Test DVD : L’exorcisme de Tamara

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L’exorcisme de Tamara

Mexique : 2017
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Guillermo Amoedo
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h29
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 10 août 2020

En pleine nuit, trois sœurs pénètrent dans la vaste demeure d’un riche sénateur avec l’intention de la cambrioler. Une fois à l’intérieur, elles entendent des cris effrayants provenant du sous-sol. Pétrifiées, elles y découvrent une adolescente du nom de Tamara, sanglée sur un lit, le corps constellé de marques inquiétantes. Désireuses de la sauver, les trois sœurs la détachent, ignorant tout du lourd secret que cachent ses traits juvéniles. Le cauchemar peut alors commencer…

Le film

[3,5/5]

Habitué aux univers complètement déjantés, le réalisateur uruguayen Guillermo Amoedo y va rarement de main morte et L’exorcisme de Tamara ne déroge pas à la règle.

Un cambriolage raté

Après une installation presque classique de ses personnages et du lieu où se tiendra l’essentiel de son intrigue, le réalisateur et scénariste nous emmène un peu plus dans la noirceur de cette famille vivant recluse dans une immense maison victorienne. Si son allure austère fait frissonner, ce n’est rien en comparaison avec les événements qui vont s’y dérouler durant quelques petites heures.

Si L’exorcisme de Tamara semble s’inscrire dans la lignée des films d’horreur sans non plus révolutionner le genre, on note quelques petites subtilités qui feront mouche auprès des amateurs bienveillants. A commencer par cette belle idée de perdre les trois sœurs apprenties cambrioleuses dans leurs souvenirs blessants. S’égarant dans cette maison lugubre comme dans leurs tourments intérieurs, les jeunes femmes n’auront de cesse de revivre la violence de leur enfance. Les déstabilisant, ces réminiscences permettront au Malin de les pousser dans leurs plus violents retranchements et testeront leur vulnérabilité face au désir de vengeance. Comme toujours, l’importance du pouvoir des mots et de la persuasion est mise en exergue d’une belle façon. Le diable manipule en révélant la vérité et elle n’est pas toujours bonne à entendre : Amoedo le représente de façon concluante.

Un casting féminin réussi

Mais que serait L’exorcisme de Tamara sans son trio d’actrices principales, mexicaines et colombiennes ? María Evoli, Vanesa Restrepo et Carla Adell tiennent toutes trois des rôles féminins importants (et marquants) et évoluent dans l’univers du jeune réalisateur avec une certaine aisance malgré le peu de surprises émanant de l’intrigue principale. En effet, si la première partie se veut résolument intéressante et captivante, la deuxième nous perd quelque peu et nous laisse parfois sur une pente descendante.

Côté lieux communs, on trouve, comme toujours, une petite fille possédée, recluse dans une chambre sans lumière et austère, affublée d’une longue chemise de nuit blanche et de longs cheveux qui occultent la moitié de son visage. Ce dernier, cynique et déformé par la méchanceté habitée, glace le sang mais ne parvient pas à nous faire oublier ce que nous avons vu à maintes reprises. L’arrivée (au bon moment) d’un prêtre exorciste ne semble pas permettre au Malin de faire un retour express dans ses enfers et le dit exorcisme ne sera d’ailleurs pas une mince affaire. Heureusement, pour sauver les meubles de cette deuxième partie plus convenue, on peut compter sur un petit twist final plutôt bienvenu.

Intéressant par son angle d’attaque et l’atmosphère inquiétante qu’il distille tout au long de son histoire, L’exorcisme de Tamara intrigue autant qu’il déconcerte. Efficace sans non plus être totalement révolutionnaire, le deuxième long-métrage de Guillermo Amoedo pose les jalons de sa future carrière.

Critique de notre chroniqueur Julien Mathon. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

Le DVD

[4/5]

C’est Condor Entertainment qui nous permettra finalement de découvrir L’exorcisme de Tamara en DVD après sa présentation au Festival de Gérardmer 2018. Habitué au support DVD depuis de nombreuses années, l’éditeur fait honneur aux derniers balbutiements du support, avec une image d’une belle précision, qui rend clairement honneur à la photo sombre et biscornue d’Erwin Jaquez. Les contrastes n’étouffent pas trop les noirs, et on ne dénote pas de souci de compression majeur : si les arrière-plans laissent par moments apparaître de légers fourmillements, l’éditeur compose parfaitement avec les qualités et les limites d’un encodage DVD. Du beau travail, que vient confirmer la présence de deux mixages Dolby Digital 5.1 en VF et en VO : l’ensemble est dynamique et très immersif, et s’avérera tout particulièrement remarquable durant les séquences d’exorcisme. On notera également la présence d’un mixage VF stéréo en Dolby Digital 2.0, clair net, équilibré et très efficace dans les séquences de tension – un mixage certes anecdotique mais qui se révélera probablement plus clair si vous ne bénéficiez pas de Home Cinema et visionnez le DVD le plus simplement du monde sur votre téléviseur. Pas de bonus.

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