DVD — 28 mai 2017
Test Blu-ray : L’invasion des profanateurs

L’invasion des profanateurs

 
États-Unis : 1978
Titre original : Invasion of the body snatchers
Réalisateur :
Scénario : W.D. Richter
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h55
Genre : Science-Fiction, Horreur
Date de sortie cinéma : 7 février 1979
Date de sortie DVD/BR : 25 avril 2017

 

 

De mystérieuses particules venues de l’espace arrivent sur Terre. A San Francisco, la scientifique Elizabeth Driscoll, employée au Ministère de la Santé, cueille une fleur étrange et tente en vain de l’identifier. Elle se confie à son collègue Matthew Bennell. Dans les jours qui suivent, comme si l’Humanité était victime d’une épidémie inconnue, de plus en plus de personnes affirment ne plus reconnaître leurs proches…

 

 

Le film

[4,5/5]

Depuis sa publication dans les années 50, le roman de Jack Finney L’invasion des profanateurs de sépultures (également connu en France sous le titre Graines d’épouvante) a donné naissance à quatre adaptations cinématographiques : L’invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956), L’invasion des profanateurs (Philip Kaufman, 1978), Body snatchers (Abel Ferrara, 1993) et Invasion (Oliver Hirschbiegel, 2007). La particularité de cette œuvre est donc notable : si différentes soient-elles, les quatre adaptations du film se sont révélées d’excellents films de science-fiction, des œuvres singulières à côté desquelles le cinéphile aurait tort de passer sans s’arrêter.

L’invasion des profanateurs, la cuvée 1978 de cette invasion d’extra-terrestre est donc depuis peu disponible en France sur support Blu-ray, sous les couleurs de Rimini Éditions. Il s’agit de la deuxième des quatre adaptations à voir le jour en Haute-Définition dans l’hexagone, les films de 1956 et de 1993 demeurant encore à ce jour tristement inédits. L’approche du genre par Philip Kaufman est assez différente de celle de Don Siegel vingt ans auparavant. Plus explicite dans sa narration (le doute n’est pas permis quant à la menace qui pèse sur San Francisco), le cinéaste opte également pour une parano beaucoup plus contemporaine, celle de la grande ville des années 70, anonyme et écrasante, au cœur de laquelle plus personne ne se parle et chacun ignore tout de son voisin : la société moderne s’impose dès lors comme très propice à ce genre d’invasion…

Habile, Philip Kaufman y va par petites touches, augmentant crescendo l’impression d’oppression et d’étrangeté qui finira par littéralement étouffer ses personnages, de plus en plus angoissés au fur et à mesure que le film avance… Au point que chaque nouvelle silhouette croisée par les protagonistes prend des allures de menace potentielle. De fait, pour insister sur ce malaise diffus dans sa mise en scène, le cinéaste opte pour un recours fréquent aux reflets (parfois déformants), aux écrans, à la vision à travers des vitres… Le tout étant encore souligné par les accords baroques et étranges de la musique de Denny Zeitlin. On notera également que comme dans le cas de The thing, autre « grand » remake d’un classique de la SF des années 50, les effets spéciaux de L’invasion des profanateurs, sobres, efficaces et « organiques », n’ont dans l’ensemble pas trop vieilli, et s’avèrent encore assez impressionnants.

Enfin, pour les amateurs de clins d’yeuxs, on notera quelques « caméos » remarquables et remarqués au cœur du film : L’invasion des profanateurs s’ouvre sur un plan de Robert Duvall habillé en curé faisant de la balançoire dans une plaine de jeux, et on retrouvera ensuite des apparitions de Kevin McCarthy et de Don Siegel, qui sont, respectivement, l’acteur principal et le réalisateur du film de 1956, L’invasion des profanateurs de sépultures. Dans le même état d’esprit, Olivier Hirschbiegel ira rechercher Veronica Cartwright, qui incarne Nancy dans le film de Kaufman, pour sa version de 2007.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Côté Blu-ray, les aficionados du film ayant déjà investi dans les éditions américaines disponibles sous les couleurs de MGM (2010) ou de Shout Factory (2016) seront globalement en terrain connu, puisque le master utilisé par Rimini Éditions semble être exactement le même que celui utilisé par l’édition MGM : le film est proposé en 1080p et au format 1.85 respecté, l’image est stable et plutôt propre (quelques défauts subsistent, surtout sur les scènes nocturnes, dont les contrastes auraient pu être un peu plus punchy). Rimini, qui avait eu par le passé tendance à « dégrainer » à mort les films qui débarquaient en Blu-ray dans son catalogue, a semble-t-il pris note des remarques des consommateurs : la granulation d’origine a ici été préservée, ce qui n’empêche aucunement le piqué de briller par sa précision. Les couleurs sont vives, mais les contrastes, voire certaines teintes, peuvent varier d’intensité d’un plan à l’autre. Niveau son, VO et VF d’origine sont proposées dans des mixages LPCM Audio 2.0 globalement solides, qui présentent un bon équilibre entre les dialogues et la musique ; la VF d’origine est un peu moins ample que sa grande sœur, et parait par moments un peu étouffée.

Côté suppléments, les équipes de Rimini Éditions se sont décarcassées afin de réunir différents bonus disponibles sur les éditions étrangères du film, tout en prenant bien soin d’y rajouter un supplément « maison » totalement inédit. On commencera donc par un entretien avec Brooke Adams, qui revient sur ses souvenirs de tournage, et qui ravira le spectateur en refaisant face caméra le fameux « truc des yeux » que les fans du film adorent. On continuera avec un entretien avec Art Hindle, qui évoque avec un vrai talent pour les anecdotes le tournage du film et ses relations avec les acteurs. On poursuivra ensuite avec un entretien avec W.D. Richter, scénariste du film, ainsi qu’un entretien avec Denny Zeitlin (compositeur), qui évoque son expérience très forte pour accoucher de cette composition, qui restera la seule musique de film de sa carrière de musicien. Avant d’aborder le supplément conçu et imaginé par Rimini pour cette édition, on se plongera donc également dans un passionnant et riche making of restrospectif, donnant largement la parole à Philip Kaufman.

Last but not least, et outre la traditionnelle bande-annonce du film, on trouvera également sur le Blu-ray un entretien avec Pascal Montéville, qui évoquera avec moult détails le roman original signé Jack Finney et ses différentes adaptations au cinéma : passionné, passionnant, et tout à fait pertinent. Son propos sera globalement résumé et un peu approfondi dans le livret de 12 pages également disponible dans le boîtier.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles