Test Blu-ray : Horribilis

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États-Unis, Canada : 2006
Titre original :
Réalisation :
Scénario : James Gunn
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h35
Genre : Horreur, Comédie
Date de sortie cinéma : 19 avril 2006
Date de sortie DVD/BR : 22 juillet 2020

Une météorite percute la Terre. Une masse informe s’en extrait et grandit en ingérant un à un les habitants d’une ville des Etats-Unis. Le Blob se glisse partout pour traquer ses proies et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Dans cette ambiance d’enfer, Meg Penny et Brian Flagg, tentent de survivre, alors qu’une mystérieuse équipe gouvernementale met la ville en quarantaine…

Le film

[4,5/5]

La carrière de cinéaste de James Gunn est assez incroyable. S’il est aujourd’hui à la tête de deux gros blockbusters à la fois pour DC Comics (Suicide Squad) et pour Marvel (Les gardiens de la galaxie 3), cela n’a pas toujours été le cas. En effet, on oublie souvent que le mec a débuté chez ces tarés de Troma Entertainment (lire notre article), écrivant et tournant des films trash de série Z pour le compte de Lloyd Kaufman. Début 2000, il parvient à se faire remarquer à Hollywood en signant les scénarios de Scooby-Doo, L’armée des morts, Scooby-Doo 2 : Les monstres se déchaînent ou encore de LolliLove, que réaliserait son épouse Jenna Fischer en 2004. La révélation en tant que cinéaste vient en 2006 avec Horribilis, qu’ESC Éditions a eu la très bonne idée de ressortir en Blu-ray le mois dernier.

Réalisé pour le compte de Gold Circle Films, Horribilis avait eu la chance de se voir distribué à l’international par Universal Pictures. Cependant, on ne peut pas dire que le film de James Gunn ait réellement rencontré le succès lors de son exploitation dans les salles : il ne réunirait en effet que 12 millions de dollars de recettes (pour un budget de 15), et n’attirerait même pas 50.000 français dans les salles obscures, sur un circuit pourtant relativement confortable de 144 salles. Pour autant, et dès sa sortie, Horribilis a été largement salué par la critique, et notamment par la presse spécialisée, qui le considérait – à raison – comme le meilleur film horrifique sorti en 2006. L’aura du film, durable et quasi-unanime, sa tonalité mais aussi et surtout les merveilles qu’il parvenait à obtenir à partir d’un petit budget ont d’ailleurs probablement en partie contribué au fait de voir débarquer James Gunn aux commandes des Gardiens de la galaxie quelques années plus tard.

Le moins qu’on puisse dire en effet, c’est qu’avec ses gerbes de sang giclant fièrement tels des geysers grumeleux, Horribilis s’impose sans le moindre mal comme une zéderie incroyablement généreuse, nourrie de tout l’esprit Troma des débuts de James Gunn, le budget et la « production value » en plus. Convoquant tout à la fois les films de contamination à la David Cronenberg, le film de zombies à la Romero et la décontraction cool du duo Stuart Gordon / Brian Yuzna, Horribilis détruit littéralement tout sur son passage, rendant hommage sans jamais tomber dans le plagiat, multipliant les références au grands films fantastiques du passé, tout en proposant une réelle valeur ajoutée. Ainsi, avec son intrigue à base de météorites et de gros slime peu ragoutant, Horribilis pourra d’ailleurs évoquer un autre film édité tout récemment par ESC Éditions : l’excellent Le Blob, réalisé par Chuck Russell (lire notre article).

Porté par des acteurs épatants (Elizabeth Banks, Gregg Henry, Michael Rooker), Horribilis nous propose de plus une bonne grosse pincée d’humour noir plutôt hargneux à la Frank Henenlotter. Cet humour et cet esprit potache – proche de la « Fuck You Attitude » bien punk – font du film de James Gunn une véritable perle de cinéma d’horreur régressif, blindée d’effets spéciaux formidablement suintants et dégueu. Fanatique autoproclamé de films d’horreur et de science-fiction, James Gunn livre au public un film conscient des conventions du genre, 100% fun, irrévérencieux et gore, faisant preuve d’un second degré toujours pertinent dans le sens où il s’avère motivé par une parfaite culture des genres qu’il aborde.

Le Combo Blu-ray + DVD + Livret + Photos

[4,5/5]

Éditeur largement dévoué à la redécouverte du cinéma de genre, ESC Éditions gâte à nouveau le consommateur français avec cette formidable édition Blu-ray d’Horribilis. Proposée dans un coffret collector à tirage limité, cette nouvelle édition – qui débarque à point nommé après un DVD sorti en 2006 chez Universal – s’impose d’entrée de jeu grâce à son boîtier digipack 3 volets surmonté d’un fourreau, le tout étant de plus orné d’une illustration exclusive d’Olivier Cartheret pour ESC Éditions. Cette édition Combo comporte d’ailleurs, en plus du Blu-ray et du DVD du film, un poster 40 x 48 cm de l’affiche d’Olivier Cartheret, un livret de 20 pages rédigé par Marc Toullec ainsi qu’un jeu de cinq photos du film (tirage argentique).

