DVD — 09 septembre 2019
Test Blu-ray : T-34 Machine de guerre


Russie : 2018
Titre original : T-34
Réalisation :
Scénario : Alexey Sidorov
Interprètes : , , ,
Editeur : ESC Editions
Durée : 2h19
Genre : guerre
Date de sortie cinéma : –
Date de sortie Blu-ray : 10 septembre 2019

 

En 1944, un groupe de soldats russes menés par Nikolai Ivushkin parvient à fuir l’Allemagne à bord d’un tank T-34 à moitié détruit.

 

 

Le film

[3.5/5]

Un budget de 8 millions d’Euros, plus de 8 millions de spectateurs en Russie, un film « en l’honneur des héros des divisions blindées de la seconde guerre mondiale, connus ou inconnus, tombés au combat comme rentrés dans leurs foyers ». Aucune mention d’une quelconque nation dans cette dédicace. Toutefois, ne nous trompons pas : T-34 fait partie de ces films que la Russie de Poutine produit pour mettre en avant la gloire passée de ce pays afin de rétablir la fierté et la cohésion de la nation. Mais T-34 est, aussi, un film de divertissement et il n’y a aucune raison de ne pas le mettre sur le même pied que tous les films de divertissement ET de propagande qui sont produits aux États-Unis !

T-34 est partagé en 3 parties distinctes : la première voit un tank soviétique envoyé au casse-pipe face à une demi-douzaine de chars allemands à un moment où l’armée rouge est plutôt mal en point. Sous le commandement du  sous-lieutenant Nikolaï  Ivushkin, le char s’en sort plutôt bien mais pas au point d’éviter que Ivushkin et ses hommes soient fait prisonniers. Du grand spectacle renforcé par l’utilisation fréquente du « Bullet time », ce procédé qui focalise l’image sur un objet en déplacement, par exemple un obus, en le ralentissant à l’extrême et même, en le figeant complètement. La deuxième partie se déroule dans un camp de prisonniers situé en Thuringe, pas très loin de la frontière tchèque, et voit le standartenführer Jäger proposer à sa hiérarchie d’utiliser des tankistes soviétiques pour remettre en état un char T-34 pris à l’ennemi afin, ensuite, de les envoyer dans ce char, bien entendu dépourvu de munitions, face à des tankistes allemands plus ou moins néophytes afin d’entrainer ces derniers au combat. Quant à la troisième partie, elle raconte l’évasion du T-34 et de ses occupants et la poursuite menée par les allemands pour les empêcher d’atteindre la frontière tchèque.

 

 

Même s’il est émaillé de scènes prenant des distances avec la vérité historique, voire, parfois, totalement irréalistes, T-34 est un très bon divertissement, allant même jusqu’à inclure une histoire sentimentale dans ce qui est, avant tout, un film de guerre, avec le suspense inhérant à ce type de films. Tourné en République Tchèque et en Russie, le film est très crédible quant à l’aspect des campagnes et des villages traversés. Les rôles des allemands sont tenus par des comédiens allemands qui s’expriment en allemand : un effort que le cinéma hollywoodien ne fait pas toujours, loin de là. Dans la distribution, on retrouve un certain nombre de comédiens déjà rencontrés dans d’autes films : c’est ainsi que Alexander Petrov, l’excellent interprète du rôle de Nikolaï  Ivushkin, incarne Piotr dans Ana, le dernier film de Luc Besson. Irina Starshenbaum, elle, c’est dans Leto, où elle interprétait le rôle de Natasha, qu’on l’avait découverte l’an dernier, dans la compétition officielle cannoise. Elle est ici une superbe Anya Yartseva, une prisonnière du camp allemand qui officie en tant qu’interprète entre les russes et les allemands et qui est loin de se montrer insensible au charme de Nikolaï.

 

 

Le Blu-ray

[4.5/5]

donne le choix aux cinéphiles qui, ayant été privé d’une sortie en salles de ce film à grand spectacle, désirent rattraper le coup en le visionnant à domicile : d’un côté, un DVD, de l’autre, un combo Blu-ray / DVD. Le Blu-ray que nous avons visionné propose une image d’une excellente qualité : définition précise, beau piqué, des couleurs très présentes sans être forcées, très bonne qualité des scènes nocturnes. Sur ce Blu-ray, 2 versions sont disponibles : une version dite internationale, d’une durée de 1 h 53, avec le choix entre version originale sous-titrée en DTS 5.1 et version française en DTS 5.1 ; une version dite intégrale non censurée (par qui, on ne sait pas !), d’une durée de 2h19 et qui, elle, n’est visible qu’en version originale sous-titrée en DTS 5.1. On notera que, dans la version internationale en français, les allemands s’expriment en allemand, leurs dialogues étant sous-titrés en français, comme dans la version originale.

Un seul supplément accompagne la version internationale et la version intégrale mais il est très intéressant et, en 19 minutes, il couvre à peu près toutes les questions que l’on peut se poser à la vision du film. Intitulé Histoire du T-34, il s’agit d’un entretien avec , journaliste et auteur de livres sur le cinéma. En fait, il ne s’agit pas que de l’histoire de ce char, fleuron de l’ingénierie soviétique et qui, durant la seconde guerre mondiale, s’est montré supérieur aux Panzer allemands dans un certain nombre de domaines, en particulier le fait d’avoir un blindage incliné entrainant plus facilement le rebond des obus les atteignant et, surtout, d’avoir un moteur diesel pouvant fonctionner jusqu’à -50 °C. En effet, Florent Fourcart situe aussi le film de façon précise et détaillée dans l’histoire du film de guerre soviétique puis russe.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles