Venise 2024 : Lions d’honneur à Peter Weir et Sigourney Weaver

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Sigourney Weaver dans L’Année de tous les dangers de Peter Weir © 1982 Jim Townley / Freddie Fields Productions /
McElroy and McElroy / Metro-Goldwyn-Mayer / Wanrer Bros. Discovery France Tous droits réservés

Contrairement à la concurrence cannoise qui a tendance à varier le nombre de ses prix honorifiques, les organisateurs du Festival de Venise demeurent agréablement réguliers et prévisibles en la matière. Le compte pour la 81ème édition y est à présent, depuis l’annonce de la deuxième lauréate la semaine dernière, le vendredi 28 juin, en la personne de l’actrice américaine Sigourney Weaver. Le premier, le réalisateur australien Peter Weir, sait déjà depuis le 9 mai dernier qu’il recevra un Lion d’or d’honneur fin août, début septembre prochains. Comme d’habitude, hélas, ce communiqué-là était tombé en pleine euphorie médiatique à quelques jours de l’ouverture du dernier Festival de Cannes. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait encore, de la déloyauté un brin mesquine entre ces deux festivals majeurs du continent européen.

La 81ème édition de la Mostra de Venise s’ouvrira le mercredi 28 août 2024 pour se terminer une dizaine de jours plus tard, le samedi 7 septembre. Alors que l’annonce de la sélection officielle aura lieu dans moins de trois semaines, le mardi 23 juillet, on connaît d’ores et déjà, depuis hier, le titre du film d’ouverture. Il s’agit de la suite de Beetlejuice de Tim Burton, Beetlejuice Beetlejuice du même réalisateur avec Michael Keaton et Jenny Ortega, qui sortira sur les écrans de cinéma français deux semaines plus tard, le mercredi 11 septembre. Enfin, la maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture du festival sera l’actrice italienne Sveva Alviti, surtout connue du public français pour son interprétation de la célèbre chanteuse dans la biographie filmique Dalida de Lisa Azuelos, sortie début 2017.

Master and Commander De l’autre côté du monde © 2003 Stephen Vaughan / Samuel Goldwyn Films / Miramax /
20th Century Fox / Universal Pictures International France Tous droits réservés

Même s’il n’a plus tourné de films depuis près de quinze ans et s’il a déjà reçu le prix suprême de la reconnaissance pour une filmographie exceptionnelle sous forme de l’Oscar d’honneur en novembre 2022, Peter Weir mérite amplement son Lion d’or d’honneur ! Octogénaire d’ici fin août, il a déjà foulé à de nombreuses reprises le tapis rouge du Festival de Venise : pour y avoir présenté hors compétition Le Cercle des poètes disparus en 1989 et The Truman Show en 1998 et, surtout, en tant que président du jury du 50ème Festival de Venise en 1993. L’édition anniversaire s’était soldée alors par un Lion d’or ex æquo attribué à Trois couleurs : Bleu de Krzysztof Kieslowski et Short Cuts de Robert Altman. Côté français, Peter Weir avait gagné le César du Meilleur Film étranger en 1991 grâce au Cercle des poètes disparus.

Après un début de carrière des plus prometteurs dans son pays natal en cinq longs-métrages, dont les magnifiques Pique-nique à Hanging Rock et La Dernière vague, ainsi que L’Année de tous les dangers avec Mel Gibson et … Sigourney Weaver, présenté en compétition au Festival de Cannes en 1983, Peter Weir avait quitté l’Australie au milieu des années ’80 pour tenter sa chance à Hollywood. Un grand saut dans l’inconnu des plus probants, puisque, en plus des films cités plus haut, il s’était soldé par des œuvres aussi mémorables que Witness et Mosquito Coast avec Harrison Ford, Green Card avec Gérard Depardieu et Andie MacDowell, État second avec Jeff Bridges et Isabella Rossellini et Master and Commander De l’autre côté du monde avec Russell Crowe et Paul Bettany.

