Test DVD : Si on chantait

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Si on chantait

France : 2021
Titre original : –
Réalisation : Fabrice Maruca
Scénario : Fabrice Maruca, Alexandre Charlot, Isabelle Lazard
Acteurs : Jérémy Lopez, Alice Pol, Artus
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h32
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 3 novembre 2021
Date de sortie DVD : 2 mars 2022

À Sheffield, ville économiquement sinistrée, les usines ont fermé et les anciens ouvriers sont restés sur le carreau. Un groupe de copains, devenus chômeurs et las des petits boulots, décide de monter un spectacle de strip-tease…

Hein, Keu-Wa, Comment ? Ah, on me fait signe que je me suis trompé, et que je vous avais mis le résumé de The Full Monty. Alors, bon, tout est rentré dans l’ordre, excusez-nous pour ce petit contretemps, voilà le bon résumé :

À Quièvrechain, ville économiquement sinistrée, les usines ont fermé et les anciens ouvriers sont restés sur le carreau. Un groupe de copains, devenus chômeurs et las des petits boulots, décide de monter une société de livraison de chansons à domicile…

Le film

[3/5]

S’inscrivant dans la lignée d’un certain cinéma « social » britannique, Fabrice Maruca – jusqu’ici surtout connu pour avoir fait raconter des blagues salaces à une poignée de vieilles dames dans La minute vieille sur Arte – nous refait donc The Full Monty à la sauce Hauts-de-France avec Si on chantait, le feel-good movie – ou film qui fait du bien – de l’automne 2021, avec plein de tubes de variété française des années 70 / 80 dedans – au cas où vous n’en auriez pas encore assez avec « N’oubliez pas les paroles » tous les soirs. Mais que voulez-vous, les gens aiment chanter, ils aiment les classiques de la variétoche made in France.

D’ailleurs, après Tralala des frères Larrieu il y a quelques mois, et en attendant le Don Juan de Serge Bozon et La Grande Magie de Noémie Lvovsky, il semble bien que le film musical ait décidément le vent en poupe. On ignore si le scénario de Si on chantait avait concouru en 2019 lors de l’appel à projets du CNC destiné à relancer la comédie musicale en France, ou s’il s’agit simplement de l’air du temps, mais le fait est que le film de Fabrice Maruca s’inscrit dans cette catégorie de films qui font taper du pied, à la façon des Commitments d’Alan Parker, ou de Stars 80 de Frédéric Forestier et Thomas Langmann. A vous de voir à côté duquel de ces deux films vous rangerez Si on chantait, et ce que cela représente pour vous.

Mais Si on chantait est une œuvre collégiale, comme le disait Bouvard, et le scénario n’est pas uniquement à mettre au crédit de Fabrice Maruca : deux auteurs confirmés lui ont en effet prêté main forte afin de coucher ses idées sur le papier. On retrouvera donc au générique la plume d’Alexandre Charlot, ancien auteur des Guignols de Canal+, s’étant recyclé depuis 2002 dans le cinéma. On lui doit notamment le scénario d’Astérix aux jeux olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann – tiens, tiens, comme on se retrouve ! A ses côtés, on notera également la présence d’Isabelle Lazard, co-scénariste de, de, de ? Je vous le donne en mille, de Stars 80, bien sûr. Comme quoi tout se recoupe, on a ici ce qu’on pourrait appeler un « faisceau d’indices » qui pourrait s’avérer déterminants concernant la suite de notre enquête.

Si on chantait est donc un film léger et rafraîchissant, entre romance et comédie musicale, alternant comédie et pathos et dosant parfaitement ses ingrédients, ses ficelles dramatiques, mais aussi et surtout son humour, ponctuellement efficace, notamment grâce à l’abattage d’Artus et Clovis Cornillac. Au programme du film, des portraits lumineux et bienveillants, portés par une bande de comédiens qui vous donneront à coup sûr la banane par leur bonne humeur, et ce dès les premières minutes du film. En tête d’affiche, on notera la présence de J-Lo, alias bien entendu Jérémy Lopez, sociétaire de la Comédie-Française, et qu’on avait notamment pu apercevoir dans Les Tuche 4.

