Test Blu-ray : Robin des bois, la véritable histoire

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Robin des bois, la véritable histoire


France : 2015
Titre original : –
Réalisateur : Anthony Marciano
Scénario : Anthony Marciano, Max Boublil
Acteurs : Max Boublil, Géraldine Nakache, Malik Bentalha
Éditeur : AB Vidéo
Durée : 1h32
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 15 avril 2015
Date de sortie DVD/BR : 26 août 2015

 

 

Robin des Bois est un sale type. Lui et son compère Tuck ont une éthique très claire dans la vie : ils ne volent que les pauvres, les femmes ou les vieux. Le reste ? Trop risqué. Mais même les sales types ont des rêves, et le leur est de racheter la maison close la plus courue de la ville, le Pussycat. Robin, que rien n’arrête lorsqu’il s’agit de s’enrichir, décide alors d’aller chercher l’argent là où il se trouve et projette de dévaliser la caisse des impôts de Nottingham. Mais sa rencontre avec le gang de Sherwood, des justiciers qui eux volent les riches pour donner aux pauvres, va contrarier ses plans. Petit Jean, Marianne et leurs amis ont en effet eu exactement la même idée que lui : braquer le Shérif de Nottingham…

 

 

Le film

[3,5/5]

Il existe dans la critique française, qu’elle soit professionnelle ou simplement pratiquée en « amateur » sur des blogs ou autres bouteilles à la mer du Net, un courant bien connu d’animosité envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à une comédie populaire dont la tête d’affiche est un humoriste. Plus ces « comiques » reconvertis dans le cinéma sont jeunes, plus les critiques sont véhémentes, avec une mention particulière et un petit surplus de hargne et de gratuité s’ils viennent de la télévision (écurie Canal +, émissions ou séries TV…). Plus les humoristes prennent de la bouteille, plus les critiques se tarissent, au point que dix, quinze, vingt ans après leurs débuts au cinéma, on trouve aujourd’hui tout à fait normale leur présence à l’affiche de tel ou tel film. Pire : on en viendrait même à les apprécier.

Le plus difficile pour l’humoriste voulant se lancer dans la grande aventure cinématographique est donc d’avoir les épaules pour tenir. Les épaules pour supporter le venin de la « profession », et surtout pour ne pas céder au découragement, réunir les fonds pour enchainer les projets, vaille que vaille, aller de l’avant pour ne pas finir dans les oubliettes du public, méritées ou pas, aux côtés d’Eric et Ramzy, Jamel Debbouze ou Michaël Youn. Au final, plus que les entrées en salles et le ressenti immédiat, c’est le temps qui fait que telle ou telle comédie touche son public.

Sorti le 15 avril dernier, Robin des bois, la véritable histoire a réuni un peu moins de 530.000 curieux dans les salles françaises ; c’est un million de moins que Les gamins, la précédente collaboration du duo Max Boublil / Anthony Marciano. Mais mettre ce Robin des bois en compétition avec le mastodonte Avengers 2 tenait sans doute du suicide commercial ; le fait de penser que Les gorilles, sorti le même jour et réunissant à l’écran JoeyStarr et Manu Payet n’a attiré que 147.000 spectateurs, remettra peut-être un peu de baume au coeur des duettistes. Maintenant, on espère que le prochain film mettant en scène Max Boublil, Le nouveau, remportera le succès escompté par le distributeur, histoire de remettre le pied à l’étrier au duo gagnant qu’il forme avec Marciano.

Car si Robin des bois, la véritable histoire ne fonctionne certes que partiellement, avec environ une vanne sur trois qui fait mouche, le quota de rires engendré par le film est au final bien largement supérieur à celui provoqué par la grande majorité des comédies contemporaines françaises. Les acteurs sont sympathiques, le tempo soutenu et les vannes efficaces – les outrances et la vulgarité « mine de rien » qui sont la marque de Max Boublil sont bel et bien présentes, et nous réserveront quelques francs éclats de rire au fil du récit. Mention spéciale également au toujours impeccable Gérard Darmon, qui s’offre une série de séquences taillées sur mesure pour son extraordinaire talent pince sans rire. Mais ce n’est pas dans son scénario ou dans ses gags que ce Robin des bois hirsute se montre le plus étonnant, mais bel et bien dans le soin apporté à la reconstitution et à la mise en scène : la réalisation est ample, le scope utilisé avec talent et un véritable sens du cadre, et la photo signée Jean-Paul Agostini est littéralement sublime, et donne un cachet assez bluffant à ces aventures ne tombant jamais dans le côté « cheap » que l’on aurait pu craindre. On est loin, très loin de la mise en images ringarde de Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ou des Visiteurs !

Bref, avouons-le sans détour : Robin des bois, la véritable histoire risque bien de fort agréablement surprendre le spectateur. Non seulement parce qu’au détour de quelques séquences, le film parvient à nous cueillir et activer nos zygomatiques de façon franche et claire, mais également parce que visuellement parlant, il s’agit d’un film très soigné, n’ayant clairement rien à envier aux films d’aventures américains. Du beau travail et un résultat très sympathique.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Éditeur relativement récent sur le front de la Haute Définition, AB Vidéo nous propose aujourd’hui de découvrir Robin des bois, la véritable histoire en Blu-ray, et force est d’avouer que l’éditeur a conscience des qualités formelles du film d’Anthony Marciano, et lui offre en Blu-ray un écrin épatant : encodage 1080p, définition sans accroc, piqué précis… À part un léger grain en basse lumière et quelques cafouillages dans la gestion des contrastes (surtout durant les premières scènes dans le camp du gang de Sherwood), c’est un très beau boulot de la part d’AB Vidéo. Côté son, le mixage est proposé en DTS-HD Master Audio 5.1 et s’avère dynamique, immersif et clair : excellent.

Du côté des suppléments, nous propose tout d’abord un making of d’une vingtaine de minutes, laissant la parole à tous les membres de l’équipe. Malik Bentalha y décrit donc son personnage comme étant « omnibulé » par l’argent, et les images de tournage nous laissent découvrir des passages « alternatifs » du film, puisque les acteurs en roue libre en rajoutent côté dialogues et improvisation. Une série de scènes coupées ou étendues (8 minutes environ) en remet également une couche dans le même sens, tandis qu’un bêtisier de près d’un quart d’heure assez communicatif revient sur les scènes ratées à cause de fous rires, souvent liés de la même façon à une parole malheureuse rajoutée au moment du tournage et ne permettant plus à l’équipe ou au partenaire de jeu de garder son sérieux. Enfin, la traditionnelle bande-annonce du film fermera la section.

 

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