Le dernier film de Peter Weir, le drame historique Les Chemins de la liberté avec Jim Sturgess et Ed Harris, était sorti en France en janvier 2011.


Alienᶾ © 1992 Bob Penn / Brandywine Productions / Pinewood Studios / 20th Century Fox / The Walt Disney Company France
Tous droits réservés

Cela fait à peine cinq mois que l’actrice américaine Sigourney Weaver avait fait escale en Europe pour aller chercher son dernier prix honorifique. C’était à 1 700 kilomètres au sud-ouest de Venise, à Valladolid lors de la cérémonie des prix Goya espagnols. Auparavant, le cinéma espagnol lui avait déjà rendu hommage par le biais du prix d’honneur du Festival de San Sebastián en 2016. Sinon, l’expérience festivalière de Sigourney Weaver paraît se résumer à sa participation au jury sous la présidence de Martin Scorsese au Festival de Cannes en 1998 qui avait attribué sa Palme d’or à L’Éternité et un jour de Theo Angelopoulos.

Quant à ses trois nominations aux Oscars, elles commencent à remonter tristement dans le temps, puisqu’elle a été nommée en 1987 en tant que Meilleure actrice dans Aliens Le retour de James Cameron, puis deux ans plus tard comme Meilleure actrice dans Gorilles dans la brume de Michael Apted et comme Meilleure actrice dans un second rôle dans Working Girl de Mike Nichols.

Pour des générations entières de spectateurs, Sigourney Weaver sera pour toujours Ripley, la spationaute sans peur qui a combattu pendant quatre films de vilaines créatures extra-terrestres. Ce fut d’abord dans le chef-d’œuvre de la science-fiction Alien Le Huitième passager de Ridley Scott – l’un de ses premiers films en 1979 –, puis chez James Cameron (Aliens Le retour), David Fincher (Alienᶾ) et Jean-Pierre Jeunet (Alien La résurrection).

En gage de son talent à toute épreuve, on a également pu la voir et admirer au fil du temps dans les genre du thriller (L’Œil du témoin de Peter Yates, La Jeune fille et la mort de Roman Polanski, Copycat de Jon Amiel, Angles d’attaque de Pete Travis, Identité secrète de John Singleton et Revenger de Walter Hill), de la comédie de genre (S.O.S. Fantômes de Ivan Reitman, Galaxy Quest de Dean Parisot, Paul de Greg Mottola et Chappie de Neill Blomkamp), de l’épopée historique (1492 Christophe Colomb et Exodus Gods and Kings de Ridley Scott) et de science-fiction (Avatar et Avatar La Voie de l’eau de James Cameron), de la satire politique (Président d’un jour de Ivan Reitman), de la comédie (Jeffrey de Christopher Ashley, Beautés empoisonnées de David Mirkin, Soyez sympas rembobinez de Michel Gondry et Encore toi de Andy Fickman), du drame (Ice Storm de Ang Lee, Une carte du monde de Scott Elliott, Scandaleusement célèbre de Douglas McGrath, le téléfilm « Bobby Seul contre tous » de Russell Mulcahy et Master Gardener de Paul Schrader), du film d’horreur (Le Village de M. Night Shyamalan, La Cabane dans les bois de Drew Goddard et Quelques minutes après minuit de J.A. Bayona) et du policier (Rampart de Oren Moverman).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le parcours de cette actrice d’exception, qui avait même fait un petit détour par la France, d’abord dans Une femme ou deux de Daniel Vigne en 1985, puis dans la série à succès « Dix pour cent » en 2020, on vous conseille le documentaire allemand « Sigourney Weaver Héroïne de style » de Bärbel Merseburger-Sill qui sera diffusé sur arte le dimanche 14 juillet au soir et qui est d’ores et déjà disponible sur la médiathèque de la chaîne d’origine franco-allemande.

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