Test Blu-ray : Les blagues de Toto

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France, Luxembourg, Belgique : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h24
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 5 août 2020
Date de sortie DVD/BR : 9 décembre 2020

À l’école, Toto est bien plus doué pour faire rire ses copains qu’écouter les leçons de la maîtresse. Avec ses parents aussi, les blagues de Toto se transforment souvent en catastrophes… La dernière en date ? La chute d’une sculpture pendant un évènement organisé par le patron de son père. Mais cette fois-ci, Toto assure qu’il est innocent et refuse d’être accusé d’une bêtise que pour une fois, il n’a pas faite ! Avec ses meilleurs amis, il va mener l’enquête…

Le film

[3/5]

Zéro + Zéro = ?

Bande dessinée « d’exploitation », surfant de façon opportuniste et relativement paresseuse sur les gros succès de la BD franco-belge de la deuxième moitié des années 90 et du début des années 2000, la série Les blagues de Toto est un projet éditorial monté de toutes pièces par Glénat afin d’engranger un maximum de thunes en un minimum de temps. Curieusement, la sauce a d’ailleurs tellement bien pris auprès de la jeunesse que quinze ans après sa création, la série existe toujours, avec à sa tête le dessinateur .

Il faut dire aussi que depuis Le petit Spirou, le « cancre » et les gags de cour de récré sont devenus des thématiques incontournables de la BD contemporaine, et des séries telles que Cédric, Titeuf, Kid Paddle, L’élève Ducobu ou encore Mortelle Adèle ont également remporté de gros succès en déclinant cette recette désormais bien connue. Toutes les tentatives ne fonctionnent pas, bien sûr – on pense aux Gnomes de Troy ou à Gastoon – mais dans le cas des Blagues de Toto, le succès fut immédiat, au point que la série de BD créée en 2004 devint en 2010 une série animée à la TV.

Aujourd’hui, et puisque plusieurs films adaptés de BD franco-belges à destination de la jeunesse ont fait de véritables cartons dans les salles, Les blagues de Toto a donc fort logiquement également été décliné sous la forme d’un long-métrage de cinéma à destination de la jeunesse. Le résultat s’inscrit dans la droite lignée de films tels que Les profs ou L’élève Ducobu – à savoir celle d’un spectacle familial amusant et sans prétention. Ci-dessous, retrouvez la critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff, rédigée à l’occasion de la sortie du film en salles l’été dernier.

Du rire en Carambar

Depuis des décennies, les blagues de Toto amusent petits et grands. Dans Les blagues de Toto, le cancre se déconfine de ses papiers d’emballage sur lesquels ses calembours étaient imprimés pour une transition convaincante vers le grand écran.

Toto multiplie les bêtises partout où il peut : chez lui, à l’école, dans la rue… partout en fait ! Sa nouvelle maîtresse Mademoiselle Jolibois, prévenue de ses turpitudes, s’en inquiète d’avance, avec raison. En toute discrétion ou presque, Roger Justin-Petit, un entrepreneur immobilier douteux, fait main basse sur la ville en rachetant toutes les maisons au prix fort. La mère de Toto résiste tant bien que mal, son père fait lui contre mauvaise fortune bon cœur car il est son employé. Lorsqu’une sculpture à la gloire du bâtisseur est brisée lors de l’inauguration d’un musée, le garnement est le premier suspect. Toto va peiner à expliquer qu’il est (pour une fois) innocent. Ses copains – Igor, le fils de la directrice Mme Péchoton, Yassine, Carole et Olive, qui ne cache pas sa grande affection pour lui – vont l’aider à mener l’enquête.

Cette adaptation d’une bande dessinée créée en 2004 s’inscrit clairement dans la continuité des univers colorés et enjoués du Petit Nicolas, de Titeuf ou de Ducobu.

