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Critique : Bajirao Mastani


: 2015
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , inspiré de Raau, de
Interprètes : , ,
Distribution : ESC Editions
Durée : 2h38
Genre : action, comédie musicale, drame, guerre, histoire, romance
Date de sortie : 25 juillet 2018

4/5

Il y a 18 mois, il était difficile pour un cinéphile de ne pas avoir connaissance de la sortie de La La Land, la comédie musicale et romantique de Damien Chazelle. En ce mois de juillet, la sortie de Bajirao Mastani, également comédie musicale et romantique, s’avère beaucoup plus discrète. Deux raisons à cela : juillet, c’est l’été, le Tour de France, les plages, la montagne. Et puis, surtout, Bajirao Mastani est un film indien, un film de Bollywood, un genre souvent discrédité dans notre pays, alors que La La Land est un film estampillé US. Dommage, car Sanjay Leela Bhansali est un très grand réalisateur, et on se gardera bien d’oublier que son film Devdas, présenté hors compétition au Festival de Cannes 2002, avait réussi à réunir plus de 100 000 spectateurs dans les salles françaises.

Synopsis : En Inde, au début du 18e siècle, Bajirao, haut dignitaire Hindou et guerrier émérite est marié à Kashi Bai. Dans une autre province, Mastani princesse Musulmane, lui demande son aide pour combattre l’envahisseur qui la menace. Bajirao, impressionné par ses qualités de guerrière, accepte de l’aider et réussit à vaincre les ennemis. Contre toute attente, Mastani et Bajirao tombent amoureux. En pleine reconquête de l’Inde, Bajirao est tiraillé par deux amours, résistera-t-il aux assauts du cœur , contre la raison d’État ?

Une deuxième épouse rejetée par la cour

L’Inde, début du 18ème siècle. Depuis plusieurs années, deux empires se disputent ce grand territoire, l’Empire marathe, hindouiste, et l’empire moghol, musulman. Il y a peu de temps, les rajputs, hindouistes mais longtemps vassaux des moghols, sont entrés en rébellion contre ces derniers. C’est ainsi que Mastani, fille de Chhatrasal, Roi rajput du Bundelkhand, demande l’aide de Bajirao, général promu au rang de Peshwa (Premier Ministre) par Chhatrapati Shahu, Empereur de l’Empire marathe, pour combattre les forces mogholes qui menacent leur fort. Très impressionné par les qualités de guerrière de Mastani, Bajirao joint ses forces aux forces rajputes et participe au sauvetage du royaume du Bundelkhand. Tout aussi subjugué par la beauté de Mastani que par sa vaillance dans les combats, Bajirao en tombe amoureux, au point de lui offrir sa dague, ce qui, pour les rajputs, correspond à une demande en mariage.

Dans l’Inde du 18ème siècle, la polygamie ayant droit de cité, le problème n’est pas tant que Bajirao soit déjà marié ! Ce qui ne va pas manquer de poser problème, lorsque Mastani va débarquer à Pune, dans le palais de Shaniwarwada, résidence des Peshwas de l’empire marathe,  c’est le fait que Ruhani Bai, la mère de Mastani, soit perse et donc musulmane, ce qui interdit à Mastani d’être considérée par la cour comme une femme légitime de Bajirao. En pointe pour rejeter Mastani,  la mère et le frère de Bajirao, Rhadabai et Chimaji Appa, relayés plus tard par Nana Saheb, le fils ainé de Bajirao et de Kashibai, sa première épouse. Par contre, cette dernière arrive à se montrer un peu plus accueillante : certes, elle reconnait ne pas ouvrir son cœur à Mastani, mais elle finit par accepter de lui ouvrir la porte de sa maison.

Ce n’est pas qu’un somptueux grand spectacle

A la vision du film, avec ses décors somptueux, ses scènes de batailles spectaculaires, la richesse des bijoux et des costumes, on est surpris de constater que son budget n’a été que de 18 millions d’Euros, à comparer, par exemple, aux 78 millions engagés sur Astérix aux Jeux Olympiques. Toutefois, l’essentiel n’est pas là : tout en étant un film à (très) grand spectacle, Bajirao Mastani est également, à sa façon, un film engagé, mettant en avant la tolérance et l’amour, ce sentiment qui « n’a pas de religion », face aux « entraves de la religion ». C’est ainsi que lorsque les prêtres refusent de bénir Krishna, le fils de Bajirao et de Mastani, issu pour eux d’un couple illégitime, Bajirao décide que cet enfant prendra la religion de sa mère, la religion musulmane, et prendra le nom de Shamsher Bahadur. Dans un pays actuellement gouverné par le BJP, parti nationaliste hindou, et dans lequel ont lieu de nombreux meurtres islamophobes qui restent systématiquement impunis, le symbole est fort. Comme est fort le rôle des femmes dans ce film, des femmes courageuses et qui parlent d’égal à égal avec les hommes.

Des grandes stars de Bollywood

Pour interpréter les trois rôles majeurs de Bajirao Mastani, Sanjay Leela Bhansali a repris le trio d’interprètes qu’il avait déjà dirigé dans Ram-Leela, son film précédent : Ranveer Singh, dans le rôle de Bajirao, considéré à Bollywood comme l’acteur le plus talentueux de sa génération ; Deepika Padukone, dans le rôle de Mastani, fille de Prakash Padukone, ancien n°1 mondial de badminton, mannequin devenue une des grandes stars de Bollywood ; Priyanka Chopra, dans le rôle de Kashibai, MissMonde en 2000, première actrice de Bollywood à tenir  le rôle principal dans une importante série américaine, Quantico.

Pour les besoins du film, Ranveer Singh et Deepika Padukone ont dû apprendre à se battre à l’épée, à monter à cheval et à pratiquer le kalaripayattu, ancien art martial du sud de l’Inde. Deepika a également pris des cours de danse Kathak tandis que Ranveer et Priyanka Chopra se perfectionnaient en dialecte Peshwai Marathi, le langage parlé au début du 18ème siècle dans l’empire marathe.  Quant à la musique, elle est l’œuvre de Sanjay Leela Bhansali, le réalisateur du film.

Conclusion

Contrairement à certaines idées reçues, les films de Bollywood ne se contentent pas d’éblouir les spectateurs avec un grand spectacle de danses et de chansons interprétées dans des décors somptueux, ils véhiculent souvent des messages souvent très forts et d’une importance loin d’être négligeable dans le contexte de l’Inde contemporaine. C’est ainsi que dans Bajirao Mastani, Sanjay Leela Bhansali donne une place importante à des personnages féminins aux caractères bien trempés et, tout en prêchant la tolérance religieuse, ne prend pas de gants avec les religions et les entraves qu’elles imposent à celles et ceux qui suivent leurs préceptes. Film à très grand spectacle inspiré très, très librement par une réalité historique, film dans lequel les scènes de batailles voisinent avec des amours contrariées et, bien entendu, quelques scènes de danses et de chants, Bajirao Mastani est un spectacle total à même de réunir tous les publics, du cinéphile pur et dur à l’amateur de fresques historiques pleines d’action en passant par les passionné.e.s de films romantiques.

 

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles