Test Blu-ray : Frankenstein (2015)

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États-Unis : 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Bernard Rose
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h29
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 8 mars 2016

 

 

Le Monstre se réveille. Il ne sait pas qui il est, ni ce qu’il est. C’est un innocent ; un enfant dans un corps d’adulte. Subissant la violence de ceux qui l’ont créé, il parvient à se libérer de sa geôle. Blessé et abandonné, il parcourt la ville, suscitant la crainte et l’effroi partout où il passe. Bientôt, il comprend que le monde extérieur est aussi brutal que le foyer familial…

 

 

Le film

[4,5/5]

La renommée de Bernard Rose s’est faite autour d’un seul film : . Un projet étrange, assez inhabituel, qui a eu la chance de se trouver à l’intersection, au point de rencontre de plusieurs talents à un moment précis des années 90 : une mise en scène sobre et inspirée, un scénario habilement adapté d’une nouvelle de Clive Barker, une musique entêtante, un boogeyman marquant… Un peu rapidement bombardé « master of horror », Bernard Rose n’avait cependant par la suite jamais réussi à retrouver le chemin du cœur des cinéphiles, que ce soit avec ses nouveaux films de genre (Snuff-movie, Sx tape…), ni même avec ses anciens, tels que le très dispensable Paperhouse, redécouvert à l’ère du Blu-ray et qui se révèle en fait un sous-Philip Ridley dont on se demande bien aujourd’hui comment il a pu faire un jour illusion. Autant dire donc qu’on commençait sérieusement à s’interroger sur la nature de Candyman dans l’œuvre de Rose : le film était-il destiné à rester le seul et unique chef d’œuvre de sa filmographie ?

Frankenstein nous apporte une réponse absolument inattendue : Bernard Rose ne sera pas l’homme d’un seul film. Il se pourrait même bien que cette étrange relecture de l’œuvre de Mary Shelley soit un jour considérée comme son meilleur film. Convoquant à la fois le cinéma de Paul Morrissey, celui de Philip Ridley ou encore par bien des aspects l’œuvre d’Andrew Parkinson (Moi, zombie – Chronique de la douleur, Dead creatures), ce Frankenstein prendra à coup sûr tout le monde à revers en nous proposant une production 100% indépendante à la fois poétique, formellement aboutie et souvent assez superbe, absolument premier degré dans sa narration et ne faisant aucune concession dans ses débordements, en nous proposant par exemple du gros gore qui tache bien fort dans sa première demi-heure. Une œuvre unique, qui joue tout à la fois la carte de l’épure et du grand guignol, pleine de défauts et de maladresses, mais puissante et vraiment attachante ; de plus, ce Frankenstein parvient surtout à aller bien au delà du cadre étriqué de la « simple » adaptation de plus du mythe du Prométhée post-moderne, en ajoutant par exemple une portée sociale indéniable au récit originel.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

En toute honnêteté, la découverte de Frankenstein sur support DVD / Blu-ray chez Metropolitan Vidéo nous a extrêmement étonné, car il s’agit vraiment d’un film hors normes, gonflé, proposant des scènes très dérangeantes et notamment très gore, rappelant le travail d’un maestro tel que Brian Yuzna, sans l’humour d’un Yuzna cela dit. Metropolitan Vidéo ne nous avait pas habitué à tant d’audace dans ses choix de films, et on en est très agréablement surpris : on aime de temps à autre à se faire « secouer » dans nos habitudes. On se doute certes que la sortie en vidéo du film de Bernard Rose est probablement surtout destinée à surfer sur la sortie le mois prochain de Victor Frankenstein chez Fox, mais il s’agit néanmoins d’une sortie inhabituelle pour Metropolitan – inhabituelle mais pas unique, puisque l’on pourra ranger le film de Bernard Rose dans nos DVDthèques aux côtés des premières œuvres de David Cronenberg Rage et Frissons, ou des films de Rob Zombie La maison des 1000 morts et The devil’s rejects, également édités par Metro (à quand les Blu-ray ?).

Le Blu-ray édité par Metropolitan est globalement très soigné. L’image est précise, et on ne déplore aucun problème notable d’encodage. Le piqué fluctue parfois très nettement d’une séquence à une autre, mais cela est du aux méthodes de tournage de Rose, laissant une large place à l’ambiance, à la saisie de la beauté fugace de l’instant, aux dépends parfois de la netteté des prises de vue. Les couleurs en revanche sont vraiment pétantes, et les noirs très profonds. Niveau son, VF et VO sont encodées en DTS-HD Master Audio 5.1, au mixage hyper dynamique. On notera également que la VF s’avère assez peu convaincante et ne sert pas forcément la prestation exceptionnelle de Xavier Samuel à sa juste valeur.

Du côté des suppléments, outre les bandes-annonces des sorties à venir ainsi que les trailers de deux classiques de la Hammer dont on espère sincèrement qu’ils verront le jour en Blu-ray cette année, on ne trouvera qu’une très courte featurette consacrée aux coulisses du tournage, accompagnée d’un entretien avec Bernard Rose, durant lequel il s’exprime avec intelligence sur plusieurs aspects marquants de Frankenstein.

 

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