Test Blu-ray : Jack Arnold, géant de la peur

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S’il est sans conteste un des noms les plus (re)connus en ce qui concerne le cinéma de science-fiction américain des années 50, n’a finalement que très peu versé dans le genre. En effet, sur les 85 réalisations que rapporte le site de référence IMDb, étalées sur plus de trente ans, on ne compte que six contributions au genre : Le météore de la nuit (1953), L’étrange créature du lac noir (1954), La revanche de la créature (1955), (1955), L’homme qui rétrécit (1957) et Le monstre des abîmes (1958). Passé cet âge d’or, ce solide technicien touche à tout s’est par la suite essentiellement consacré à la réalisation de téléfilms et séries TV.

Néanmoins, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en cinq ans seulement, Jack Arnold a su marquer la mémoire des cinéphiles de façon indélébile ; aujourd’hui, et après avoir édité l’été dernier Le météore de la nuit, nous propose de redécouvrir Tarantula et L’homme qui rétrécit, réunis au cœur d’un coffret contenant deux Blu-ray et appelé « Jack Arnold, géant de la peur »…

 

 

Tarantula


États-Unis : 1955
Titre original : –
Réalisateur : Jack Arnold
Scénario : , , Jack Arnold
Acteurs : , ,
Éditeur : Elephant Films
Durée : 1h20
Genre : Science-fiction
Date de sortie cinéma : 12 octobre 1956
Date de sortie DVD/BR : 11 juillet 2017

 

 

Après avoir reçu accidentellement une injection de sérum nutritif, une tarentule se met à grossir jusqu’à atteindre des proportions monumentales…

 

 

L’homme qui rétrécit


États-Unis : 1957
Titre original : –
Réalisateur : Jack Arnold
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : Elephant Films
Durée : 1h21
Genre : Science-fiction
Date de sortie cinéma : 17 mai 1957
Date de sortie DVD/BR : 11 juillet 2017

 

 

Quelques mois après avoir été enveloppé par un brouillard radioactif, Scott Carey se met à rétrécir, chaque jour un peu plus…

 

 

Si le plaisir de revoir ces deux classiques de la science-fiction des années 50 est indéniable, on ne peut qu’avouer qu’Elephant a eu le nez fin en couplant les deux films de Jack Arnold dans un seul et même coffret, pour la simple et bonne raison que Tarantula et L’homme qui rétrécit n’ont pas atteint la postérité de la même manière.

Atteignant l’âge plus que respectable de 60 ans cette année, L’homme qui rétrécit demeure, malgré les années, un immense chef d’œuvre, une réussite absolue du genre. Ecrit par Richard Matheson, dont le talent n’est plus à prouver, réalisé par un Jack Arnold en état de grâce, le film met en scène, comme son titre l’indique, un personnage malchanceux plongé dans les méandres du rapetissement après avoir été en contact avec un nuage radioactif… Court et parfaitement rythmé, L’homme qui rétrécit réservera au spectateur quelques passages immédiatement anthologiques, développant un suspense fort et assez incroyable, surtout si l’on prend en compte le postulat de départ de l’intrigue, plutôt fantaisiste. Mais contre toute attente, le spectateur tremblera devant les démêlés de Grant Williams aux prises avec un chat, une araignée, ou une fuite d’eau prenant des allures de déluge ; les effets spéciaux sont simples et le plus souvent impeccables (seul un malencontreux effet de transparence a échappé à la vigilance de l’équipe technique), et le film impose de plus un final très surprenant, jonglant habilement avec des concepts philosophiques qu’affectionnait tout particulièrement Richard Matheson. Un chef d’œuvre, qui influencerait beaucoup tout un pan de la science-fiction durant les années qui suivraient, et dont on trouverait encore des traces dans les années 80, avec des films tels que The incredible shrinking woman (Joel Schumacher, 1981) ou Chérie, j’ai rétréci les gosses (Joe Johnston, 1989).

En comparaison de la classe et du côté « définitif » du film de 1957, Tarantula, réalisé deux ans auparavant par Jack Arnold, peine en revanche d’avantage à convaincre totalement, malgré quelques aspects très sympathiques. Pour vous en convaincre, on vous laisse découvrir la critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff :

« Tarantula pourrait être sympathiquement second degré, mais on s’ennuie hélas quand même un peu. Le rythme est inexistant et la tarentule que l’on espère menaçante, au moins un peu, ne l’est jamais. Elle apparaît de temps en temps, suivant une voiture sans but, se cachant derrière une petite montagne, disparaissant et réapparaissant au gré d’un montage hasardeux. Les transparences sont approximatives, les perspectives ne sont jamais respectées et pas la moindre cohérence à l’œuvre dans un scénario qui ne décolle jamais. Premier problème, deux des savants fous sont morts dès le début de l’histoire et le troisième est le moins méchant du trio, presque plus victime que coupable. Leo G.Carroll, d’habitude excellent (La mort aux trousses en patron de Eva Marie-Saint) est ici plus que moyen. Sa métamorphose est délicieusement désuète, avec un maquillage efficace de Bud Westmore, un des plus grands experts de l’époque. Mais l’intrigue ne se sert pas de sa transformation de façon intéressante.

Quelques petits éléments sont amusants a posteriori. L’explication du savant pour justifier les actions dangereuses menées est la crainte d’une famine généralisée, pour les « quatre milliards » d’habitants que comptera la planète en 2000, chiffre sous-estimé mais tout de même visionnaire. Les crises d’aujourd’hui annoncées dans une série B approximative, c’est plutôt drôle. L’emploi du napalm pour détruire l’araignée géante, qui ressemble plus à une mygale qu’à une tarentule, prend une drôle de dimension avec le recul. Enfin, on peut s’amuser de l’apparition de Clint Eastwood à peine décelable en pilote d’avion dont le bas du visage est caché par son masque et qui s’exprime à peine. S’il est possible de le reconnaître, c’est essentiellement grâce à ses yeux si expressifs. Mais honnêtement, il faut le savoir… »

 

 

Le coffret Blu-ray

[4,5/5]

Quelques mois après ses éditions plus que recommandables du Retour de la créature et du Météore de la nuit, Elephant Films continue sur sa lancée avec ce coffret « Jack Arnold, géant de la peur ». Et on ne pourra que tirer notre chapeau à l’éditeur, qui nous livre sur les deux films des masters assez superbes. Les copies sont stables, le rendu HD est de toute beauté, avec un grain cinéma respecté aux petits oignons, et des contrastes finement travaillés. La restauration a fait place nette, mettant au ban rayures et autres griffes disgracieuses, et propose une image d’une stabilité remarquable (avec néanmoins quelques fourmillements discrets sur certaines séquences). Côté son, l’éditeur nous propose une version originale en DTS-HD Master Audio 1.0 mono sur les deux films, sans souffle ni bruits parasites. Les dialogues sont parfaitement clairs, et les sous-titres ne souffrent d’aucun problème particulier. La VF d’origine, pleine de charme, est également incluse sur L’homme qui rétrécit. Du beau travail éditorial.

Côté suppléments, l’éditeur nous propose, outre les traditionnelles séries de bandes-annonces et de galeries photos, une passionnante présentation de chaque film signée par le vétéran Jean-Pierre Dionnet. Claires, concises, déclamées avec classe et passion, ces deux mises en bouche sont, comme d’habitude avec le papa du « Cinéma de Quartier » de Canal +, à la fois synthétiques et intéressantes, et s’avèrent l’une comme l’autre un véritable plaisir à suivre. On retrouvera également sur chaque Blu-ray la même présentation du cinéma de Jack Arnold, toujours signée Jean-Pierre Dionnet.

 

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