DVD — 21 août 2019
Test Blu-ray : Le continent oublié

 
États-Unis, Royaume-Uni : 1977
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h31
Genre : Aventures, Fantasy, Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 17 août 1977
Date de sortie DVD/BR : 21 août 2019

 

1917. Le major Ben McBride réunit un petit groupe d’aventuriers pour partir à la recherche de l’un de ses collègues, disparu dans une région inexplorée du globe. Contraints de se poser en catastrophe après l’attaque de leur avion par un ptérodactyle, les membres de l’expédition découvrent un monde étrange, peuplé d’hommes préhistoriques et de dinosaures…

 


 

Le film

[3,5/5]

Même s’il peut sans le moindre problème être découvert de façon indépendante, Le continent oublié (1977) est en réalité la suite du Sixième continent (1974) ; le film met donc en scène une opération de sauvetage menée par le fringant Ben McBride (Patrick Wayne), et destinée à secourir Bowen Tyler, le personnage central du film précédent, incarné à l’écran par Doug McClure. La filiation entre les deux films est d’ailleurs un peu plus claire en VO : le premier film s’appelait The land that time forgot, le second The people that time forgot. On pourra également intégrer ces deux films au sein d’une tétralogie consacrée par le réalisateur Kevin Connor à quatre des « Mondes perdus » imaginés par au début du vingtième siècle. Les amateurs d’aventures exotiques et d’explorateurs/trices confrontés à des dinosaures ou à des civilisations disparues pourront donc également se tourner vers Centre Terre, septième continent (1976) et Les sept cités d’Atlantis (1978). Mais pour l’heure, revenons au Continent oublié.

Le continent oublié est le seul des quatre films de Kevin Connor adaptés de Burroughs dont le héros n’est pas Doug McClure : il n’apparaîtra ici que dans le dernier tiers du film, et durant une longue scène d’évasion / éruption de volcan qui occupera une large portion du métrage. Comme on l’a dit plus haut, le héros de celui-ci est incarné par Patrick Wayne, mais on retiendra surtout du film les deux personnages de femmes que tout oppose : d’un côté on aura donc Sarah Douglas, qui incarne une femme libre et émancipée, maniant aussi bien les armes que le verbe, comme le prouve une poignée de punchlines assassines adressées aux hommes qui l’entourent. De l’autre côté, on trouvera , qui incarne au contraire la femme « objet » du film, quasi-muette et arborant un décolleté tellement audacieux que les producteurs craignirent qu’il ne leur pose des problèmes vis à vis de la censure. s’était d’ailleurs faite connaître en tenant un rôle similaire environ dix ans plus tôt dans la formidable série B de la Hammer intitulée Le peuple des abîmes (1968). Mais que les producteurs du Continent oublié n’aient pas fait preuve d’une grande imagination dans le choix des acteurs révèle en fait surtout le côté vraiment « anachronique » du film de Kevin Connor, qu’on imaginerait plutôt avoir été réalisé dix, voire même vingt ans plus tôt. Difficile d’imaginer en effet qu’ait pu voir le jour en 1977 un film aussi kitsch, proposant des effets spéciaux d’un autre âge, surimpressions surannées, matte paintings exagérément visibles, dinosaures en carton-pâte ou prenant la forme de marionnettes… Difficile à croire quand on pense qu’en 1976 sortait le King Kong de John Guillermin, et qu’en 1977, soit la même année que Le continent oublié sortaient des films tels que ou

