Test Blu-ray : Dracula, mort et heureux de l’être

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Dracula, mort et heureux de l’être

États-Unis, France : 1995
Titre original : Dracula – Dead and loving it
Réalisation : Mel Brooks
Scénario : Mel Brooks, Rudy De Luca, Steve Haberman
Acteurs : Leslie Nielsen, Peter MacNicol, Steven Weber
Éditeur : Gaumont
Durée : 1h30
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 10 avril 1996
Date de sortie DVD/BR : 14 décembre 2022

Le comte Dracula acquiert à Londres l’abbaye de Carfax par l’intermédiaire du notaire Renfield, retrouvé dans un état de démence sur un bateau fantôme en provenance des Carpates. Une fois installé à Londres, le comte Dracula fait la connaissance de la famille Stewart, dont le père médecin dirige un asile d’aliénés à coups de lavements…

Le film

[3,5/5]

Le vrai problème avec Dracula, mort et heureux de l’être, c’est finalement probablement sa nature de comédie. Car même si le film de Mel Brooks provoquera tout de même quelques sourires (à titre personnel, on le trouve d’ailleurs beaucoup plus drôle que Sacré Robin des Bois, dont l’efficacité a pourtant été louée au-delà de toute mesure rationnelle par notre rédactrice Erika Musiedlak), le problème est bel et bien que parmi les différentes incarnations de Dracula que l’on a pu voir au cinéma ces trente dernières années, beaucoup se sont finalement révélées beaucoup plus drôles que le film de Mel Brooks.

On pense bien sûr au Dracula de Francis Ford Coppola (1992), un monument de n’importe-quoi complètement à l’ouest, à la saga Dracula 2000 de Patrick Lussier (2000-2005) ou encore au Dracula de Dario Argento (2012). Autant de nanars atomiques qui provoqueront chez le spectateur sans doute plus de fous-rires incontrôlables que Dracula, mort et heureux de l’être. C’est dommage bien sûr, d’autant que le film marquait le grand retour de Mel Brooks à la parodie de film d’horreur, un peu plus de vingt ans après son chef d’œuvre Frankenstein Junior (1974).

Mais Dracula, mort et heureux de l’être a sans conteste d’autres qualités. Il ne s’agit pas d’une parodie bon marché : Mel Brooks et son directeur photo Michael D. O’Shea se régalent en effet à recréer des décors et des éclairages empruntant bien plus à la grande période de la Hammer Films ou de la Universal qu’à l’esthétique baroque utilisée par Francis Ford Coppola sur son Dracula. Les costumes, les décors et les effets visuels ont également très soignés. Visuellement, le film s’avère donc une époustouflante réussite, dans le sens où il parvient à faire revivre, le temps d’un film, la magie d’un genre depuis longtemps en sommeil.

Le scénario de Dracula, mort et heureux de l’être est signé Mel Brooks, avec l’appui de Steve Haberman et Rudy De Luca, deux de ses collaborateurs réguliers. Steve Haberman a commencé à travailler avec Mel Brooks au début des années 90, tandis que Rudy De Luca écrivait régulièrement pour lui depuis le début des années 70. On retrouve leurs deux noms au générique du film Frankenstein, Dracula et les autres (Transylvania 6-5000, 1985), par ailleurs écrit et réalisé par Rudy De Luca. Quasiment inconnue en France, cette petite comédie fantastique mettant en scène Jeff Goldblum et Geena Davis avait bénéficié d’une diffusion à la télé française à la fin des années 80, sur La 5 ou M6.

La modernité n’est de fait pas le point fort de l’humour de Dracula, mort et heureux de l’être, qui s’efforce de maintenir pendant une heure et demie une approche semi-vaudevillesque proche des films mettant en scène Abbott & Costello dans les années 40. Quelques gags fonctionnent néanmoins (celui du pieu dans le cœur essentiellement), mais l’ensemble est trop paresseux, même si Mel Brooks donne indéniablement de sa personne dans la peau du professeur Van Helsing.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est à Gaumont que l’on doit le plaisir d’enfin redécouvrir Dracula, mort et heureux de l’être, le dernier film de Mel Brooks. Comme à son habitude, l’éditeur français nous livre un Blu-ray de grande qualité. Le travail de restauration a été fait de façon scrupuleuse, en respectant le grain d’origine ainsi que la patine de couleurs du film, la définition est précise, la galette propose un beau piqué et les noirs sont profonds. Côté son, VF et VO sont mixées en DTS-HD Master Audio 2.0 d’origine, et les deux mixages s’avèrent étonnamment dynamiques au regard de leur âge. Du beau travail !

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord un commentaire audio de Mel Brooks (réalisateur), Steve Haberman, Rudy De Luca (scénaristes), Amy Yasbeck et Steven Weber (acteurs). On continuera ensuite avec une présentation du film par Thibault Decoster (17 minutes), qui reviendra sur ses qualités et ses défauts, avant d’élargir sur l’œuvre et la carrière de Mel Brooks avant / après le film et de revenir sur l’Art délicat de la parodie cinématographique. Il évoquera également la préparation par Mel Brooks d’une suite à l’une de ses œuvres. Il se trouve en effet que le scénariste / réalisateur, actuellement âgé de 96 ans, vienne d’apporter la touche finale à une série de huit épisodes pensée comme un prolongement de La Folle Histoire du monde (1981). La série est écrite par David Stassen et Mel Brooks, et devrait être diffusée sur Hulu dans le courant de l’année 2023.

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