Test Blu-ray : Pris au piège

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Espagne, Argentine : 2017
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : Jorge Guerricaechevarría, Álex de la Iglesia
Acteurs : , ,
Éditeur : L’atelier d’images /
Durée : 1h42
Genre : Thriller
Date de sortie DVD/BR : 5 septembre 2017

 

 

9 heures du matin. Des clients qui ne se connaissent pas prennent leur café dans un bar de quartier, quand l’un d’entre eux est tué net sous leurs yeux par la balle d’un sniper. Ils réalisent alors qu’ils sont dans sa ligne de mire, se retrouvant de fait prisonniers du bar et en danger de mort. Le compte à rebours est lancé pour trouver le moyen de s’échapper…

 

 

Le film

[4/5]

Hystéro un jour, hystéro toujours… Pour le plus grand plaisir de ses admirateurs, qui voient en lui rien de moins que l’un des tous meilleurs cinéastes vivants en activité, Álex de la Iglesia revient aux affaires, après quelques années d’absence des écrans français (Les sorcières de Zugarramurdi date de 2013, et les films suivants du trublion espagnol sont malheureusement restés inédits dans l’hexagone).

Pris au piège n’aura certes pas les honneurs d’une sortie dans les salles obscures, MAIS ce concentré de plaisir cinématographique se voit offrir ce mois-ci un beau Blu-ray de la part de deux éditeurs travaillant en collaboration sur cette sortie : L’atelier d’images et Condor Entertainment. Et on ne les remerciera jamais assez franchement de nous permettre de découvrir cette nouvelle folie du cinéaste espagnol, dont les bonus nous apprendront que le scénario du film a en fait un peu plus de 10 ans – les fans d’Álex de la Iglesia n’en seront pas surpris tant ce huis-clos complètement barge évoque d’autres réussites de sa filmographie, telles que le formidable Mes chers voisins. Devant la caméra, c’est également avec plaisir que l’on retrouvera une partie de la bande d’acteurs habitués à son univers : Mario Casas, Blanca Suárez, Secun de la Rosa, Jaime Ordóñez, Joaquín Climent… Tous ont déjà été vus dans un ou plusieurs de ses derniers films, Balada triste (2010), Un jour de chance (2011), Les sorcières de Zugarramurdi (2013) ou Mi gran noche (2015). On a également une pensée pour Terele Pávez, actrice du film et collaboratrice régulière d’Álex de la Iglesia (huit films et une série TV tournés ensemble depuis 1995), décédée début août, et dont la gouaille manquera sans doute à son cinéma.

Belle réussite formelle, Pris au piège a déjà conquis le cœur des cinéphiles suivant de près la carrière d’Álex de la Iglesia. Quant à ceux s’avérant plus hermétiques à son cinéma, tels que notre chroniqueur Tobias Dunschen, ayant découvert le film lors de la Berlinale 2017, ils admettront bon gré mal gré les qualités de ce nouveau métrage :

« Le récit de El bar s’articule stoïquement en trois mouvements : la mise en place des enjeux de l’intrigue dans ce café somme toute très ordinaire, suivie de deux changements de décor majeurs, qui voient progressivement les personnages s’enfoncer un peu plus dans leur psychose et le soubassement de la ville. Les éléments de surprise se font plutôt rares dans cet agencement narratif, qui considère sans doute que la surenchère du ton vaut mille fois mieux que des revirements moins tributaires d’une course survoltée à l’élimination systématique des obstacles à la survie. Dans le cinéma de Alex De La Iglesia en général et ce film-ci en particulier, il n’y a guère de place pour une évolution graduelle des personnages, dont les traits de caractère sont tout aussi caricaturaux que l’interaction entre eux. La tension propre au contexte y prime sur tout le reste, au risque de reproduire, film après film, les mêmes engrenages de la violence, qui joue ici plus un rôle de déclencheur du spectacle que de mise en garde contre l’excès qui mènera directement au désastre. (…)

Or, de cette revendication assumée du mauvais goût et du cynisme, qui s’appuie néanmoins sur une expertise technique très solide, découle tout le plaisir jouissif qu’un film comme El bar peut procurer. Au fond, on s’en fout royalement de savoir qui s’en sortira ou qui périra, surtout envers des personnages sans verve et sans âme, plus vilains les uns que les autres, dont le seul signe distinctif est leur appartenance à un stéréotype dans l’air du temps, de l’héroïne au cœur d’artichaut au héros principalement barbu afin de pouvoir être la cible de toutes sortes de suspicions mal intentionnées, en passant par une galerie de crétins aux fantasmes et aux phobies ridicules. Les théories du complot les plus farfelues fusent parmi ces pauvres énergumènes, qui ont eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et pourtant, les peurs et les joies les plus ancestrales sont assez bien amenées dans ce thriller curieusement haletant pour éviter les passages à vide les plus pénibles. Naît alors très timidement chez nous le doute salutaire que toute cette agitation soit volontairement réduite à une tirade d’esbroufe malicieuse, susceptible de mieux tourner en dérision les craintes paranoïaques qui rythment désormais le quotidien des Européens. »

On vous invite à découvrir l’intégralité de la critique de Tobias Dunschen en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

Le Blu-ray de Pris au piège co-édité par L’atelier d’images et Condor Entertainment nous propose un transfert sublime, préservant le grain « cinéma » du film tout en offrant un piqué, des textures et des couleurs d’une richesse impressionnante. Même sur les plans larges et/ou nocturnes, c’est impeccable, irréprochable, avec des noirs profonds et une profondeur de champ exceptionnelle. On notera également que le film est bel et bien encodé en 1080p, ce à quoi ne nous avait pas forcément habitué Condor pour ses Blu-ray édités en « solo ». Côté son, c’est le feu d’artifice avec une version originale espagnole et une version française toutes deux encodées en DTS-HD Master Audio 5.1 : à l’image du film, elles en envoient plein la gueule et feront littéralement trembler les murs pendant les scènes les plus agitées. Du beau travail.

Du côté des bonus, L’atelier d’images et Condor Entertainment continuent sur cette excellente lancée en nous proposant un formidable making of de presque 40 minutes (on y découvre un tournage beaucoup plus « physique » que ce à quoi on aurait pu s’attendre), auquel viendra s’ajouter une très intéressante interview d’Álex de la Iglesia menée par Arnaud Bordas, au cours de laquelle le cinéaste s’amusera à « déconstruire » son style.

 

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