DVD Séries TV — 05 juin 2019
Test Blu-ray : Harlots – Saison 2

– Saison 2

 
 
Royaume-Uni, États-Unis : 2018
Titre original : –
Créatrices : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 6h00 environ
Genre : Série TV, Historique
Date de sortie DVD/BR : 5 juin 2019

 

Londres, XVIIIème siècle. La guerre sans merci entre deux maisons closes s’intensifie lorsque Charlotte, la fille de Margaret Wells, rejoint la maison concurrente de Lydia Quigley ! Les deux tenancières vont ainsi s’opposer jusqu’à tenter de complètement éliminer leur rivale de l’échiquier…

 


 

La saison

[4/5]

Porte-drapeau d’une télévision féministe d’un nouveau genre, la première saison de Harlots avait plongé le spectateur au cœur d’une véritable « guerre » entre deux maisons closes du quartier de Covent Garden à Londres. Créée et développée par Alison Newman et Moira Buffini, la série a la particularité de n’être produite, écrite et réalisée que par des femmes. Des femmes qui se consacrent à d’autres femmes donc, pour tenter d’humaniser celles qui n’étaient résumées dans le Harris’s list of Covent Garden ladies (1757-1795) que par la description détaillée de leurs pratiques sexuelles. Dans Harlots, les « putains » prennent donc leur revanche, l’intrigue de la série s’attachant au contraire à mettre en avant le statut des femmes – de petite vie, mais pas uniquement, comme le montre de façon assez brillante l’introduction du personnage de Lady Fitz, incarné par – dans l’Angleterre du XVIIIème Siècle, tout autant que leur lutte perpétuelle pour obtenir un semblant de dignité ou de « liberté » au sein d’une société qui les écrase totalement.

Noir, c’est noir… On avait déjà constaté, au fil des épisodes de la première saison de Harlots, que le ton de la série devenait de plus en plus sombre et désabusé au fur et à mesure que les épisodes s’égrenaient. La fin de la saison marquait par ailleurs le début des désillusions pour le personnage de Margaret, incarné par Samantha Morton, qui voyait sa propre fille Charlotte rejoindre la maison close de sa rivale Lydia Quigley (Lesley Manville). La deuxième saison du show reprend donc au cœur d’une ambiance plus tendue et noire que jamais : les luttes de pouvoir sont plus denses et plus cruelles entre les deux tenancières de bordel. Mais cette tension sociale entre les deux maisons s’étend volontiers à toute la société Britannique de l’époque : le mot d’ordre est celui de la survie du plus fort (et/ou du plus riche), l’atmosphère est à la déliquescence morale, tous les coups sont permis pour assurer sa domination sur l’autre, la pitié et les remords ne sont pas de mise. On notera que certaines scènes de cette deuxième saison sont très difficiles, voire même insupportables : la charge à l’encontre du système – et plus généralement des hommes – est sévère.

Ce discours féroce vis-à-vis de l’Angleterre de l’époque s’avère d’autant plus remarquable que la reconstitution historique proposée par la série est très soignée, qu’il s’agisse des mentalités, de l’ambiance des rues de Londres ou des costumes qui parviennent à mettre un peu de couleur dans cet univers très noir. Et puisque le ton et le rythme du récit avaient littéralement fait des merveilles sur la première saison, la deuxième saison de Harlots proposera à nouveau au spectateur un récit « choral », comprenant de multiples personnages, même si bien sûr la plupart des arcs narratifs développés au cours de cette saison nous ramènent toujours au même trio de femmes (Margaret / Charlotte / Lydia) qui domine un peu sur tous les autres. Cependant, si la haine, les manipulations, le ressentiment et l’instinct de vengeance tiennent une bonne place dans les sous-intrigues, cette deuxième saison s’offre également quelques éclaircies au cœur du brouillard, notamment par un recours assez fréquent à l’humour, avec des dialogues souvent amusants et quelques punchlines bien senties.

Durant cette saison, le show s’offrira par ailleurs quelques petits crochets par des sous-intrigues de plus en plus violentes, qui sont autant de signes d’une société qui se radicalise dans les excès : enlèvements, meurtres, viols, châtiments corporels… En imposant ces multiples turpitudes au spectateur, Harlots démontre à quel point l’avidité (d’argent, de pouvoir, de sexe) est un vecteur de violence ; si elle n’est certes pas l’apanage des hommes, ce sont en revanche toujours les femmes qui trinquent et qui subissent les conséquences de cette violence, car elles sont systématiquement considérées comme fautives ou responsables. Voilà un aspect des choses sur lequel cette deuxième saison de Harlots pourra nous amener à méditer. En effet, avec leur style volontairement toujours sur la corde raide entre classicisme et modernité, les créatrices du show Alison Newman et Moira Buffini ne sous-entendraient-elles pas qu’en un peu plus de 200 ans, les choses n’ont pas réellement changé ? Sortez vos copies, vous avez deux heures.

 

 

Le coffret Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, Koba Films nous propose avec cette édition de Harlots – Saison 2 une expérience complète et remarquable. Dispatchés sur deux disques, les huit épisodes de la saison affichent une image de toute beauté, qu’aucun problème de compression ne vient entacher. La définition est précise, les couleurs de bonne tenue, les noirs profonds, l’image dense et agréable à l’œil : du grand Art qui claque en HD, qui cependant – tout comme la première saison du show – débarque en France en 1080i. Niveau son, les épisodes sont proposés en VF et VOST dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 immersifs et très dynamiques ; le design sonore a été travaillé avec moult bruitages et informations en provenance des quatre coins de la pièce. La VF est peut-être un peu moins intense, même si elle s’avère très soignée dans son genre.

Du côté des suppléments, on trouvera, en plus du traditionnel « espace découverte » des éditions Koba Films, un entretien avec Liv Tyler, dans lequel elle s’exprimera durant une dizaine de minutes sur son personnage et sur les défis que représentaient un rôle tel que celui de Lady Fitz. Mais ce n’est pas tout, car l’éditeur nous a également réservé un module intitulé « Secrets de tournage » (en fait un assemblage de 3 ou 4 featurettes mises bout à bout pour une durée de 10 minutes environ) : on y découvrira entre autres l’évolution vestimentaire du personnage de Charlotte entre la saison 1 et 2, la reconstitution de Convent Garden et le maquillage des actrices.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles