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Critique : Le Prix du succès


France, 2017
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : et Teddy Lussi-Modeste
Acteurs : , , ,
Distribution : Ad Vitam
Durée : 1h32
Genre : Drame
Date de sortie : 30 août 2017

Note : 3/5

Elle n’est pas belle, la vie tout en haut de la pyramide sociale ?! Autrefois, le summum de la réussite en termes de célébrité était de remplir dignement le quart d’heure de gloire, qui est alloué à chacun d’entre nous, si l’on peut croire Andy Warhol. De nos jours, la donne a considérablement changé, puisque l’existence sur les réseaux sociaux et autres médias virtuels prévaut désormais sur un quotidien plus prosaïque. La génération bling-bling avec son président assorti est passée par là. Le talent de ces vedettes en herbe ne se mesure plus à travers l’avis d’esprits instruits, mais en fonction de l’audimat de l’usine à gaz de la télé-réalité. Dans cette ère des clones aussi vains qu’interchangeables, la question des origines ne pèse plus lourd, supplantée qu’elle est par la course à l’appartenance à l’univers aseptisé des paillettes et de l’argent facile. Six ans après l’impressionnant Jimmy Rivière qui explorait déjà les tensions entre un jeune parvenu et sa communauté, cette fois-là parmi les gens du voyage, le réalisateur Teddy Lussi-Modeste observe avec adresse dans son deuxième long-métrage les nombreuses tentatives infructueuses de la part du protagoniste de réconcilier sa vie privée avec sa carrière sous les feux de la rampe. Le Prix du succès pourrait passer pour un conte moral prêchant aux convertis. Pour le spectateur, par définition passif, le cinéma remplit en effet la fonction de substitut du rêve d’amour, gloire et beauté, le risque épineux de la déchéance qui peut représenter le revers de la médaille dans la vie réelle en moins. Or, son aspect le plus saisissant nous paraît au contraire la facilité avec laquelle la narration y jongle en simultané avec d’un côté les signes éclatants du monde du spectacle et de l’autre un vague à l’âme incomparablement plus authentique, qui se garde soigneusement de prendre parti pour quelque philosophie de vie que ce soit.

Synopsis : Humoriste professionnel depuis dix ans, Brahim est sur le point de franchir un cap dans sa carrière. Son amour pour Linda, son metteur en scène, lui donne des ailes et le décide à donner une direction plus ambitieuse à son travail. Pour ce faire, il devra toutefois se séparer de son frère aîné Mourad, une forte tête qui s’occupe de tout pour lui depuis toujours, quitte à lui trouver des contrats publicitaires peu valorisants pour son image. Quand Brahim signe avec son nouvel agent Hervé, les choses s’enveniment entre lui et sa famille.

Qui veut gagner des millions ?

Qu’est-ce qui ne rêve pas, parmi les centaines de jeunes humoristes débutants, de devenir un jour le prochain Jamel Debbouze, afin d’hériter un peu du lustre de cette vedette incontestée auprès du grand public depuis vingt ans ? Être adulé de tous et reconnu partout n’est pourtant pas une partie de plaisir de chaque instant, comme le démontre avec insistance, mais rarement avec lourdeur, Le Prix du succès. Car quand nous rencontrons pour la première fois Brahim, il est d’ores et déjà arrivé à un sommet temporaire de son art du verbe irrévérencieux. Grâce à la fragilité innée de Tahar Rahim, comme à son habitude remarquable dans l’interprétation d’un homme à fleur de peau, il devient néanmoins vite apparent que quelque chose cloche dans la vie du personnage principal. Il est amoureux, il a du succès et de l’argent, il est un bon fils qui prend soin des siens et ne s’adonne pas outre mesure aux excès associés sans distinction au milieu des artistes. En somme, tout roule pour lui, à tel point que le véritable enjeu dramatique du récit se fait peut-être un peu trop longtemps attendre. Et même une fois que l’antagonisme envers son frère est clairement établi, ce n’est pas réellement dans leurs confrontations aux poings et leurs injures à qui mieux mieux que la nature complexe de cette relation fraternelle s’exprime de la façon la plus poignante. Car au fond, cette affection tempétueuse sous forme de montagnes russes entre Brahim et Mourad n’est que le fil conducteur à travers le propos essentiel du film : la difficulté quasiment insurmontable de réconcilier les hautes sphères de la célébrité, infestées de faux-semblants et d’un discours policé, avec une conception de la vie moins prétentieuse et plus viscérale.

Trois ans sans mon frangin

Même s’il ne le dit jamais ouvertement, le personnage principal a fort à faire avec le syndrome de l’imposteur, de celui qui a certes réussi, mais qui traîne derrière lui encore toutes les casseroles de ses origines, aussi peu respectables soient-elles. Il existe au moins trois séquences dans Le Prix du succès où cet écart entre l’apparence et l’être se fait magistralement ressentir, un exploit que nous mettons au moins autant sur le compte du réalisateur que sur celui de sa fidèle co-scénariste Rebecca Zlotowski. D’abord, quand l’ami de longue date de Brahim, devenu lui-même une bête de foire dans le domaine du rap et de la mode, démêle la formulation tordue de sa requête pour en dévoiler le sens plus cru. Puis lors d’un enterrement, qui est moins l’occasion ici de provoquer des larmes que de faire redescendre le protagoniste sur terre. Et enfin, suite à un revirement final malgré tout un peu trop radical – surtout dans le contexte d’un film qui ne cherche guère à exacerber artificiellement les choses –, la conclusion en guise de retrouvailles forcément imparfaites, lors de laquelle Roschdy Zem accomplit avec subtilité le tour de force du frère prodigue, au moins aussi difficile à exécuter brillamment que celui de son pendant, taraudé par la même précarité humaine que lui. Notre seul regret face à cet affrontement assez intelligent pour ne pas désigner en fin de compte de perdant ou de gagnant, c’est que les rôles secondaires, interprétés avec conviction par deux acteurs que nous aimons beaucoup, Maïwenn et Grégoire Colin, doivent se contenter des miettes dans cette parabole édifiante sur les chimères de la gloire.

Conclusion

Est-ce que Tahar Rahim est une star, au sens classique du terme ? Depuis sa révélation éclatante dans Un prophète de Jacques Audiard il y a huit ans, l’acteur a opéré des choix de carrière judicieux pour ne justement pas devenir un phénomène de société à la durée de vie éphémère sous les projecteurs. Ce qui ne veut pas du tout dire qu’il n’a pas de quoi habiter presque fiévreusement le personnage du humoriste éprouvé par le succès, qui devra traverser bon nombre de tribulations tragiques dans ce film fascinant, avant de retrouver l’une des valeurs suprêmes de notre civilisation : la sérénité qui est indispensable pour être en paix avec soi-même et le monde.

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Auteur

Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles