, récompensé doublement avec le EE Rising Star Award de la Meilleure révélation et, surtout, le BAFTA du Meilleur acteur pour sa prestation dans Plus fort que moi. Alors qu’Aramayo était le troisième comédien nommé la même année pour le EE Rising Star Award et son interprétation dans le même film, après Daniel Kaluuya (Get Out de Jordan Peele) en 2018 et Bukky Bakray (Rocks de Sarah Gavron) trois ans plus tard, il est le premier à repartir avec ces deux prix le même soir. Félicitations à lui ! Et espérons que l’Académie du cinéma britannique ne viendra pas imiter son pendant français, dont le règlement interdit ce genre de doublon depuis le sacre de Tahar Rahim pour Un prophète de Jacques Audiard en 2010.

Getty Images Tous droits réservés
Meilleur Film : Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, produit par Adam Somner (†), Sara Murphy et Paul Thomas Anderson
Meilleur Film britannique : Hamnet de Chloé Zhao (Chloé Zhao, Liza Marshall, Pippa Harris, Nicolas Gonda, Steven Spielberg, Sam Mendes et Maggie O’Farrell)
Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson pour Une bataille après l’autre
Meilleure actrice : Jessie Buckley dans Hamnet
Meilleur acteur : Robert Aramayo dans Plus fort que moi, sortie française le 1er avril
Meilleure actrice dans un second rôle : Wunmi Mosaku dans Sinners
Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn dans Une bataille après l’autre

Tous droits réservés
Meilleur scénario original : Sinners par Ryan Coogler
Meilleur scénario adapté : Une bataille après l’autre par Paul Thomas Anderson
Meilleur Film étranger : Valeur sentimentale (Norvège) de Joachim Trier (Joachim Trier, Maria Ekerhovd et Andrea Berentsen Ottmar)
Meilleur Documentaire : Mr Nobody against Putin de David Borenstein et Pavel Talankin (David Borenstein, Pavel Talankin, Helle Faber, Radovan Sibrt et Alzbeta Karaskova)
Meilleur Film d’animation : Zootopie 2 de Jared Bush et Byron Howard (Jared Bush, Byron Howard et Yvett Merino)

Tous droits réservés
Meilleure photo : Une bataille après l’autre – Michael Bauman
Meilleur montage : Une bataille après l’autre – Andy Jurgensen
Meilleure musique : Sinners – Ludwig Göransson
Meilleurs décors : Frankenstein, sans date de sortie cinéma en France – Tamara Deverell et Shane Vieau
Meilleurs costumes : Frankenstein, sans date de sortie cinéma en France – Kate Hawley
Meilleurs maquillage et coiffure : Frankenstein, sans date de sortie cinéma en France – Jordan Samuel, Cliona Furey, Mike Hill et Megan Many
Meilleur son : F1 Le film – Gareth John, Al Nelson, Gwendolyn Yates Whittle, Gary A. Rizzo et Juan Peralta
Meilleurs effets spéciaux : Avatar De feu et de cendres – Joe Letteri, Richard Baneham, Daniel Barrett et Eric Saindon

Tous droits réservés
Meilleur casting : Plus fort que moi, sortie français le 1er avril – Lauren Evans
Meilleur Premier Film par un scénariste, réalisateur ou producteur britannique : Un jour avec mon père de Akinola Davies Jr., sortie français le 25 mars (Akinola Davies Jr. et Wale Davies)
Meilleur court-métrage d’animation britannique : Two Black Boys in Paradise de Baz Sells (Baz Sells, Dean Atta et Ben Jackson)
Meilleur court-métrage britannique : This is Endometriosis de Matt Houghton et Georgie Wileman (Georgie Wileman, Matt Houghton et Harriette Wright)
EE Rising Star Award : Robert Aramayo (Plus fort que moi)

Tous droits réservés