Mais paradoxalement, c’est dans ce côté suranné et « bricolé », et grâce à ses effets spéciaux faits de bouts de ficelle dans une bonne humeur que l’on imagine volontiers potache que Le continent oublié s’avérera le plus charmant et le plus attachant. Et si les attaques de dinosaures sont finalement assez rares et espacées au cœur du film, l’ensemble s’avère toujours suffisamment généreux, rythmé et fun pour maintenir l’attention, même dans son dernier tiers qui suit les personnages éviter les explosions sur des effets sonores entêtants d’éruptions volcaniques de bandes dessinées. La photo signée Alan Hume (Le retour du Jedi) nous propose d’ailleurs quelques compositions de plans véritablement somptueuses, annonçant avec cinq ans d’avance certains plans de Conan le barbare (1982). Ne boudons donc pas notre plaisir : les amateurs de bis et de films d’aventures en mode kitsch – ici probablement assumé – se régaleront probablement de ce petit trésor oublié n’ayant d’autre prétention que de nous divertir pendant une heure et demie.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Le continent oublié vient donc de faire son apparition sur support Blu-ray, sous les couleurs de Rimini Éditions. Le master s’imposera d’entrée de jeu comme assez excellent, imposant un piqué précis tout en respectant la granulation d’origine du film. La colorimétrie et les contrastes ont été tout particulièrement soignés, même si on pourra dénoter de petits problèmes de stabilité sur certaines séquences. Dans l’ensemble, le transfert a été tout particulièrement soigné et s’avère absolument satisfaisant : l’achat est donc chaudement recommandé ! Côté son, même constat d’excellence avec la présence d’une VO et d’une VF mixées en LPCM Audio 2.0 : les deux versions s’avèrent d’une belle clarté acoustique et et offrent un bon équilibrage dialogues / effets sonores, tout en rendant clairement honneur à la bande originale du film, signée John Scott.

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose de retrouver l’intégralité des suppléments disponibles sur l’édition américaine de chez Kino Lorber (2016). On commencera le commentaire audio de Kevin Connor et Brian Trenchard-Smith, qui nous arrive bel et bien avec les indispensables sous-titres français. Nous avons tout d’abord cru l’inverse et nous faisons notre MEA CULPA à ce sujet : le lecteur Blu-ray / 4K de la X-Box One, utilisé dans un premier temps pour la rédaction de ce test, ne les affichait pas du tout. En revanche, ils apparaissent bel et bien sur les autres platines sur lesquelles nous avons essayé ce Blu-ray du Continent oublié, de marque Toshiba, Panasonic et Samsung. Toutes nos excuses à l’éditeur, et un grand merci à ce dernier pour sa vigilance, qui nous a permis de rectifier cette erreur.

On enchaînera ensuite avec un entretien avec Sarah Douglas (20 minutes), qui se remémore avec plaisir le tournage du Continent oublié, qui a marqué un tournant dans sa carrière et dont elle semble encore aujourd’hui plutôt fière, ne serait-ce que pour son côté familial et intergénérationnel. Elle évoquera l’ambiance sur le tournage et ses fous-rires aux côtés de Dana Gillespie, et quelques anecdotes liées à la suite de sa carrière, telles que celle de son audition pour Superman s’étant assez mal déroulé, qui lui vaudrait finalement le rôle le plus célèbre de sa carrière. On poursuivra ensuite avec un entretien avec Dana Gillespie (24 minutes), qui évoquera également ses souvenirs du tournage du film, et parlera à de nombreuses reprises de sa poitrine scotchée dans sa tenue afin qu’elle ne révèle rien même durant les séquences de course ou les cascades. D’une façon assez amusante, elle soulignera le fait que son nom soit souvent prononcé de façon erronée en « Gillepsie »… Erreur qui sera d’ailleurs réitérée dans le sujet produit par Rimini Éditions sur ce Blu-ray ! Elle évoquera également sa carrière de chanteuse et ses collaborations avec David Bowie. La traditionnelle bande-annonce du film est également de la partie.

Last but not least, Rimini nous propose également un sujet documentaire intitulé Retour à Caspak (22 minutes) qui s’avérera assez formidable. Faisant des infidélités aux sujets parfois un peu « from outer space » des équipes de Rose Night, l’éditeur a cette fois fait appel à l’excellent Alexandre Jousse (réalisateur des courts-métrages Massacre au débouche chiotte et de sa suite tardive Massacre au débouche chiotte II) qui nous livre ici un sujet absolument passionnant, complet et extrêmement informatif, prenant grand soin d’illustrer par exemple les différentes techniques d’effets visuels utilisées sur le film par des reconstitutions en images de synthèse créées par Jean-Manuel Costa. Ce retour sur le tournage du Continent oublié nous permettra également d’apprendre que la sortie en Blu-ray du Sixième continent est dans les tuyaux du côté de chez Rimini Éditions. On en frétille d’impatience !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles