Test Blu-ray : Thelma

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Norvège, France, Danemark, Suède : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Joachim Trier
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h56
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 22 novembre 2017
Date de sortie DVD/BR : 4 avril 2018

 

 

Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de Norvège, pour aller étudier dans une université d’Oslo. Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja. Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d’épilepsie d’une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l’intensité de ses sentiments pour Anja, qu’elle n’ose avouer – pas même à elle-même, et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et paroxystiques. Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs…

 

 

Le film

[4/5]

Carrie, Créatures célestes, Ginger snaps, Mysterious skin, Mean creek, Donnie Darko… C’est un fait : le cinéma fantastique et les récits de «  » font souvent bon ménage. Le fameux passage à l’âge adulte, la découverte de la sexualité et la notion d’acceptation de soi demeurent, pour tout un chacun, forcément toujours un peu nimbés de mystères en tous genres, et le fait de les illustrer au cinéma en ayant recours à des symboles allant chercher du côté du surnaturel est une idée non seulement habile, mais également pleine de poésie.

Thelma s’imposera donc au spectateur comme un brillant « faux » film fantastique, utilisant le genre pour aborder le passage délicat de son héroïne à l’âge adulte, qui se fera par une rupture on ne peut plus nette avec ses parents et les préceptes religieux qu’ils lui ont inculqué depuis son plus jeune âge. Aussi brillant qu’angoissant, le film développe au fil de son récit une ambiance lourde, qui fera indéniablement son petit effet, d’autant que l’ensemble est remarquablement mis en scène, dans un mélange des genres et des styles convoquant les grandes heures du cinéma de Brian De Palma, mais également le recul froid et impitoyable d’un cinéaste tel que Michael Haneke.

Partant dans plusieurs directions (pour autant d’interprétations possibles), Thelma propose donc plusieurs niveaux de lecture au spectateur. Mais malgré son rythme lent et ses presque deux heures au compteur, le film de Joachim Trier imposera sans peine son propre rythme, sans la moindre sensation de « longueur » ni dérive vers un traitement du sujet sur un mode pompeux, prétentieux ou excessif. En deux mots comme en cent, Trier respecte le genre fantastique et son public, et ne tente jamais de s’en écarter en surlignant lourdement son propos, à la façon de formalistes doués mais maladroits s’étant essayé à cet exercice de style avant lui, comme Nicolas Winding Refn (Neon Demon) ou David Robert Mitchell (It follows).

Le film bien sûr évoque les frayeurs et la culpabilité liées à la découverte de la sexualité ; cela dit, le dosage subtil entre le fantastique pur et la chronique sensible d’un passage à la maturité fait d’avantage basculer Thelma dans une espèce de poésie froide teintée d’abstraction plutôt que dans la direction lyrique et romantique vers laquelle le film aurait pu se diriger. On s’en rend compte notamment dans le sort réservé à la figure maternelle du récit : si l’on se surprend à penser un instant que le récit va bifurquer vers le baroque du climax de Carrie, il n’en sera finalement rien, Trier s’échinant à garder une cohérence dans le traitement de son intrigue. Une très belle réussite donc, aussi fraîche qu’inattendue.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

C’est Le Pacte qui offre aujourd’hui la possibilité à ceux qui l’auraient loupé en salles de découvrir Thelma sur support Blu-ray. Et à cette occasion, l’éditeur nous offre une galette de toute beauté. Piqué d’une précision à couper le souffle, couleurs magnifiques, définition sans faille : un sans faute, si l’on excepte quelques rares effets de moirage sur les noirs. On pourra cependant également noter un effet de « banding » horizontal lorsque le film est visionné sur une dalle ou téléviseur de 120 à 150 centimètres de diagonale ; ce défaut est en revanche complètement invisible en vidéoprojection sur un écran de grande taille. Les pistes son ne sont pas en reste, puisqu’elles sont toutes deux encodées en DTS-HD Master Audio 5.1 : dynamiques, immersives, dispensant leur quota d’effets atmosphériques extrêmement efficaces. On ne peut cependant s’empêcher de souligner à quel point le film s’appréciera forcément mieux en V.O, la VF réalisée par les équipes de New Connection nous proposant malheureusement toujours les mêmes acteurs de doublage, dont le ton relativement monocorde tend à agacer. Très prisées des éditeurs français en ce qui concerne les « Direct To Vidéo » et le cinéma de genre (du film d’horreur au film classé X), ces petites boites de doublage solides et peu chères basées en Espagne (AudioProjects, New Connection, etc) fournissent au final des versions françaises un peu faiblardes et uniformisées ; on y reconnaitra à coup sûr les voix de Michael Rudy Cermeno, Sylvie Santelli, Eric Bonicatto, Alain Miret, Caroline Lemaire… Mais soyons bien clairs : cela ne remet en rien en question l’excellent boulot technique livré par Le Pacte sur le Blu-ray de Thelma.

Côté suppléments, on trouvera un module de making of nous proposant environ cinq minutes d’images volées sur le tournage (de quoi apprendre à dire « action ! » en norvégien), qui s’accompagnera d’une galerie d’affiches abandonnées pour l’exploitation du film en France, ainsi que de la traditionnelle bande-annonce.

 

4 Commentaires

  1. Bonsoir et merci pour ce test.
    Le blu-ray est-il encodé à la bonne cadence (24 images/sec) ou s’agit-il encore d’un 1080i (25 images/sec) comme Le Pacte a la mauvaise habitude de faire ?.
    Merci d’avance.
    Cordialement

      • Bonsoir Mickaël Lanoye,
        Merci pour votre réponse rapide, excellente nouvelle !.
        « Que Dios nos perdone » sorti il y a quelques mois étant encodé en 1080i (contrairement au blu-ray espagnol paru chez Warner) j’avais peur qu’il en soit de même pour « Thelma »…
        « Acheter c’est cautionner » comme on dit.
        Content que ce blu-ray soit encodé à la bonne cadence, je soutiendrai donc à nouveau l’éditeur en l’achetant…
        Cordialement.

        • Arg, quelle déception pour « Que Dios nos perdone »… J’en avais fait la demande, mais l’éditeur n’avait plus de matériel presse à disposition, et nous avions du faire l’impasse sur ce test. Dommage pour l’encodage en 1080i, personnellement ça me chagrine toujours que les éditeurs fassent l’impasse sur cette caractéristique essentielle d’un bon Blu-ray… Je sais bien que de nombreux lecteurs Blu-ray actuels convertissent automatiquement les signaux 1080i en 1080p, mais ce n’est pas une raison suffisante pour se laisser aller ! Bon weekend, @ bientôt !

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