Festivals News — 19 janvier 2015
Un avant-goût du Festival de Clermont-Ferrand

Les six courts métrages projetés en guise d’avant-goût lors de la conférence d’ouverture du du Court Métrage de Clermont-Ferrand, issus chacun d’une Compétition différente, tracent un premier itinéraire au sein d’œuvres contemporaines courtes aux cultures, aux formes et aux imaginaires variés et riches.

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Vous voulez une histoire ? en Compétition Nationale

France, 2014
Réalisateur :
Durée : 10min21
Genre : Documentaire/fiction

Synopsis : Vous voulez une histoire ? Mettez deux femmes dans une pièce et imaginez que l’une d’elles est rousse.

Un carnet de voyage vocal et filmique, où la voix masculine commente, non sans une certaine condescendance à leur égard, les pays traversés et les femmes fréquentées, ou imaginées. Ce drôle de voyage au sein de pays qui réajustent sans arrêt l’idée que le personnage se fait de son niveau de vie, mais qui est surtout un voyage au sein de sa propre mémoire érotique – images obsédantes de femmes nues, rousse et brune, enfilant des sous-vêtements –, convoque avec humour et rêverie les catégories-clichés associées à l’imaginaire du voyage, le train en marche, la pleine mer, le bout du monde.

Vous voulez une histoire

 

The Nostalgist en Compétition Internationale

Royaume Uni, Angleterre, 2014
Réalisateur :
Durée : 17min44
Genre : Fiction

Synopsis : Un père et son fils vivent dans une époque future idyllique. Mais la réalité est trompeuse.

Recréation, dans ce film adapté de la nouvelle du même titre de l’Américain Daniel H. Wilson, d’une Belle Époque délicieusement futuriste… dont le spectateur découvre bientôt qu’elle n’est que l’illusion dans laquelle le héros () a choisi, au moyen d’un subterfuge technique, de s’immerger. Thème de science fiction largement rebattu depuis Matrix et, plus récemment, dans Zero Theorem, l’idée de la dissimulation d’un monde sordide derrière une illusion idyllique mais mensongère trouve une variation intéressante dans The Nostalgist. La fusion d’une Belle Époque très esthétisée, proche de celle d’un Proust ou d’un Stefan Zweig, avec un monde futuriste dévasté (dont la représentation est cependant parfois convenue) fonctionne très bien, d’autant qu’elle est soutenue par deux excellents acteurs (Lambert Wilson et , de Paddington). Peut-être y aurait-il là matière pour la réalisation d’un long-métrage ?

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Symphony no. 42 en Compétition Labo

Hongrie, 2014
Réalisateur :
Durée : 9min33
Genre : Animation

Synopsis : Un récit qui présente, de façon originale, un univers subjectif en 47 scènes. Des événements de la vie quotidienne mettent en évidence la cohérence irrationnelle du monde qui nous entoure. Des situations surréalistes qui mettent en scène les humains et leur rapport à la nature.

Un film d’animation – le seul de la projection – au dessin enfantin, constitué de près de cinquante scénettes qui s’enchaînent de façon fluide, avec des reprises et des échos, sur un extrait de la symphonie No. 9 de Beethoven. Cruelles ou comiques – souvent les deux à la fois –, les scènes font évoluer des animaux sauvages (ou non) – renards, ours, vache,… – dans des décors tantôt sylvestres, aquatiques, voire cosmiques… tantôt domestiques et urbains, avec pour effets de nous déconcerter (comportements anthropomorphiques des animaux), de nous amuser et de nous faire rire (jeux géométriques et organiques pleins d’audace), de nous ravir les yeux (dessin superbe et simple à la fois qui nous rappelle à tout un monde de l’enfance, celui des albums), et de nous interroger sur la relation que nous entretenons maintenant avec la nature et avec nous-mêmes.

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Ghostriders II pour la rétrospective sur le

France, 2011
Réalisateur :
Durée : 2min31
Genre : Clip

Synopsis : Ride endiablé en pignon fixe sur les quais de Seine à Paris.

Un clip vidéo en noir et blanc qui joue sur la triple référence aux films publicitaires à vocation artistique de certaines grandes marques (de parfum, de voiture,…), aux films de course cyclique (ce qui intègre directement le court métrage dans la rétrospective du festival consacrée au vélo) et au film de cinéma , où le héros sacrifie son âme pour le salut de son père. Le gang de cyclistes, dont les visages maquillés sont ceux de fantômes ou de squelettes, mène un ride nocturne à Paris dans une ambiance qui devient de plus en plus inquiétante et… spectrale.

[vimeo]http://vimeo.com/27210797[/vimeo]

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Horoscope pour la rétrospective sur la

Chine, États-Unis, 2014
Réalisateur :
Durée : 16min23
Genre : Fiction

Synopsis : Xinxin et Xiao Lu prennent le bus pour se rendre à l’école tous les jours. Un jour, elles rencontrent un étrange garçon qui va changer leur trajet quotidien, mais pas seulement.

Retour, avec Horoscope, à l’existence adolescente, avec ses règles et ses rituels universels. Mais dans une grande ville chinoise. Xinxin et Xiao Lu sont amies et le spectateur assiste à leurs trajets matinaux en bus à travers des scènes répétitives. Chaque matin – et donc aussi chaque séquence du film – est ainsi rythmé par des éléments récurrents, fixes : la lecture de l’horoscope du jour, l’attente du bus et le trajet, et enfin, extérieur cette fois à la perception des personnages, un même thème musical. Avec un soucis de réalisme et de simplicité (décors urbains, tenues de sport, visages peu maquillés, autant d’éléments sans grands attraits esthétiques mais constitutifs du récit), Horoscope élabore une narration subtile où la variation des éléments « cadres » cités modifient profondément les personnages et infléchissent tout le sens de leur amitié.

[vimeo]http://vimeo.com/102637931[/vimeo]

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Waltz On the Walls of City Hall, programmation Œil de Links – Programmes Courts de Canal +

Chorégraphie verticale des danseurs du collectif Bandaloop, Amelia Rudolph et Roel Seeber.

Tourné à l’aide de GoPro sur la façade du City Hall, à Oakland.

Dans une veine plus documentaire, Waltz On the Walls of City Hall montre, à travers une séquence dansante, aérienne et joyeuse, un vraie prouesse à la fois sportive et artistique : une valse exécutée à l’horizontal, à l’aide de harnais, sur la façade du City Hall à Oakland.

 

Conclusion

Les six courts métrages projetés lors de la conférence d’ouverture du Festival de Clermont-Ferrand constituent une composition disparate et déroutante, de qualité, prometteuse surtout pour l’ensemble du festival qui commencera dans deux semaines (voir news de présentation en cliquant sur ce lien).

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Léa Triomphe

Cet article a été rédigé par Léa Triomphe, Rédactrice de Critique Film.fr

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