Test DVD : The riot club

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The Riot Club

Grande-Bretagne : 2014
Titre original : –
Réalisatrice :  Lone Scherfig
Scénario : Laura Wade, d’après sa pièce « Posh »
Acteurs : Sam Claflin, Max Irons, Douglas Booth, Ben Schnetzer
Éditeur : Orange Studio
Durée : 1h42
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 31 décembre 2014
Date de sortie DVD : 5 mai 2015

 

 

Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis 3 siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie…

 

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Le film

[4/5]

En France, nous avons les Grandes Ecoles et on se plaint souvent que leurs anciens élèves représentent une caste qui occupe la plupart des plus hauts postes dans le monde économique, dans la haute administration et dans la sphère politique. En Grande Bretagne, il existe une caste similaire : les anciens élèves des Universités d’Oxford et de Cambridge. La coupure avec le britannique lambda est telle que, bien souvent, ce petit monde n’utilise même pas les mêmes mots que le « bas peuple » pour désigner les objets de la vie courante. Dans cette aristocratie universitaire, il existe une « race supérieure », ou, du moins, des étudiants qui considèrent qu’ils représentent l’élite de cette élite et qui se cooptent au sein de clubs fermés, dont l’existence peut remonter à plusieurs siècles : en faire partie est l’assurance d’un avenir somptueux.

C’est au sein d’un tel club que nous introduit The Riot Club. De sa réalisatrice, la danoise Lone Scherfig, on garde l’excellent souvenir de films d’une grande finesse d’observation comme Italian for beginners et Une éducation. Son nouveau film est l’adaptation pour le cinéma de « Posh », une pièce de théâtre écrite par la dramaturge Laura Wade et qui a rencontré un grand succès en Angleterre. C’est Laura Wade elle-même qui a écrit le scénario de The Riot Club. L’ouverture vers l’extérieur que permet le cinéma lui a permis d’ajouter un certain nombre de scènes à ce qui était le cœur de sa pièce : un repas organisé par les membres du club dans un pub de la campagne anglaise. Oxford : le début de l’année scolaire voit l’arrivée de deux nouveaux étudiants, Miles et Alistair. Bien entendu, ils connaissent l’existence du Riot Club et ils rêvent d’en faire partie, quand bien même il faudra passer par un bizutage particulièrement stupide.

 

POSH Directed by Lone Sherfig

 

Bien entendu, la partie la plus importante du film réside dans ce fameux repas pris dans un pub. Pour le choix de ce pub, deux critères ont été respectés : un côté plus gastronomique que la moyenne des pubs anglais et, surtout, un éloignement d’Oxford suffisamment important pour que la réputation du Riot Club n’ait pas atteint son propriétaire. Pauvre Chris ! Il croit accueillir un club de jeunes entrepreneurs et il se retrouve face à 10 jeunes gens qui vont boire comme des trous, de véritables voyous immatures, arrogants, méprisants, qui se croient tout permis sous prétexte qu’ils ont l’argent qui leur permettra, in fine, de rembourser les dégâts matériels causés. Obnubilés par la supériorité qu’ils se sont eux-mêmes attribuée et par leur aisance matérielle, ils n’arrivent même à imaginer qu’ils puissent y avoir d’autres dégâts, psychiques ou physiques.

La perception finale qu’on va avoir du film va dépendre de ce qu’on a ressenti à la vision de cette longue (un peu trop ?) et dramatique soirée dans le pub. On peut très bien, par exemple, avoir l’impression de regarder une énième mouture de ces « teen movies » où l’on voit de grands enfants se pochetronner sans vergogne au point, finalement, de ne plus savoir où ils habitent. Ce serait très réducteur, car on peut aussi voir ce film comme une métaphore du monde dans lequel on vit : des dominants et des dominés, une caste sans scrupule qui a l’argent et le pouvoir, qui compte peu de femmes, qui est persuadée de sa supériorité, qui cause des dégâts énormes aussi bien à la planète qu’à ses habitants, dégâts qui, croient les membres de cette caste, pourront être réparés à coup de milliards. Les membres du Riot Club ne manqueront pas de devenir des pontes dans le monde de la finance ou celui de la politique. Ils se serreront les coudes, se renverront l’ascenseur et n’hésiteront pas à se gaver de bonus et de retraites chapeau. Cette option est d’autant plus plausible lorsqu’on sait que ce Riot Club a été inspiré par un club qui existe réellement, un club qui s’appelle le Bullingdon Club et dont les membres se comportent peu ou prou, dans la vraie vie, comme ceux du Riot Club. Trois personnages importants de la vie politique anglaise de notre époque ont fait partie de ce club : le Premier Ministre David Cameron, le Chancelier de l’Échiquier George Osborne et le Maire de Londres Boris Johnson !

Une certitude : même si on n’arrive pas à apprécier ce film, on ne manquera pas de louer la qualité de la distribution qui réunit la fine fleur des jeunes comédiens britanniques, dont Max Irons, le fils de Jeremy. Est également présent Ben Schnetzer qui, lui, est américain et qui interprétait le rôle de Mark Ashton dans Pride. Petit gag voulu ou pas : le comédien qui interprète le rôle de Chris, le malheureux propriétaire du pub, a pour nom … Gordon Brown, le même nom que le  travailliste qui a précédé David Cameron au poste de Premier Ministre !

Vous trouverez une autre vision du film dans la critique écrite par Pascal Le Duff lors de la sortie du film en salles.

The Riot Club 2

 

Le DVD

[3,5/5]

Que recherche-t-on quand on acquiert un DVD ? Voir (ou revoir) un film dans de bonnes conditions est bien sûr la première motivation. De ce point de vue, Orange Studio a bien fait son travail : image sans défaut, son en 2.0 ou 5.1 aussi bien en version française qu’en version originale sous-titrée. Par ailleurs, le petit plus qu’on attend d’un DVD, ce sont les suppléments : il y a de la place, autant la remplir ! De ce point de vue, on est un peu déçu : mis à part un diaporama de 12 photos, on ne trouve qu’un supplément appelé Featurette et dans lequel  on entend s’exprimer 8 personnes, en 3 minutes et 30 secondes chrono au total : la réalisatrice Lone Scherfig, l’auteur Laura Wade, le producteur Peter Czernin et les comédiens Sam Claflin, Max Irons, Douglas Booth, Sam Reid et Holliday Grainger. Chaque intervention est forcément très brève. On aurait aimé avoir de la part de Laura Wade une interview plus fouillée sur le résultat des recherches qu’elle a menées sur le milieu des étudiants d’Oxford et les clubs qu’on peut y trouver.

 

the riot club 7

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