Test Blu-ray : Trois heures, l’heure du crime

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Trois heures, l’heure du crime

États-Unis : 1987
Titre original : Three o’clock High
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h02
Genre : Comédie
Date de sortie DVD/BR : 9 juin 2021

Ce jour-là, en arrivant au lycée, Jerry Mitchell, adolescent sympathique et inoffensif, est loin de se douter qu’il va vivre l’une des pires journées de sa vie. Mais il croise la route de Buddy, un élève violent et baraqué, qui lui donne rendez-vous en fin de journée pour lui casser la figure. Durant les heures qui suivent, Jerry enchaîne les catastrophes…

Le film

[4/5]

Comme son titre ne l’indique pas du tout, Trois heures, l’heure du crime fait partie de la vague de teen movies lycéens produits aux États-Unis dans la foulée des gros succès de John Hughes dans la première moitié des années 80. Il s’agit d’un film de , quasi-inconnu en France, et pour cause : il n’est pas sorti dans les salles obscures et n’a été distribué dans l’hexagone qu’au format VHS, à la fin des années 80, sous les couleurs de CIC Vidéo qui tentait de faire passer le film pour un gros film d’action. En effet, la jaquette nous montrait une horloge brisée, traversée par un poing vengeur – qui plus est armé d’un poing américain.

Le destin de Trois heures, l’heure du crime lors de sa sortie aux États-Unis en 1987 ne fut guère beaucoup plus reluisant. Initialement, le film de avait bénéficié de l’appui de Steven Spielberg en tant que producteur, parce que ce dernier était convaincu que le film serait un ersatz de Karaté Kid. Cependant, à la découverte du film, le réalisateur d’E.T. fut extrêmement déçu et mécontent du résultat, et s’écria « Qu’est-il arrivé à Karate Kid ? Vous avez fait un film de Scorsese ! » – il faisait ici référence à After hours, sorti en 1985, dont l’énergie folle et délirante a clairement servi de modèle à Trois heures, l’heure du crime. Échaudée par le retrait de Spielberg, qui demanda expressément à ce que son nom soit retiré du générique, la Universal ne sut plus réellement quoi faire du film de Joanou, qui reçut une campagne publicitaire minimale, et, par conséquent, un accueil plutôt tiède au box-office.

Pourtant, un peu plus de trente ans plus tard, il est bien difficile de nier l’évidence : Trois heures, l’heure du crime est bel et bien l‘un des teen movies les plus originaux et les plus innovants tournés à cette époque. Fortement teintée d’absurde, l’intrigue du film nous propose une relecture déjantée du chef d’œuvre de Fred Zinneman Le train sifflera trois fois (1952). Le récit suit donc une espèce de compte à rebours décalé séparant le héros d’une bagarre perdue d’avance ; derrière la caméra, le tout jeune – le cinéaste de seulement 25 ans était plus jeune de quelques mois que ses acteurs et , pourtant censés incarner des lycéens – s’éclate littéralement avec les moyens mis à sa disposition afin de livrer au spectateur un film bourré d’effets de style complètement fous, qui apportent à son film un rythme littéralement trépidant.

Bourré d’humour et d’imagination, Trois heures, l’heure du crime s’impose donc comme une comédie de premier ordre, à découvrir au plus vite. Du côté du casting, on trouvera donc dans le rôle principal (Stand by me, Young Guns), ainsi que (le flic très nerveux de Mary à tout prix), et dans des seconds-rôles, les excellents Jeffrey Tambor (futur patriarche de la série Arrested Development), Mitch Pileggi (Horace Pinker dans Shocker, Frank Skinner dans X-Files) ou encore John P. Ryan (Runaway train, Bound).

On notera par ailleurs que de nombreux observateurs ont noté au cœur de Trois heures, l’heure du crime des éléments qui en feraient un précurseur de la série-culte Parker Lewis ne perd jamais. Le film partage en effet de nombreux points communs avec la série de 1990 : un héros étudiant affublé d’une petite sœur très indépendante, le copain à lunettes ( dans le film, Troy Slaten dans la série), le personnage de Buddy Revell qui évoque celui de Larry Kubiac, ainsi que du côté de la réalisation, un montage nerveux avec de nombreux mouvements de grue, travellings ou cadrages élaborés.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est qui nous propose aujourd’hui de découvrir Trois heures, l’heure du crime – un sacré pari éditorial si on part du principe que le film est encore aujourd’hui quasiment inconnu des cinéphiles français mais qui, on l’espère, s’avérera payant. Comme à son habitude, l’éditeur français nous fait une très bonne impression avec ce nouveau Blu-ray, qui s’impose sans problème avec sa définition est précise, ses couleurs riches et bien saturées, ses noirs profonds, et sa restauration ayant pris bien soin de préserver le grain argentique d’origine. D’une façon générale, la restauration a été faite avec intelligence, les plans les plus sombres affichant un grain nettement plus important que les séquences diurnes, mais le grain subsiste bel et bien, sans lissage, et le tout affiche une propreté et une stabilité tout à fait remarquables. Côté son, version originale et version française d’origine (un peu surannée mais excellente) sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, les deux mixages s’avérant propres et toujours parfaitement clairs.

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord un entretien avec (33 minutes). Le réalisateur du film y reviendra, sans langue de bois, sur ses débuts aux côtés de Steven Spielberg sur la série Histoires fantastiques, sur le scénario original du film reçu de la part du studio Universal ainsi que sur les différents remaniements dont il a été l’objet, sur les acteurs et les techniciens rencontrés sur le tournage de Trois heures, l’heure du crime… Il évoquera également sa collaboration avec le groupe Tangerine Dream qui composait la bande originale, la façon dont il leur a fait retravailler certains titres ainsi que, pour terminer, la place qu’occupe le film au sein de sa carrière. On continuera ensuite avec un entretien avec les scénaristes et Tom Szollosi (18 minutes). Les deux scénaristes reviendront sur le côté « personnel » de leur histoire, et de l’influence de leurs années lycée sur certains détails du script. Ils évoqueront également les personnalités d’Aaron Spelling, Steven Spielberg et , avec qui ils ont du collaborer à divers stades du développement de leur récit. On terminera enfin avec un entretien avec la costumière Jane Ruhm (14 minutes), qui se remémorera son travail aux cotés des acteurs afin de trouver les vêtements et les looks particuliers censés refléter la personnalité des différents personnages qu’ils incarnaient à l’écran.

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