Test Blu-ray : Flesh Gordon

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Flesh Gordon

États-Unis : 1974
Titre original : –
Réalisation : Michael Benveniste, Howard Ziehm
Scénario : Michael Benveniste
Acteurs : Jason Williams, Cindy Hopkins, Joseph Hudgins
Éditeur : BQHL Éditions
Durée : 1h28
Genre : Comédie, Science-Fiction, Érotique
Date de sortie cinéma : 26 mars 1975
Date de sortie DVD/BR : 6 avril 2021

Depuis son quartier général de la planète Porno, l’empereur Wang projette en direction de la Terre les rayons de son arme fatale. Ils ont pour effet de transformer l’humanité en une espèce beaucoup plus lubrique et sexuellement obsédée qu’elle ne l’était jusqu’à présent ! Rescapés de la frénésie sexuelle qui s’empare de l’équipage et des passagers de l’avion où ils voyageaient, le joueur de hockey Flesh Gordon et l’hôtesse de l’air Dale Ardor entreprennent dès lors de sauver leurs contemporains d’une apocalypse de débauche. À bord de la phallofusée du professeur E. Jackul, ils décollent vers le repaire de Wang…

Le film

[3/5]

Le cinéma érotique compte quelques classiques, et Flesh Gordon en fait indéniablement partie. Hommage rigolard au « serial » tout autant qu’aux grands classiques de la science-fiction des années 50, Flesh Gordon réalise un tour de force peu commun : celui de retrouver, au moins en partie, le charme suranné des bandes dont il s’inspire. Intrigue loufoque, effets spéciaux bon marché, humour au ras des pâquerettes… Le plaisir simple ressenti devant les films de SF que nous dévorions dans notre enfance se fait occasionnellement ressentir, entre deux paires de nichons estampillées 70’s.

Parce qu’évidemment, Flesh Gordon est un « film de cul ». Cependant, il convient de replacer le film dans son contexte – en 1974, tout le monde était obsédé sexuel : c’est l’année de sortie d’Emmanuelle bien sûr (9 millions d’entrées en France), des Valseuses (5,7 millions d’entrées), de Sexe fou (Dino Risi) ou encore de Portier de nuit (Liliana Cavani). La France comme les autres pays du monde souffrent de priapisme. Le temps d’une année, l’hexagone redevient la Gaule. Forcément, l’humour s’en trouve par conséquent très orienté. Flesh Gordon n’est donc pas un film à prendre au sérieux, mais vous l’aviez sans doute compris à la lecture du résumé.

Ouvertement stupide, et même franchement con comme la lune, Flesh Gordon n’est certes pas un modèle de finesse, il fait plutôt dans l’humour de cour de récré. Les auteurs n’y développent aucun tempo comique, et ne semblent même pas réellement avoir le sens du gag, car beaucoup de punchlines tombent complètement à plat. Mais à la façon d’une blague ratée et beaucoup trop longue, le film d’Howard Ziehm et Michael Benveniste fonctionne tout de même occasionnellement. Entre deux paires de nichons estampillées 70’s, bien sûr.

La construction dramatique du récit est calquée sur le serial de science-fiction des années 30, et plus particulièrement sur Flash Gordon (1936). La présence d’un « cliffhanger » au milieu du film – « Est-ce la fin ? Echec est-il le deuxième prénom de Flesh ? » – est d’ailleurs sans aucun doute un des gags les plus réussis du film. Autre élément réussi de Flesh Gordon : ses effets spéciaux. La plupart d’entre eux utilisent la méthode de la « stop-motion » popularisée par Ray Harryhausen, et sont vraiment étonnants, surtout si l’on considère que là n’était pas forcément l’ambition première du métrage. On murmure d’ailleurs que de jeunes artistes en devenir (Mike Minor, Greg Jein, John Dykstra…) ont collaboré aux effets spéciaux du film, proposant une utilisation ingénieuse de certaines techniques datées et d’objets du quotidien, détournés pour l’occasion.

On notera par ailleurs qu’Howard Ziehm est repassé derrière la caméra en 1990 pour Le retour de Flesh Gordon, une suite encore plus pipi-caca que l’original, mais bénéficiant d’effets spéciaux à nouveau vraiment épatants, entre deux paires de nichons estampillées 80’s.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est BQHL Éditions qui nous permet aujourd’hui de revoir Flesh Gordon après une médiocre édition DVD sortie en 2006 sous les couleurs d’Opening. Et on ne pourra que tirer notre chapeau à l’éditeur, qui nous livre ici un master assez superbe. Entendons-nous bien, il ne s’agit certainement pas de la copie restaurée de l’année, mais étant donné la trajectoire du film dans les salles et en vidéo, on peut affirmer sans rougir que Flesh Gordon retrouve ici un éclat inédit, avec un grain cinéma respecté aux petits oignons, et des contrastes finement travaillés. Le plus gros des rayures et autres griffes disgracieuses a été nettoyé, et BQHL nous propose une image d’une stabilité globalement remarquable. Côté son, l’éditeur nous propose à la fois la version originale en LPCM Audio 2.0 mono, en VF et VO, sans souffle ni bruits parasites, on notera qu’il s’agit du doublage français d’origine. Les dialogues sont parfaitement clairs, et les sous-titres ne souffrent d’aucun problème notable.

Côté suppléments, BQHL Éditions fait également très fort, avec tout d’abord un livret inédit de 20 pages signé par l’intarissable Marc Toullec, et qui fera office de making of rétrospectif puisqu’il reviendra sur la production (mouvementée) du film autant que sur sa pérennité. Ce dernier s’accompagnera également d’un commentaire audio du réalisateur Howard Ziehm, assez sidérant en termes d’anecdotes de tournage, ainsi que d’une riche présentation du film par Claude Gaillard (10 minutes), auteur d’un ouvrage sur les « parodies X », qui reviendra sur le statut à part du film. On terminera enfin avec la traditionnelle bande annonce.

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