Des personnages bien croqués

Malgré les craintes sur un tel projet et le risque d’une succession longuette de sketchs, le résultat est une très bonne surprise. L’histoire est assez prenante, avec des personnages bien croqués. Les adultes comme les enfants gravitant autour de Toto existent avec juste ce qu’il faut de profondeur. Toto est montré comme un enfant inadapté au système scolaire, mais son rival Igor est lui aussi victime de brimades, commises d’ailleurs notamment par le héros. Une leçon forte pour ne pas reproduire les oppressions contre les plus faibles lorsqu’on est soi-même pris en grippe. Le méchant d’opérette qu’on va adorer détester est campé avec une malice certaine par . La satire sociale reste limitée, mais on s’amuse de ce potentiel dictateur de province qui se rêve plus grand qu’il n’est et fait construire des bâtiments hideux à son effigie. Le chef décorateur Maamar Ech-Cheick (OSS 117) s’est clairement amusé à imaginer ses excès pour satisfaire son ego démesuré.

On s’amuse sans peine des facéties de ce Dennis la malice à la française au rythme soutenu. « Arrête tes bêtises ! », hurle-on souvent à Toto. Heureusement ici, il ne s’arrête jamais, encouragé par les très convaincants Guillaume De Tonquédec et Anne Marivin en parents dépassés mais soutiens indéfectibles, en institutrice timide malmenée par plus petit qu’elle ou en papy gâteau. Les très bons jeunes acteurs ne déméritent pas, à commencer par le rôle-titre, Gavril Dartevelle dont la bonne bouille porte le film avec aisance et simplicité.

Le Blu-ray

[4/5]

Les blagues de Toto sort donc ces jours-ci au format Blu-ray sous les couleurs de M6 Vidéo, et constituera sans doute un joli petit cadeau de Noël pour les amateurs de comédie populaire. Comme à son habitude, l’éditeur français nous propose un master assez superbe, bénéficiant de couleurs explosives et de contrastes aux petits oignons. Le piqué est d’une précision remarquable, tout autant que la profondeur de champ : c’est un sans-faute. Niveau son, le film est proposé dans un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 extrêmement efficaces, d’un dynamisme fort, facilitant grandement l’immersion dans l’ambiance bon enfant du film. On notera également que M6 Vidéo n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisqu’un mixage DTS-HD Master Audio 2.0, sans doute plus cohérent si vous visionnez Les blagues de Toto sur un « simple » téléviseur, est également de la partie.

Du côté des bonus, le Blu-ray édité par M6 nous propose tout d’abord un entretien avec Guillaume De Tonquédec, Anne Marivin et Gavril Dartevelle (8 minutes), très orienté promo mais globalement sympathique, et nous révélant quelques images du casting du jeune interprète de Toto. Beaucoup plus intéressant, on trouvera un excellent documentaire intitulé « Un garçon nommé Toto » dédié à la création de la BD-phénomène (29 minutes), qui s’avérera, pour de nombreux spectateurs adultes, bien plus passionnant que le film en lui-même. Sans langue de bois, Thierry Coppée y reviendra sur son parcours. Après une formation dans les Arts graphiques, il entame une carrière d’instituteur. Passionné par la bande dessinée, il finirait par travailler pour Spirou Magazine avant de se voir assez abruptement remercié suite à une série de planches n’ayant pas convaincu les patrons du journal. Ayant repris son boulot de prof, il serait finalement contacté quelque temps plus tard par Guy Delcourt et son équipe, qui cherchaient un dessinateur afin de mener à terme un projet de BD autour du personnage de « Toto ». Guy Delcourt cherchait en effet depuis longtemps à travailler sur « un personnage que tout le monde connaît, et qui appartient à tout le monde et à personne », ce qui représentait le Graal pour lui en tant qu’éditeur. Échaudé par son expérience avec les éditions Dupuis, Thierry Coppée se mettrait à travailler sur ses planches les mercredis ainsi que les week-ends. Le dessinateur, qui a depuis quelques albums délégué les scénarios de ses histoires, reviendra également sur ses méthodes de travail et de dessin : c’est très intéressant. Avec Guy Delcourt, ils évoqueront également le gros succès de la BD, la série animée ainsi que le film. S’il est très éloigné de ce qu’il aurait fait s’il avait eu « carte blanche », Thierry Coppée semble apprécier le travail d’adaptation abattu par l’équipe de Pascal Bourdiaux sur le film. On notera que ce très intéressant sujet est signé Linda Tahir, monté par Gilles Penso (Phil Tippett – Des rêves et des monstres) et co-produit par ESC Producions et Rose Night.

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