Côté Blu-ray, ESC nous propose de redécouvrir Horribilis dans un Blu-ray somptueux, proposé au format 1.85 respecté et encodé en 1080p. En l’espace de quelques minutes, on pourra confirmer que le Blu-ray enterre littéralement le DVD Universal de 2006 : on comprend ainsi enfin ce qu’il se passe à l’écran durant les scènes nocturnes. Le grain argentique a été scrupuleusement préservé, même s’il est naturellement un peu plus épais pendant les séquences nocturnes ou en basse lumière. Le piqué est précis, les couleurs explosives, bref, c’est du tout bon… Côté son, la VF et la VO bénéficient de mixages DTS-HD Master Audio 5.1. Les deux versions rivalisent cependant d’effets d’ambiance, en particulier durant les impressionnantes scènes nous permettant de découvrir les créatures dégueu du film, notamment durant les dernières scènes et la découverte d’un Michael Rooker en mode Jabba le Hut. Le caisson de basse fait également son office, renforçant clairement l’impact des scènes de flippe.

Dans la section suppléments, ESC Redditions mélange l’ancien et le nouveau, avec des bonus inédits et d’autres déjà visibles sur le DVD de 2006. On commencera donc avec les sujets inédits : le premier est une présentation du film par Gilles Penso (15 minutes), au cœur de laquelle le co-réalisateur du documentaire Phil Tippett – Des Rêves et des monstres (lire notre article) reviendra sur la singulière carrière de James Gunn, sur ses influences avant de s’attaquer à Horribilis, dont il proposera un tour complet, de l’écriture du scénario aux problèmes rencontrés sur le tournage. On continuera ensuite avec un entretien avec James Gunn (30 minutes). On y apprendra que le cinéaste ne prévoyait pas à l’origine de passer derrière la caméra pour réaliser le film. Il reconnaît cela dit l’importance qu’a pu avoir cette expérience para rapport à la suite de sa carrière. Il évoquera également le choix des acteurs, les différentes thématiques abordées par le film ainsi que la place qu’occupe Horribilis dans sa filmographie.

Le reste des suppléments était déjà disponible sur le DVD de chez Universal, mais reste le plus souvent tout à fait intéressant. On commencera avec une large sélection de scènes coupées et/ou étendues (17 minutes), pour enchainer avec le classique bêtisier (8 minutes) et son lot d’éclats de rire et de prises ratées. On continuera à rire avec un sujet sarcastique dédié à l’acteur Nathan Fillion, vu par les membres de l’équipe et du casting (5 minutes). On retrouvera juste après l’acteur pour une « visite guidée » du plateau (5 minutes), qui s’avère l’occasion de rencontrer à nouveau plusieurs membres de l’équipe. Ce sera ensuite au tour de Lloyd Kaufman de proposer au public une visite du plateau et des coulisses (9 minutes), tout en évoquant les premières années de James Gunn au service de Troma Entertainment. Comme toujours avec Kaufman, l’ensemble est drôle et plutôt enlevé. Le reste des suppléments sera d’avantage tourné vers les effets spéciaux du film, avec tout d’abord une longue featurette consacrée aux créatures du film (19 minutes) donnant la parole au superviseur des effets spéciaux de maquillage Todd Masters, au superviseur des effets visuels John Gajdecki ainsi qu’à Michael Manzel, Nicholas Podbrey et Adam Behr, qui reviendront sur leur boulot sur le film. Une autre featurette se concentrera quant à elle d’avantage sur l’évolution des effets visuels (5 minutes) à travers une poignée d’extraits du film à différentes étapes de la finalisation des effets spéciaux. Un amusant sujet est consacré à la fabrication de faux sang (3 minutes), aux côtés de Kurt Jackson, un des responsables des effets du film. Un tuto amusant si vous voulez en mettre plein la vue des voisins à Halloween. Enfin, une featurette qui fera office de making of (10 minutes) reviendra de façon plus conventionnelle sur la réalisation du film, les images volées sur le plateau étant entrecoupées d’entretiens avec James Gunn, Eric Newman et Paul Brooks (producteurs), ainsi que les acteurs Nathan Fillion, Michael Rooker, Elizabeth Banks, Tania Saulnier et Gregg Henry. On terminera enfin avec l’habituelle bande-annonce.

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