Test Blu-ray : Hell night

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États-Unis : 1981
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h40
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 22 mai 2020

Pour leur initiation, quatre nouveaux membres d’une association étudiante doivent passer la nuit dans un vieux manoir abandonné. Douze ans plus tôt, le propriétaire du manoir a tué sa famille avant de se donner la mort. Selon la légende, un membre de la famille aurait survécu et hanterait le manoir…

Le film

[3/5]

La production, le tournage, la réputation ainsi que la pérennité de Hell night se sont construits sur la personnalité de Linda Blair. Une actrice qui, en l’espace d’un éclair, deviendrait une légende du cinéma de genre grâce à un seul et unique rôle : celui de la jeune Regan dans L’exorciste. Une renommée instantanée, acquise à la force du poignet à grands coups de crucifix dans la schneck et de « Dieu me baise, Dieu me baise ». Jetée sous les feux des projecteurs en 1973, propulsée ado star à seulement 14 ans, elle ne tarderait pas à trouver le chemin des tabloïds. En décembre 1977, elle est en effet arrêtée à Miami pour détention de cocaïne et trafic de stupéfiants. L’affaire fait scandale à Hollywood et le cinéma ferme ses portes à la jeune actrice, à commencer par ses agents de l’époque. Ainsi, et alors que son cœur la portait plutôt vers des films plus légers, dans lesquels elle pourrait mettre en avant ses talents pour l’équitation (Wild horse Hank) ou le patinage (Les challengers), elle se retrouvera un peu contrainte et forcée de retourner vers le cinéma d’horreur avec Hell night en 1981. Elle finirait néanmoins par y prendre goût, puisqu’elle connaîtrait dans les années 80 les joies du bis et du cinéma d’exploitation tendance trash et caniveau. Flirtant dans un premier temps avec l’érotisme, elle s’y vautrerait joyeusement par la suite, en posant notamment pour Playboy en 1983 – ce qui mettrait définitivement fin à ses velléités de carrière Hollywoodienne.

Quarante ans après la sortie du film dans les salles, la présence à l’écran de Linda Blair – pourtant pensée comme l’attraction principale du film – n’apparaîtra au final qu’assez secondaire au spectateur contemporain. En effet, l’aspect le plus intéressant de Hell night est en réalité l’atmosphère qui s’en dégage. Le soin apporté par le réalisateur Tom DeSimone à exploiter le plus efficacement possible son décor est en effet assez remarquable, et l’état de fatigue – voire même de panique – des acteurs, exténués par un tournage à rallonge, se ressent tout particulièrement à l’écran. Cela peut certes paraitre étonnant de la part d’un réalisateur quasi-inconnu, ayant fait ses armes dans le porno gay et dont la carrière au cinéma ne compte au final que quelques films, mais le fait est que DeSimone s’en tire bien, surtout étant donné la base scénaristique dont il dispose.

Car bien sûr, l’intrigue imaginée par Randy Feldman (Tango & Cash) ne cherche pas – bien loin de là – à révolutionner le genre horrifique. Quatre jeunes gens (dont deux en chaleur) dans une maison hantée, une légende, des blagues cruelles et bien sûr un vrai tueur qui commence à décimer ces petits rigolos. Reprenant les règles du slasher, Hell night va droit au but, plaçant rapidement les personnages dans la maison, qui bien sûr a été décorée pour l’occasion à la façon d’une vieille demeure gothique sortie d’un film de la Hammer. Autre hommage aux grandes heures du cinéma gothique, nos étudiants sont costumés, ce qui ajoute une touche de « folie » à l’ensemble, tout en rappelant Le monstre du train, tourné par Roger Spottiswoode la même année, et avec qui Hell night entretient quelques similitudes.

