Test Blu-ray : La loi de Murphy

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États-Unis : 1986
Titre original : Murphy’s law
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h40
Genre : Policier, Thriller
Date de sortie cinéma : 9 juillet 1986
Date de sortie DVD/BR : 20 mai 2021

Vétéran de la police de Los Angeles, devenu alcoolique depuis son divorce, le coriace inspecteur Jack Murphy plonge dans un véritable cauchemar le jour où il reçoit un appel anonyme signant son arrêt de mort. Lorsque son ex-femme, Jan, est assassinée, Murphy devient le suspect numéro 1. Arrêté par ses propres collègues, il n’a pas d’autre choix que de s’évader et de pourchasser lui-même le tueur qui l’a piégé…

Le film

[4/5]

Pour resituer un peu le contexte, est sorti sur les écrans du monde entier en 1986 – à une époque où la carrière de était quasi-exclusivement consacrée à la Cannon, et où il ne travaillait plus ou presque qu’avec son camarade , avec qui il tournerait rien de moins que neuf longs-métrages entre 1976 et 1989.

S’il ne s’agit certes pas de leur plus gros succès populaire, conserve encore aujourd’hui une certaine aura dans la filmographie 80’s de , dans le sens où il s’agit d’un des films où l’acteur tente un peu de faire « évoluer » son personnage, plutôt que de simplement reprendre le schéma du Justicier dans la ville, avec l’éternelle figure du flic bourru obligé de faire justice par lui-même parce que sa famille est dans la ligne de mire d’un criminel.

Jack Murphy, le flic incarné par Papy Bronson dans , reste un flic bourru aux méthodes volontiers expéditives ; cependant, il s’agit aussi d’une espèce d’épave, un vieux policier crado ayant sombré dans l’alcool suite à son divorce. De la même manière, l’intrigue du film le place d’entrée de jeu en difficulté – accusé du meurtre de sa femme, il sera en cavale durant une bonne partie du métrage. Pour compliquer un peu l’affaire, il se verra accompagné d’une délinquante, Arabella McGee (), avec qui il devra cohabiter afin de trouver le responsable de la mort de son ex-femme. Mine de rien, recyclera donc également sans vergogne les codes du buddy movie du début des années 80, avec un inévitable rapprochement entre ces deux personnalités que tout oppose.

C’est ainsi avec un certain plaisir que l’on suivra se plier aux codes d’un genre qui ne lui est pas familier – on ne pourra pas cette fois lui reprocher de survoler le film en mode « pilote automatique ». Volontiers bourrin et plutôt bien rythmé, bénéficie du talent au scénario de , futur scénariste du Justicier braque les dealers, qui se fend ici d’un récit généreux et vraiment fun, dans la droite lignée des scenars décomplexés qu’il livrait au public à l’époque, tels que Big Score (1983), de et avec Fred Williamson, ou encore le très méconnu Au-dessus de la loi (Number one with a bullet, 1987), excellent buddy-movie avec Robert Carradine et Billy Dee Williams.

Mais surtout, ce qui fera de un des Bronson les plus attachants des années 80 est probablement son humour, le film s’avérant tout de même un bon gros monument de nawak et de déconnade, avec des moments vraiment, mais alors vraiment, amusants – parfois intentionnellement, parfois moins. Chaque ligne de dialogue du personnage d’Arabella est composée d’insultes pas piquées des hannetons, aussi hilarantes qu’immatures. A ce titre, la version française du film est vraiment tout particulièrement soignée et marrante, ce qui contribue à faire du film un des sommets de la filmographie 80’s de Papy Bronson.

On admettra également que est assez généreux en termes d’action, nous livrant une poignée de scènes plutôt plus impressionnantes qu’à l’accoutumée dans les films de Bronson. Et la poursuite à l’aéroport, qui verra la mort pour le moins expéditive d’un hôtesse prise en otage, ne sera qu’une mise en bouche, nous préparant à une immense et très efficace scène d’action finale prenant place dans le Bradbury Building à Los Angeles. L’architecture du lieu permet à de signer une excellente petite scènes d’action, évoquant un peu malgré elle le final de Guet-apens (Sam Peckinpah, 1972) ou celui de L’esprit de Cain (Brian De Palma, 1992).

Bien entendu, n’a pas le talent de formaliste et de metteur en scène qui lui aurait permis de faire de cette scène une véritable « date » dans le genre, mais le final reste étonnamment efficace et burné, avec une belle punchline de Papy Bronson (« Honneur aux dames »). En vieux briscard du cinéma, il insuffle néanmoins un ton et un rythme à son film qui permettent à de supporter sans peine des visions répétées. Un très bon moment !

Le Blu-ray

[4/5]

On remercie chaleureusement , qui mois après mois étoffe toujours un peu plus sa collection de Blu-ray consacrée à . En attendant l’hypothétique sortie de films de violence tels que La cité de la violence (1970) ou L’enfer de la violence (1984), on se régalera ce mois-ci de l’arrivée au format Blu-ray de .

Côté transfert Haute-Définition, c’est du tout bon, mais l’ensemble est globalement très doux, et manque peut-être d’un peu de piqué. Sinon, on ne dénotera pas de problème particulier de compression, la définition est bonne, les gammes de couleurs – principalement automnales – sont bien rendues, même si bien sûr le master du film ne semble pas de première jeunesse (points blancs, traits verticaux…). Mais il faut être honnête, on s’en contentera tout à fait, d’autant que la redécouverte du film en Blu-ray en France n’était pas gagnée d’avance. Côté son, la galette nous propose un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 en version originale et version française d’origine. L’ensemble est net, fin, précis : du beau travail.

Du côté des suppléments, nous propose, en plus de la traditionnelle bande-annonce, une présentation du film par Gérard Delorme (11 minutes). Il y reviendra notamment sur les problèmes rencontrés sur la production du film, sur le choix de l’actrice face à Papy Bronson, ou encore sur le tournage du final au cœur du Bradbury Building de Los Angeles.

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