Test DVD : Why don’t you play in hell ?

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Why don’t you play in hell ?

 

Japon : 2013
Titre original : Jigoku de naze warui
Réalisateur : Sono Sion
Scénario : Sono Sion
Acteurs : Jun Kunimura, Fumi Nikaidô, Shin’ichi Tsutsumi
Éditeur : Luminor Films
Durée : 2h01
Genre : Comédie, Action
Date de sortie DVD : 25 mars 2015

 

 

Sirata rêve devenir réalisateur mais ses ambitions sont contrariées par une sanglante lutte entre clans Yakuzas. En effet, celle-ci implique les parents de Mitsuko, une des actrices du film qui doit tourner avec le cinéaste en herbe…

 

 

Le film

[4/5]

Étrange carrière que celle de Sono Sion. Actif au Japon depuis les années 80, il se fait connaître en France au tout début des années 2000 avec Suicide club. A l’époque, l’engouement autour de Ring d’Hideo Nakata et des films de Takashi Miike avait créé un engouement subit (autant qu’éphémère) autour d’un cinéma japonais tendance extrême, qui fleurissait à toutes les sauces dans les bacs des revendeurs DVD. La « mode » japonaise s’étant essoufflée avec les différentes collections vidéo, il faudrait attendre 2010 et Coldfish, film qu’il signait pour la firme Sushi Typhoon, pour que le public découvre son œuvre barrée et iconoclaste, marquée par une série de films malades et inclassables, dont le très beau Love exposure (2008). La consécration viendra en 2011, avec la sélection à Cannes du formidable Guilty of romance ; Sono Sion devient alors incontournable. Après le succès de Why don’t you play in hell ? à l’Étrange Festival en 2013, l’édition 2014 du festival parisien lui laissait « carte blanche » pour une programmation de films qui l’inspirent ou l’ont marqué.

Pourtant, ses films extrêmes et uniques peinent un peu à trouver des distributeurs en France. Grâce à l’acharnement de quelques éditeurs passionnés, certains finissent tout de même par sortir en vidéo : c’est le cas de l’hilarant et foutraque Why don’t you play in hell ?, parabole délirante sur le petit monde du cinéma, et mise en abime du spectateur vis à vis de ce qu’il regarde. La force de Sono Sion est de proposer des films souvent absolument et totalement fous, mais proposant en même temps une expérience cinématographique puissante et évocatrice, à la différence de ses ex-collègues de chez Sushi Typhoon, qui ne soignent pas forcément la mise en scène de leurs bébés. En effet, si Why don’t you play in hell ? a sa place aux côtés d’autres délires filmiques japonais gore et brindezingues, il y a également, aussi surprenant que cela puisse paraître, un peu de Godard chez Sono Sion. Il faut le voir pour le croire.

 
 

Le DVD

[4/5]

On l’a déjà dit, mais on le répète : trop peu connu en France, l’éditeur Luminor Films est pourtant, petit à petit, en train de se composer un catalogue vidéo tout simplement exceptionnel, essentiellement composé de petites pépites de ciné de genre… John dies at the end, Goal of the dead, ABCs of Death 1 & 2, Cheap thrills, Electric boogaloo ou encore Housebound… Autant de titres indispensables, qui devraient déjà orner les rayons de vos étagères à DVD.

Avec Why don’t you play in hell ?, les petits gars de Luminor Films confirment tout le bien que l’on pensait d’eux, en devenant un des très rares éditeurs français à « oser » sortir un film de Sono Sion sur support DVD. Si le film ne s’offre malheureusement pas de Blu-ray, la galette proposée par l’éditeur sait composer avec les limites du format DVD et éviter les principaux écueils rencontrés en définition standard (fourmillements, bruit vidéo…). La définition est d’une belle précision, les couleurs stables… Du beau travail. Côté son, la spatialisation en Dolby Digital 5.1 fait le boulot sans en faire trop, mais les scènes en extérieur ainsi que le dantesque final du film s’avéreront particulièrement réussis et parfaitement immersifs. On notera que le film est proposé en VO japonaise only, avec des sous-titres français. Ces derniers comportent quelques petites fautes occasionnelles, mais rien de rédhibitoire.

Côté suppléments, Luminor Films nous propose, outre la bande-annonce de rigueur, un entretien exclusif avec le réalisateur Sono Sion. Réalisé par Frédéric Ambroisine lors de la programmation du film à l’Étrange Festival, ce sujet s’avère curieusement mis en boite, avec des questions apparaissant de façon abrupte à même l’écran et des traductions se faisant par une interprète après que Sono Sion ait répondu en japonais. On tend forcément à penser que le tout aurait nécessité un petit remontage / sous-titrage, ce qui aurait permis de réduire sa durée, trop longue en l’état, de 25 laborieuses minutes à un quart d’heure passionnant… Cela dit, ne pinaillons pas trop : comme on vient de le souligner, les propos du cinéaste sont tout à fait captivants, donc cela vaut au final plutôt la peine de faire preuve de patience et d’une certaine indulgence vis à vis de la forme du module pour écouter s’exprimer ce cinéaste rare et unique.

 

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