Test DVD + Blu-ray : Butterfly Kiss

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Grande-Bretagne : 1995
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Michael Winterbottom, 
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h24
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 10 janvier 1996
Date de sortie du Coffret DVD + Blu-ray : 5 septembre 2017

 

 

Synopsis : Eunice, une femme visiblement dangereuse, passe sa vie à arpenter les autoroutes du nord de l’Angleterre à la recherche d’Edith, la seule qui lui ait jamais témoigné de l’amour. Dans une station-service, elle rencontre Miriam, qui quitte tout pour la suivre, même si elle devine très vite qu’Eunice est une meurtrière.

 


 

Le film

[3/5]

Dès le début de Butterfly Kiss, on comprend que Eunice n’est pas très claire dans sa tête : cette recherche frénétique d’un disque d’une chanson qui n’est pas une chanson d’amour mais une chanson sur l’amour, d’une chanson dont elle ne se souvient ni du titre ni du nom de l’interprète, sa façon agressive de questionner les caissières des stations-service sur leur prénom, voulant coute que coute qu’elles soient cette fameuse Judith qu’elle recherche, la seule femme qui lui ait envoyé des lettres d’amour, tout cela crée très vite un sentiment de malaise chez le spectateur. Que cela soit suivi par des meurtres d’une grande sauvagerie n’a donc rien d’étonnant.

Plus étonnant est le fait qu’une caissière, Miriam, va s’attacher à Eunice et la suivre dans son errance macabre, Miriam et Eunice devenant Me and You. Me, cette jeune femme qui va jusqu’à abandonner sa mère impotente, est-elle un peu simplette ? Amoureuse ? Subjuguée par cette You hors du commun qui la commande brutalement ? Cherche-t-elle à la remettre dans le droit chemin ? Un peu de tout cela, sans doute !

 

 

Lorsqu’il réalise Butterfly kiss, son premier long métrage de cinéma, Michael Winterbottom a 34 ans et il a travaillé pour la télévision comme monteur, comme documentaliste et comme réalisateur, avec, en particulier, deux documentaires sur Ingmar Bergman. Après avoir essayé en vain, en collaboration avec le scénariste Frank Cottrell Boyce, de réaliser un film qui se serait appelé Delirious, les deux complices ont décidé de se lancer dans l’écriture d’un scénario pouvant déboucher sur un film qui puisse être réalisé rapidement et avec peu d’argent. Ce film, c’est Butterfly kiss, et il n’a couté que 400 000 livres. Étant tous deux originaires du Lancashire, Winterbottom et Cottrell Boyce ont limité le champ de leur road-movie à cette région qu’ils connaissent bien.

On ne peut que féliciter Winterbottom d’avoir évité de donner un aspect gore à Butterfly kiss : en effet, les actions meurtrières d’Eunice ne sont jamais montrées, le spectateur ne faisant que découvrir le résultat, le plus souvent en même temps que Miriam. En fait, on comprend très vite qu’Eunice ne cherche qu’une chose, elle qui a déjà commencé à couvrir son corps de chaînes : un châtiment rédempteur, un châtiment qui tarde à venir et qui la pousse à  aller toujours plus loin. « Dieu m’a oubliée : je tue des gens et il ne m’arrive rien », s’écrit-elle. Ce  cri du cœur d’Eunice est loin d’être le seul élément mystique du film, le co-scénariste Frank Cottrell Boyce étant quelqu’un de très religieux. Ce n’est donc certainement pas un hasard si la plaque d’immatriculation d’une voiture empruntée par le duo comprend le nombre 666, le nombre de la bête, contenu dans l’Apocalypse de Jean !

Lors de la préparation du film, au tout début,  souhaitant que son film donne l’impression d’être un documentaire, Winterbottom avait envisagé de confier les rôles d’Eunice et de Miriam à des comédiennes inconnues, voire à des non-professionnelles. Il y a finalement renoncé et, dans ce film ancré dans l’Angleterre profonde, il est même aller chercher l’interprète d’Eunice de l’autre côté de l’Atlantique : Amanda Plummer, la fille de l’acteur canadien Christopher Plummer. Un choix qui, à la vision du film, s’avère très judicieux. Quant à la comédienne anglaise Saskia Reeves, autre choix judicieux, elle a été complètement métamorphosée pour rentrer dans la peau de Miriam, passant de blonde à brune, acceptant d’apparaître moins belle que dans la réalité.

 

 

Le combo DVD + Blu-ray

[4.5/5]

Avec ce combo Blu-ray + DVD, présenté dans un très beau digipack trois volets avec fourreau, c’est un très beau travail qu’à réalisé Outplay pour ce film qui n’était jamais sorti en DVD dans notre pays. C’est ainsi que, à partir d’un nouveau master HD, la qualité de la photographie de l’irlandais  , dont c’était la première participation à un film de cinéma, s’avère particulièrement bien mise en valeur sur le DVD et, bien sûr, encore plus sur le Blu-ray : des couleurs très chaudes, un excellent piqué, tout est réuni pour donner du nord de l’Angleterre, de ses paysages comme de ses stations service et de ses cafétérias, une image très flatteuse.

Visible uniquement en version originale, le DVD comme le Blu-ray bénéficient de deux sous-titrages différents : le sous-titrage « normal » et un sous-titrage pour sourds et malentendants. Le son du DVD est de type Dolby 2.0, celui du Blu-ray de type DTS Master Audio 2.0. Tous deux sont de très bonne qualité.

Trois suppléments sont disponibles : le premier est plutôt anecdotique puisqu’il s’agit de la bande-annonce d’époque. Le second, par contre, est particulièrement intéressant : un entretien de 30 minutes avec N.T. Binh, alias Yann Tobin, critique de la revue Positif. Cet entretien, intitulé « You & Me : Amour et Marginalité » et réalisé par l’équipe de Outplay, permet de (presque) tout savoir sur Michael Winterbottom et la genèse de son film. Quant au troisième, c’est un supplément papier qui reprend l’entretien de Michael Winterbottom réalisé par Michel Ciment et Yann Tobin, entretien paru dans Positif en décembre 1996 : un petit livret de 16 pages dans lequel 8 photos en couleur complètent un texte qui vient enrichit l’entretien de Yann Tobin présent sur le DVD et le Blu-ray.

 

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