Test DVD : Opération Re Mida (Jess Franco)

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Espagne, Italie, Allemagne : 1967
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h26
Genre : Espionnage, Comédie
Date de sortie DVD : 2 février 2021

Une organisation criminelle dirigée par Lunettes d’or inonde le monde de faux billets. Alors qu’il se trouve à une soirée costumée, l’agent Lucky Mulligan est contacté par la société secrète Archange qui lui demande de mener l’enquête. Epaulé par la plantureuse Michèle, Lucky va remonter la piste et se rendre en Albanie pour neutraliser le réseau…

Le film

[5/5]

Après le succès international de James Bond contre le Docteur No en 1962, on a vu débarquer dans tous les pays du monde des espions de cinéma conçus sur le même modèle que l’espion créé par Ian Fleming : séducteurs invétérés, flegmatiques et imperturbables, maniant tous les types d’armes avec le même brio, mais également redoutables combattants à mains nues… Ces agents secrets typiquement 60’s, qui auraient de nos jours toutes les associations féministes, les ligues de vertu et les réseaux sociaux de la bien-pensance au cul, ont donc littéralement inondé les écrans durant les années 60/70 en Europe.

Ainsi, à la faveur de quelques coproductions italo-espagnoles ou franco-italiennes, le cinéma Bis européen s’est laissé aller, durant l’insouciance des années 60, à quelques titres flirtant volontiers avec le cinéma d’espionnage tendance populaire. On a en effet vu naitre pendant cette décennie une poignée de films d’aventures ou d’espionnage très orientés « action et petites pépées », dont est sans aucun doute l’un des plus glorieux représentants.

Sous ses allures de simili-James Bond délirant, est un film dont l’influence première est sans doute à aller chercher du côté de la bande dessinée populaire européenne : on pense bien sûr aux « fumetti » (bandes dessinées populaires italiennes), mais également – et surtout – aux BD comiques espagnoles d’après-guerre signées Francisco Ibáñez (« Mortadel et Filémon », 1958) ou encore Manuel Vázquez Gallego (« Anacleto, agente secreto », 1965).

Aussi génial qu’en avance sur son temps (le fameux Danger : Diabolik de Mario Bava ne verrait le jour que l’année suivante), est une véritable petite perle, un chef d’œuvre quasi-inconnu de nos jours, représentant pourtant la quintessence de l’Art de . Le cinéaste, également co-scénariste et acteur dans le cas d’, avait visiblement eu carte blanche afin de donner vie sur grand écran aux aventures d’un super-espion de pacotille au sourire Ultra Brite, qui entreprenait ici de sauver le monde au cœur d’un film très second degré, extrêmement drôle, avec péripéties à gogo, ambiance pop, méchants de pacotille, décors baroques et effets « BD » ajoutant encore à l’esprit cartoonesque de l’entreprise.

Le résultat à l’écran dépasse toutes nos espérances, s’inscrivant dans une certaine mouvance d’un cinéma populaire généreux, chaleureux et sans le moindre complexe. Difficile de résister à la tornade que représente le film de , tant on a devant les yeux un petit trésor de comédie d’aventures bon enfant, un film d’espionnage à l’humour potache, déployant une intrigue pleine de dérision. Et plus de cinquante ans après la sortie du film, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce Bis complètement barré se regarde aujourd’hui avec un plaisir non feint. enquille en effet les moments de bravoure dans une bonne humeur réjouissante. Une sacrée surprise.

Le DVD

[4,5/5]

Au fil des années, est sans doute devenu un des plus grands « défricheurs » du cinéma Bis en France. Bien rôdé au support DVD, l’éditeur nous offre constamment de nouvelles perles méconnues ou oubliées, le plus souvent inédites dans nos contrées. bénéficie donc de cette expertise éditoriale et technique, et s’offre un DVD comme toujours quasiment irréprochable. Le film de s’impose donc dans un beau master, avec une image précise et bien définie, et des couleurs très agréables. Seules les séquences en basse lumière accusent un poil trop le poids d’un encodage en MPEG-2, forcément un poil limité (granulation excessive). Le mixage Dolby Digital 2.0 d’origine (VF/VO) est impeccable, sans souffle parasite, et l’image affiche une belle pêche pour un film aussi rare et ancien.

Dans la section suppléments, outre la traditionnelle galerie de photos, nous propose une passionnante présentation du film par Christophe Bier (15 minutes). Calme, posé et naturel, ce grand spécialiste du Bis devant l’éternel remettra le film dans son contexte de tournage et nous livrera anecdote sur anecdote sans jamais nous faire trouver le temps long. On notera qu’entre deux conseils de lecture dédiés à l’œuvre de , il soulignera la présence d’un stupéfiant faux-raccord révélant la nudité d’une des actrices. Les érotomanes et les cinéphiles les plus curieux chercheront forcément à repérer ce fameux plan !

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