Mais au-delà de toutes ses autres qualités, Si on chantait s’impose surtout comme une vibrante déclaration d’amour au pouvoir de la musique, et au « liant social » que constituent tous ces vieux tubes que tout le monde connaît. A sa façon, le film de Fabrice Maruca nous donne finalement à voir une espèce d’utopie sociale se réalisant dans la musique et le chant : les gens se sortent de la merde en chantant, la musique réunit les équipes adverses le temps d’un match de foot, et elle réconcilie ceux qui sont fâchés. Comme ce père et ce fils qui ne se parlaient plus, et qui se retrouvent autour de la chanson de Joe Dassin « Et si tu n’existais pas » (qui par ailleurs avait déjà été utilisée en 2021 dans le film C’est quoi ce Papy ?!). De plus, les chansons permettent de faire passer toutes les nouvelles, même les plus mauvaises : ce sont autant de baumes au cœur qui agissent non seulement sur le moral des personnages du film mais également sur le nôtre, en tant que spectateur. D’où l’effet feel-good qui semble avoir tant emballé RTL et Le Parisien. C’est humain, et à moins d’être sourd ou de détester la musique, vous aurez probablement envie de chanter à la fin du film. Tralala itou.

On pourra néanmoins regretter que la musique prenne finalement le dessus sur tout le reste, et notamment sur la – légère – critique sociale proposée en filigrane par le film, qui, au final, n’atteint jamais réellement la portée des grands films du genre réalisés au Royaume-Uni dans les années 90/2000. Néanmoins, avec le recul nécessaire, on trouvera dans Si on chantait une poignée de frissons de nostalgie musicale, même si on en a un peu honte : il suffit pour kiffer de se laisser porter par la bonne humeur générale de l’entreprise, ainsi que par la sincérité du réalisateur et co-scénariste Fabrice Maruca – un enfant du pays, puisqu’il est originaire de Quiévrechain.

Le DVD

[4/5]

Sorti début novembre 2021 dans un parc confortable de 356 salles, Si on chantait s’est pris un gros vent d’automne en pleine face de la part des spectateurs français, qui lui ont largement préféré Les Éternels de chez Marvel. Avec seulement 220.000 entrées, le film de Fabrice Maruca ne s’offre logiquement aujourd’hui qu’une sortie en DVD uniquement chez M6 Vidéo, éditeur connu pour sa grande frilosité par rapport au format Blu-ray.

Pourtant, et d’une façon assez étonnante, on note que plusieurs bases de données et sites de vente en ligne annoncent une sortie de Si on chantait au format Blu-ray, prévue au 9 mars 2022. Étant donné la ligne éditoriale de M6 Vidéo, qui depuis quelques années ne propose plus de Haute-Définition pour les films ayant réalisé moins de 600.000 entrées, on suppose qu’il doit d’agir d’une erreur de référencement devenue virale. Cependant, si cette sortie était bel et bien confirmée, on vous conseillera d’encourager l’éditeur dans sa démarche en privilégiant le format Blu-ray. Un succès en termes de ventes pourrait en effet prouver à M6 que le fait de s’être planté dans les salles n’est pas forcément une fatalité de Mortal Kombat, et qu’un film peut très bien rebondir et trouver son public quelques mois après l’échec de sa première rencontre avec le public.

Le DVD de Si on chantait édité par M6 Vidéo est très soigné, et nous propose une image très solide et colorée, sans l’ombre d’un problème d’encodage à l’horizon : le piqué est précis, les couleurs vraiment pétantes, et les noirs très profonds. Niveau son, la VF est encodée en Dolby Digital 5.1, et explosera littéralement sur le final du film, prenant place dans le Stade du Hainaut à Valenciennes, qui bénéficie d’un mixage très dynamique.

Du côté des bonus, on trouvera tout d’abord un making of (29 minutes), qui reviendra sur de nombreux aspects de la production, de l’enregistrement des différents titres chantés par le casting aux côtés de Mathieu Gonet au tournage dans les rues de Quièvrechain, en passant par le passage obligé du côté du coach vocal et les effets spéciaux de la scène finale. On trouvera ensuite une scène coupée mettant en scène Romain Lancry (1 minute), et on terminera avec la possibilité de revoir en dehors du contexte du film les « livraisons », à savoir les neuf chansons chantées par les acteurs du film, ce qui, dans l’absolu, ne présente pas un grand intérêt.

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