Test DVD : Le Cavalier du Diable (Les Contes de la Crypte)

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Le Cavalier du Diable (Les Contes de la Crypte)

États-Unis : 1995
Titre original : Tales from the Crypt – Demon Knight
Réalisation : Ernest R. Dickerson
Scénario : Ethan Reiff, Cyrus Voris, Mark Bishop
Acteurs : William Sadler, Billy Zane, Jada Pinkett
Éditeur : BQHL Éditions
Durée : 1h32
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie DVD/BR : 27 juillet 2022

Traqué par un inquiétant personnage appelé le Collectionneur, s’intéressant à l’étrange clé sacrée qu’il porte sur lui, Frank Brayker se réfugie dans un hôtel construit sur une ancienne église. Un abri certes, mais également un piège, une souricière car, très vite, le Collectionneur lève contre sa proie et les résidants une petite armée de démons et de morts-vivants que tiennent d’abord à distance quelques gouttes du sang du Christ contenu dans la clef. Un répit de courte durée car les forces du mal redoublent de férocité au fur et à mesure que les heures s’écoulent…

Le film

[4/5]

Suite au succès de la série Les Contes de la crypte, qui fut diffusée sur HBO entre 1989 et 1996, les producteurs et la Universal ont commencé à plancher sur ce qui devait devenir, à l’origine, une trilogie de longs-métrages réalisés sous la bannière de la célèbre publication EC Comics. Finalement, seuls deux films virent le jour dans les années 90 : le premier d’entre eux, Le Cavalier du diable, sortit sur les écrans américains en 1995, mais ne connut pas les honneurs d’une sortie dans les salles françaises. Qu’à cela ne tienne : le public hexagonal découvrirait ce formidable mélange d’humour, d’horreur et d’action par le biais de la vidéo.

Un peu plus de vingt-cinq ans plus tard, c’est BQHL Éditions qui nous permet de revoir cette petite pépite de la série B fantastique, aussi barge que largement oubliée de nos jours. Le Cavalier du diable commence par une séquence qui fait écho à la séquence d’ouverture de Body Double (Brian De Palma, 1984), dans le sens où elle plonge directement le spectateur devant une série B bien racoleuse, avec beaucoup de gore et de nudité totalement gratuite. Cette introduction totalement absurde sera avant tout un moyen de nous présenter le fameux « Crypt Keeper », toujours doublé par John Kassir, dans un univers totalement nouveau, et de poser les bases de l’esprit du film : la censure liée à la diffusion du show à la TV n’aura pas lieu d’être ici, et les auteurs du Cavalier du diable nous le démontrent d’entrée de jeu.

Les limites budgétaires de la série sont également contournées, et dès le début de l’histoire, on aura droit à une poursuite en voiture qui se terminera par une monumentale explosion. Les deux conducteurs sont interprétés par les excellents William Sadler et Billy Zane, et la suite du Cavalier du diable les mettra face à face au cœur d’une ancienne église recyclée en hôtel miteux. Entre eux, des hordes de ghoules et quelques démons zombifiés, une poignée de gags, beaucoup de gore, encore un peu de nudité gratuite, et surtout des personnages formidables et tous profondément attachants. Cette poignée de anti-héros nous est d’abord introduite par Oncle Willy, incarné par le toujours parfait Dick Miller (Gremlins). On fera ensuite connaissance avec la propriétaire des lieux (CCH Pounder), une jeune femme en réinsertion (Jada Pinkett), une prostituée au grand cœur (Brenda Bakke), un facteur récemment licencié interprété par Charles Fleischer (acteur qui se trouve être celui qui a prêté sa voix au personnage de Roger Rabbit) ainsi qu’avec la brute épaisse de service (Thomas Haden Chuch).

Rapide, drôle et gore, avec des maquillages et des effets spéciaux vraiment bien faits, Le Cavalier du diable vaut le détour non seulement grâce à sa galerie de personnages, mais également grâce aux idées complètement folles qui traversent le film, et que l’on retrouvera entre autres dans la façon dont le démoniaque Billy Zane joue les tentateurs auprès de chacun des protagonistes. Impossible par exemple de ne pas sourire devant ce couple utilisant une batterie et des pinces crocodiles pendant l’amour, ou de ne pas être saisi par la mort du sherif qui, 25 ans après la sortie du film, conserve toujours autant de punch… même si la scène recycle une idée tirée de la mini-série de comics Violator (1994) signée Alan Moore et Bart Sears. Derrière la caméra, Ernest Dickerson et son équipe mettent clairement en valeur cette série B survitaminée, au point – clairement – de faire du Cavalier du diable un des meilleurs représentants de la série B horrifique des années 90. Rien d’étonnant à cela si on considère qu’Ernest Dickerson sortait tout juste de la mise en boite de Que la chasse commence, géniale relecture des Chasses du Comte Zaroff avec un Ice-T en mode rasta post-nuke.

Le DVD

[4/5]

On aurait adoré redécouvrir Le Cavalier du diable sur support Blu-ray, mais l’éditeur BQHL Éditions ne disposait malheureusement plus suffisamment de matériel presse pour que nous puissions chroniquer le film en Haute-Définition. C’est dommage, mais il faudra avouer cependant que le DVD édité par BQHL est à l’image de ce que nous offre l’éditeur depuis des années en matière d’encodage sur support à définition standard : bien rôdé au support et à ses limites intrinsèques, l’éditeur nous propose sur cette galette une définition sans faille, alliée à une précision de tous les instants et à une colorimétrie tout à fait satisfaisante, dans les limites d’un encodage en MPEG-2 bien entendu. Côté son, la VO est proposée dans un mixage Dolby Digital 5.1 très enclins à nous proposer des passages acoustiques littéralement tonitruants : la spatialisation est excellente, et le film s’y prêtant tout à fait, le home-cinéphile sera aux anges à l’idée de « décrasser » son caisson de basses en le poussant dans ses ultimes retranchements. La VF quant à elle se contentera d’un solide mixage Dolby Digital 2.0. Les dialogues sont clairs, nets et bien équilibrés et il n’y a aucun problème de sifflement ou de distorsion.

Du côté des suppléments, on commencera avec un commentaire audio du réalisateur Ernest Dickerson (VOST). Le réalisateur y reviendra sur son implication dans le film, sur les acteurs, les lieux de tournage, les effets spéciaux et sur ce qu’il pense du film dans son ensemble. On continuera ensuite avec un passionnant making of rétrospectif (39 minutes) qui donnera, entre autres, la parole à Ernest Dickerson, Billy Zane, William Sadler, Dick Miller, Brenda Bakke, Charles Fleischer, aux scénaristes ayant travaillé sur la première version du film ainsi que sur la version finale, ainsi qu’à plusieurs techniciens chargés du maquillage et des effets spéciaux. Le tout est rythmé par un certain nombre d’anecdotes amusantes. Enfin, on trouvera également une présentation du film par Jean-François Dickeli (33 minutes), qui aborde tout autant Le Cavalier du diable que le deuxième film dérivé des Contes de la crypte, à savoir La Reine des vampires (Gilbert Adler, 1996). En dépit de quelques approximations, sa présentation est globalement intéressante.

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