Comédie Critiques de films Drame — 02 février 2015
Critique : Birdman

Birdman affiche

Etats-Unis, 2014
Titre original : Birdman
Réalisateur : Alejandro González Iñárritu
Scénario : Alejandro González Iñárritu, Nicolás Giacobone
Acteurs : , , ,
Distribution : 20th century fox
Durée : 2h00
Genre : Drame, comédie
Date de sortie : 25 février 2015

Note : 4,5/5

S’il y a peu de films qui peuvent vraiment coller à cette appellation, « Birdman » en fait d’ores et déjà partie, pour tout un tas de raisons…

Synopsis : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Birdman

La définition pure du cinéma

Qu’on se le dise, même s’il n’est pas dénué de défauts, « Birdman » est le genre de film sur lequel on pourrait disserter durant des heures. Que ce soit d’un point de vue technique, de jeu d’acteur, ou d’écriture de scénario, le film est sûrement l’une des œuvres les plus riches de ces dernières années.

Filmé en seulement 30 jours, de façon chronologique et presque intégralement en plan séquence, la création même de « Birdman » est différente, unique et impressionnante. A la hauteur du rendu final, entièrement déroutant, mais indéniablement réussi. Toutefois, « Birdman » n’est pas une œuvre facile d’accès, pas un film pop-corn qu’on va voir pour passer le temps. Se laisser emporter par ce film, c’est accepter de plonger dans les abimes du 7ème art, et accepter la dure réalité dans toute sa noirceur. Car le tour de force de « Birdman » c’est de posséder des dizaines de degrés de lectures malgré un seul point de vue : celui du personnage de Michael Keaton. Si le synopsis révèle que l’on va parler des acteurs et du théâtre, « Birdman » se révèle mille fois plus riche. Lorsque l’on comprend que Birdman représente l’(alter) égo de Keaton, on se laisse surprendre par ce portrait implacable d’un homme qui nous ressemble beaucoup, rempli de doutes, de regrets, de peur et d’imperfections.

Les réseaux sociaux et notre société hyper connectée est elle aussi critiquée dans le film, sur des notes de Jazz superbes qui accompagnent chaque mouvement de caméra. La gloire, l’échec, l’impuissance, l’amour, la famille, le théâtre, les acteurs, l’égo, la vie, la mort, les critiques, les mr tout le monde, etc…tout est abordé dans Birdman, et tout le monde en prend pour son grade, enrobé dans des monologues hypnotisants et des scènes d’une beauté lyrique.

Birdman

De Batman à Birdman

D’un point de vue technique, la première heure du film est un plan séquence quasi parfait. Si bien, que l’on en retient notre souffle. Comment est-ce possible d’avoir des mouvements de caméra si fluides, et des répliques si bien écrites et filmées pour que chaque mot résonne sur chaque note de musique pile au bon moment ? Et bien en grande partie grâce à ses acteurs. Si Edward Norton n’avait pas été à un tel niveau de jeu depuis de nombreuses années, et que l’on découvre un Zach Galifianakis touchant et juste, il faut bien avouer que l’écran se crève un peu plus chaque seconde face à un Michael Keaton magistral.

Et puisque le réalisateur ne l’a pas choisi au hasard, le public fait rapidement le rapprochement entre le personnage de Riggan, Birdman et le vrai Michael Keaton qui a interprété Batman. Le propos n’en est que plus juste et puissant. Clairement, jamais Keaton n’avait aussi bien joué. Vieillissant, faible, pas vraiment beau, l’acteur se met à nu devant la caméra comme si c’était son dernier rôle, celui à ne pas louper, celui de sa vie. Et lorsque l’on arrête d’avoir la joue en feu au bout de ces 2h par la claque que l’on se prend, on ne veut que se jeter dans les bras de celui qui doit impérativement remporter l’Oscar du meilleur acteur cette année. Alors forcément, malgré quelques longueurs, malgré le fait que ce film ne soit pas le plus divertissant à regarder, malgré des personnages qu’on a du mal à trouver attachants, il serait bien mal venu pour quiconque se dit cinéphile de louper « Birdman » en salles. Foncez-y !

Conclusion

Avec une mise en scène incroyable, une musique magistralement orchestrée, des performances d’acteurs inoubliables, une poésie et une dureté transperçantes, « Birdman » est unique, ensorcelant et déjà culte. A ne louper sous aucun prétexte, et on attend l’Oscar pour Michael Keaton !

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Auteur

Anais

Cet article a été rédigé par Anaïs Berno, Rédactrice et responsable des relations presse de Critique Film.fr @AnaBerno