DVD — 28 mai 2019
Test DVD : Continuer


France, Belgique : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Joachim Lafosse d’après le roman de
Interprètes : , ,
Éditeur :
Durée : 1h20
Genre : Drame, aventure
Date de sortie cinéma : 23 janvier 2019
Date de sortie DVD : 29 mai 2019

Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

Le film

[3/5]

Si le réalisateur belge Joachim Lafosse avait déjà montré dans Nue propriété et L’économie du couple son intérêt pour la peinture de problèmes familiaux, il les avait jusqu’à présent enfermés dans des huis clos, à l’intérieur des domiciles. Tout le contraire du décors dans lequel  se situe Continuer, adaptation du roman de Laurent Mauvignier paru en septembre 2016 aux Editions de Minuit. Bien que tourné au Maroc, le film est censé se passer au Kirghizistan et il raconte l’histoire de Sybille, une femme divorcée qui a l’impression d’avoir raté beaucoup de choses dans sa vie et qui a entrainé son fils Samuel dans un long périple à cheval dans un bel environnement de cailloux et de ciel bleu d’une grande pureté. Son but : tenter de reprendre le contact avec un fils qu’elle a peu connu, qu’elle n’a pas vraiment élevé afin, espère-t-elle, de le sauver de sa violence latente et de son nihilisme.

Bien qu’aimant beaucoup les chevaux, Samuel n’apprécie guère ce trek équestre et, dans un premier temps, le ressentiment envers sa mère, à qui il voit tous les défauts du monde, ne fait qu’augmenter, d’où une réplique qu’il ne peut s’empêcher de lâcher : « Toi et ton voyage, je t’emmerde ».

Continuer est un film qui met pas mal de temps à vraiment démarrer et qui, durant plus d’une heure (sur une heure et 20 minutes) vaut surtout par la beauté des paysages et les prestations de Virginie Efira et de Kacey Mottet Klein. En fait, Joachim Lafosse n’a gardé du roman de Laurent Mauvignier que la partie centrale, celle relative au périple dans les steppes de l’Asie Centrale, avec quelques anicroches et les rencontres, le plus souvent amicales, avec des autochtones vivant dans des yourtes et pour qui les chevaux sont quasiment des divinités. Une des plus belles scènes du film est d’ailleurs celle où un forgeron local procède au ferrage des chevaux de Sybille et de Samuel, pendant qu’un autre habitant du village parle doucement aux chevaux, disons même tendrement, afin de les calmer. Après cette longue période durant laquelle on se sent frustré de ne pas trop savoir ce qui s’est passé avant dans la vie de Sybille et dans celle de Samuel, le rythme s’accélère, les éléments attendus nous sont fournis et c’est même au pas de course, prenant le spectateur par surprise, que le dénouement intervient.

Nous avons dit plus haut tout le bien qu’il faut penser des prestations de Virginie Efira et de Kacey Mottet Klein. Restons dans les louanges avec Jean-François Hensgens, le Directeur de la photographie et glissons aussi quelques mots sur la musique, loin d’être envahissante et très bien choisie, comme toujours dans les films de Joachim Lafosse : un peu de Jean-Sébastien Bach, la sinfonia de la cantate BWV 21, et, à plusieurs reprises, une musique splendide et qui sort de l’ordinaire : « Oblivion », un morceau composé par le compositeur de tangos Astor Piazzolla et interprété au hautbois baroque par Marcel Ponseele.

Le DVD

[4/5]

Édité par Le Pacte, ce DVD ne présente aucune mauvaise surprise. Le film ayant été tourné en plein hiver dans le désert marocain afin de bénéficier de la plus belle des lumières, avec l’inconvénient d’avoir des journées de travail plus courtes, la moindre des choses était que cet effort particulier soit mis en valeur sur le DVD. C’est le cas, avec une image de très belle qualité, une belle lumière, de beaux contrastes et un bon rendu des couleurs du désert. On peut regarder le film avec ou sans des sous-titres pour sourds et malentendants, en 5.1 ou en 2.0 ainsi qu’avec une audiodescription.

Un seul complément accompagne le film mais il est très complet. Il s’agit d’un entretien de 27 minutes avec Joachim Lafosse et Kacey Mottet Klein, au cours duquel nous sont expliquées les raisons qui ont poussé le réalisateur à faire ce film, des contacts qu’il a eus avec l’auteur du livre qu’il a adapté, du choix des interprètes, des westerns visionnés, de la lumière du désert, des rapports entre Virginie Efira et Kacey Mottet Klein, des 3 mois de cours intensif de cheval.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles