Test Blu-ray : The Cell

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États-Unis, Allemagne : 2000
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Mark Protosevich
Acteurs : , , Vincent D’Onofrio
Éditeur :
Genre : Thriller, Science-Fiction, Fantastique
Durée : 1h47
Date de sortie cinéma : 18 octobre 2000
Date de sortie DVD/BR : 19 août 2021

Alors que le FBI est sur le point d’arrêter Stargher, meurtrier en série, celui-ci tombe dans un coma profond, ne laissant aucun espoir de retrouver vivante sa dernière victime. L’agent Peter Novak fait alors appel à Catherine Deane, psychologue ayant expérimenté un procédé thérapeutique qui permet de visiter les esprits de patients inconscients, pour plonger au cœur du mental déviant de Stargher. Mais piégée dans les fantasmes de l’assassin, elle devient sa nouvelle proie…

Le film

[4,5/5]

Complètement porté par la patte visuelle baroque et inimitable de , fait partie de ces films qui transpirent tellement de la personnalité de leurs réalisateurs qu’il semble littéralement impossible de les imaginer tels qu’ils auraient pu être s’ils avaient été le fruit d’une sensibilité différente. Traversé de visions uniques, mis en scène avec un sens de l’image époustouflant, affiche à un tel point la marque de fabrique du cinéaste qu’il est aujourd’hui considéré comme une œuvre n’appartenant définitivement qu’à .

On peut ainsi se demander si le scénariste de , Mark Protosevich, avait la moindre idée de ce qui allait arriver à son scénario lorsqu’il a atterri entre les mains du prodige américano-indien ; il est difficile d’imaginer qu’un script s’inscrivant dans la veine d’un polar à la Manhunter puisse être à ce point « vampirisé » par la personnalité d’un metteur en scène. Le point d’entrée ayant permis à d’investir totalement le film se situe bien sûr dans l’élément fantastique imaginé par Mark Protosevich, qui se greffe au thriller traditionnel : les enquêteurs de vont en effet au-delà du simple profilage, puisqu’ils pénètrent littéralement dans le cerveau du tueur afin d’essayer de sauver sa prochaine victime.

De fait, cet élément de pure science-fiction, qui n’était – on le suppose – qu’un rebondissement au sein d’un script orienté thriller, est devenu sous l’impulsion de le « cœur » même du récit. Ayant compris que le public avait fait le tour des intrigues de serial killers depuis Seven, le cinéaste oriente donc volontairement son intrigue vers la fascination provoquée par la figure du tueur, en rajoutant volontiers dans la glauquerie, et créant à l’écran une véritable explosion colorée de visuels baroques, fascinants, quand il s’agit de représenter la psyché dérangée du tueur. est par ailleurs porté par la prestation hallucinante de Vincent D’Onofrio, acteur-caméléon par excellence, qui ne s’imposera pas seulement comme une figure menaçante mais aussi comme un « ogre » de contes de fées, régnant en despote sur un monde étrange.

Cet attachement à visiter les arcanes les plus bizarres du monde de l’esprit permet à de quitter les rails de la rationalité et de la logique conventionnelle. De fait, l’intrigue policière et même les personnages de finissent par en passer au second-plan : , et Jake Weber ont beau être excellents, ils s’éclipseront rapidement devant le terrain spectaculairement surréaliste de l’esprit du tueur. C’est d’autant plus clair que la mise en scène déployée par est souvent ouvertement dérangeante dans son attachement à s’attarder sur les différents rituels du « monstre ». Cependant, c’est bien dans la description visuelle qu’il fait de son esprit qu’il parvient à créer une expérience de cinéma absolument unique, dépassant le cadre de l’abjection grotesque pour se muer en une espèce de grand théâtre du bizarre.

D’un point de vue formel, les influences les plus évidentes du cinéaste vont chercher du côté de chez H.R. Giger et Damien Hirst, mais Tarsem et son équipe créative parviennent sans mal à se créer leur propre identité, multipliant les images folles de la façon la plus élaborée qui soit, et provoquant un malaise dont le moins que l’on puisse dire est qu’il reste durablement en mémoire. La preuve : vingt ans après sa sortie, on se souvient encore de  !

Le Combo Blu-ray + DVD + Livret

[5/5]

En voilà un qui s’est fait désirer ! Mais le voilà enfin : le 19 août,  sera enfin disponible au format Blu-ray en France, et débarque de plus dans un joli coffret au visuel très classe – beaucoup plus beau que la jaquette horrible du DVD sorti en 2001. Et quel plaisir de redécouvrir le film ! D’autant que le Blu-ray édité par nous propose une expérience Home Cinema on ne peut plus recommandable. L’upgrade Haute-Définition vaut clairement le détour, avec une image fine et précise, même dans ses passages les plus sombres, et une granulation argentique d’origine respectée à la lettre. Le piqué est précis, la définition ne pose pas le moindre problème, les couleurs sont éclatantes – on est assurément en présence de la meilleure copie du film disponible à ce jour sur le marché. Côté enceintes, c’est un véritable feu d’artifice sonore que nous propose Metro, avec la VO et la VF toutes deux encodées dans de tonitruants mixages DTS-HD Master Audio 5.1 : les deux versions nous en envoient plein les oreilles, et s’avèrent tout aussi capables de faire trembler les murs pendant les scènes d’action et d’imposer une véritable démonstration acoustique de finesse, de placement des voix et de restitution des échos durant les scènes les plus calmes. Tout à fait solide et très spectaculaire donc !

Pas de suppléments sur le Blu-ray à proprement parler, mais les visuels promotionnels de cette édition nous indiquent que le coffret contient également le DVD du film ; on peut donc supposer qu’on pourra y retrouver la riche interactivité déjà présente sur le DVD de 2001. Celle-ci se constitue tout d’abord d’un commentaire audio du réalisateur (VOST), qui nous livrera sans langue de bois sa « note d’intention » concernant . Il reviendra ainsi sur les choses qu’il estime avoir réussies, mais également celles qu’il a ratées. S’exprimant très vite, il se perd par moments en digressions, mais livrera un nombre incalculable d’informations sur la production du film, ainsi que sur ses inspirations ou sur les compromis qu’il a du faire, non seulement à cause de la production mais également à cause de contraintes d’emploi du temps ou des limites du budget. On poursuivra ensuite avec la piste musicale isolée, mais également et surtout avec huit scènes coupées, proposées avec le commentaire audio optionnel du réalisateur. On terminera enfin avec un making of (12 minutes), qui nous proposera traditionnellement quelques entretiens avec l’équipe et une poignée de moments volés sur le tournage, ainsi qu’avec une featurette en multi-angles sur les effets spéciaux du film (23 minutes) : on y reviendra sur la conception des SFX de six scènes du film de façon ludique et assez passionnante.

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