Test DVD : Le destin est au tournant

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Le destin est au tournant

 
États-Unis : 1954
Titre original : Drive a crooked road
Réalisation : Richard Quine
Scénario : Blake Edwards, Richard Quine, James Benson Nablo
Acteurs : Mickey Rooney, Dianne Foster, Kevin McCarthy
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h19
Genre : Policier, Film Noir
Date de sortie cinéma : 11 novembre 1955
Date de sortie DVD : 18 février 2020

 

Mécanicien complexé par sa petite taille, Eddie Shannon s’éprend de Barbara Mathews. Deux amis de celle-ci, Steve Norris et Harold Baker, proposent 1500 dollars à Eddie pour les aider lors d’un hold-up. Eddie refuse dans un premier temps, mais par amour, il finit par accepter…

 


 

Le film

[4/5]

Le destin est au tournant a contribué à révéler au monde le talent de Richard Quine et Blake Edwards, qui avaient déjà collaboré sur un certain nombre de films plus légers auparavant, mais dont les efforts conjoints dénotaient ici d’une ambition bien supérieure. L’intrigue du film, d’une simplicité trompeuse, se concentre sur un homme timide, introverti et solitaire, Eddie Shannon (Mickey Rooney), qui travaille dans un garage de Los Angeles en tant que mécanicien, un travail lié à son amour des voitures, unique domaine au cœur duquel il fait preuve d’une maîtrise – en tant que mécano autant qu’en tant que pilote. Rêvant d’une carrière dans le monde de la course, le personnage nourrit en quelque sorte son extrême solitude, qui feront de lui une proie facile pour la Femme Fatale du film, Barbara Mathews (Dianne Foster), qui complote avec deux truands, Steve et Harold, interprétés par Kevin McCarthy et Jack Kelly, afin de dévaliser une banque de Palm Springs. Bien sûr, le rôle de Barbara est de piéger Eddie afin que le trio puisse profiter de ses talents de chauffeur…

Vous l’aurez compris à la lecture de ce résumé : on navigue en plein Film Noir, avec un personnage d’homme frustré qui tombera amoureux fou d’une femme qui le manipule afin de l’amener à commettre un crime. Les conventions de genre sont donc respectées, même si le style visuel du film de Richard Quine, très lumineux, s’avère en opposition avec la construction parfois très sombre et expressionniste de certains des plus grands chefs d’œuvres du genre. De la même façon, on ne retrouvera pas forcément dans Le destin est au tournant la portée fataliste qui accompagnait souvent les histoires classiquement développées dans le Film Noir. Mickey Rooney incarne son personnage de loser avec une sobriété remarquable, développant un sentiment d’insécurité constant autour du personnage, bien éloigné en tous cas de l’image de séducteur sûr de lui de l’acteur, tout autant que de ses talents comiques.

Les relations et les différentes interactions entre les personnages constituent probablement une des plus grandes forces du film, et contribuent à apporter au métrage non seulement la contextualisation sociale nécessaire au récit, mais également une assez fascinante réflexion sur la sexualité, au centre du récit dans le sens où il s’agit de l’instrument du pouvoir et de la manipulation pour Barbara. A travers l’utilisation des dialogues, alliés à la posture et au langage corporel des acteurs ou encore dans la façon qu’a Richard Quine de les placer dans le cadre les uns par rapport aux autres, Le destin est au tournant semble évoquer la possibilité de relations à la fois entre Eddie et Barbara, entre Steve et Barbara, mais également entre Steve et Harold, qui semblent faits l’un pour l’autre tout au long du métrage. La confusion de la relation Harold / Steve / Barbara est d’ailleurs habilement reliée à leur destin en tant qu’association de malfaiteurs…

Le destin est au tournant est donc un étonnant Film Noir, une série B extrêmement efficace se démarquant du tout venant par des personnages aux psychologies bien dessinées et des thématiques sous-jacentes très intéressantes, avec en guise de cerise sur le gâteau une séquence de hold-up assez extraordinaire.

 

 

Le DVD

[4/5]

C’est donc à Sidonis Calysta que l’on doit aujourd’hui la redécouverte du Destin est au tournant en DVD, dans sa fameuse collection « Film Noir ». Et côté image, c’est plutôt excellent : le master est fin et précis, les contrastes sont solides, l’image est parfaitement stable… On aurait aimé découvrir le film au format Blu-ray. Côté son, VF et VOST sont proposées en Dolby Digital 2.0 mono d’origine, très acceptable et sans [trop de] souffle dans un cas comme dans l’autre.

Du côté des suppléments, et comme d’habitude dans la collection « Film Noir », Sidonis Calysta nous propose les toujours enrichissantes présentations du film, signées Patrick Brion (6 minutes) et François Guérif (7 minutes). Les deux historiens du cinéma reviendront sur le film – personnages, scénario, réalisation – non sans éviter une poignée de [Spoilers]. On vous conseillera donc de visionner ces présentations après avoir vu le film.

 

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