Ainsi, malgré un déroulement globalement assez routinier, suivant d’un côté les étudiants à l’intérieur et ceux à l’extérieur de la maison, le film de Tom DeSimone parviendra à conserver son attrait sur le spectateur pendant toute sa durée. Les personnalités des différents personnages, tenant du stéréotype pur et dur, sont certes assez limitées, mais elles sont efficaces, proposant deux conceptions radicalement différentes de « l’amour étudiant », et justifiant de façon finalement assez efficace le peu d’interactions entre les deux couples. Les scènes de suspense sont exécutées avec plus ou moins de bonheur, les meurtres manquent un peu d’audace graphiquement parlant, mais la réussite du film réside d’avantage sur son décor et son ambiance générale que sur les outrances. Sympathique !

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez Rimini Editions depuis le 22 mai, Hell night s’offre aujourd’hui un lifting Haute-Définition sur galette Blu-ray auquel personne ne s’attendait réellement. Une bonne nouvelle pour les amateurs de slashers et de cinéma d’horreur made in 80’s, d’autant que le film de Tom DeSimone rejoint les rangs de la très riche collection de films d’horreur estampillés années 70/80 de Rimini, et sera bientôt rejoint par le singulier – et formidable – Incubus, également sorti en 1981.

Aussi bien côté image que côté son, le master proposé par l’éditeur est de bonne tenue ; le film est proposé au format 1.85:1 respecté et encodé en 1080p. Le piqué est d’une relativement précis, le grain cinéma est présent, mais il faut bien sûr prendre en considération la douceur de la photo du film, signée Mac Ahlberg. Le master est sombre, mais les couleurs et les contrastes semblent avoir été soignés. L’ensemble est donc tout à fait recommandable. Rien à redire non plus sur le mixage audio, proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, à la fois en VF et en VO, au rendu acoustique clair, net, sans souffle et plutôt bien équilibré, avec néanmoins une nette domination de la version originale sur son équivalent français.

Côté suppléments, Rimini Editions nous propose de retrouver une partie des suppléments disponibles sur l’édition Blu-ray américaine de chez Shout Factory (2018). On trouvera donc tout d’abord un entretien avec Linda Blair (35 minutes) au cœur duquel l’actrice alors âgée de 59 ans revient tout d’abord rapidement sur sa carrière, ainsi que sur les différents grands cinéastes avec qui elle a tourné (William Friedkin, Richard Donner…). Elle évoquera ensuite le film, qu’elle considère comme un classique « familial » du cinéma d’horreur, sa découverte du scénario, excellent, formidable. Elle reviendra également sur le tournage du film, éreintant, six semaines à tourner 16 heures par jour avec un seul jour de repos par semaine, ses relations avec les acteurs et l’équipe, etc, etc. En 35 minutes, elle réussirait presque à nous faire croire qu’Hell night est la pièce maîtresse de sa filmographie, loin devant L’exorciste. On poursuivra ensuite avec un entretien avec le réalisateur Tom DeSimone (27 minutes), qui partagera avec le spectateur des souvenirs un peu plus modestes. Il évoquera sa carrière de metteur en scène dans le porno gay et son arrivée sur Hell night. Il reviendra également sur quelques anecdotes et sur la popularité tardive du film, une poignée de spectateurs lui vouant en effet un culte ardent et vivace. On terminera enfin avec un entretien avec le directeur artistique Steven Legler (23 minutes), qui reviendra tout particulièrement sur le domaine de Kimberly Crest (Californie), qui servait de décor principal au film. Il évoquera son travail aux côtés du directeur de la photo ou encore la « recomposition » des différentes parties du manoir pour qu’elles prennent place de façon cohérente dans « l’espace » propre au film. Très intéressant !

Enfin, on terminera avec le traditionnel livret de 20 pages signé Marc Toullec, exclusif à cette édition. Richement illustré, il reviendra de façon très intéressante sur la genèse et le tournage du film, le tout étant entrecoupé d’entretiens sans langue de bois avec quelques membres de la production (Frank Darabont, Tom DeSimone). Une poignée d’éléments repris par Marc Toullec dans le livret viennent contredire certains des propos tenus par Linda Blair dans les bonus du Blu-ray.

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