Critique : Music Hole

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Music Hole

Belgique, France : 2022
Titre original : –
Réalisation : Gaëtan Liekens, David Mutzenmacher
Scénario : David Mutzenmacher
Interprètes : Wim Willaert, Vanessa Guide, Laurence Oltuski
Distribution : Paramax Films
Durée : 1h22
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 6 juillet 2022

3/5

Film belge ? Film français ? Disons franco-belge pour ne froisser personne. En effet, Music Hole a été tourné en Belgique et à Revin, en France ; en effet, David Mutzenmacher, un des deux réalisateurs et le scénariste du film, est français, alors que l’autre, Gaëtan Liekens, est belge. Il y a une dizaine d’années, ils avaient réalisé ensemble un court métrage de 12 minutes ayant pour titre José et qui faisait dans le loufoque. Et les voici qui frappent à nouveau avec un long plutôt court, qui fait dans le pêchu, le burlesque et un certain mauvais goût totalement assumé. Vous l’aurez compris : au niveau du résultat, ce film franco-belge est beaucoup plus belge que français. D’aucuns, et non des moindres, vont même jusqu’à le rapprocher d’un certain cinéma américain, celui de Tarantino et des frères Coen.

Synopsis : Francis, petit comptable officiant dans un cabaret miteux de Charleroi, a des soucis conjugaux avec Martine, son épouse. Après une violente dispute, il se réveille un matin pour découvrir une bien mauvaise nouvelle dans son propre congélateur. C’est le point de départ macabre et loufoque d’un polar burlesque parfumé de « gueuze » bien fraîche, de musique tzigane, sous fond de déni de la désagrégation du couple, où vont se croiser toutes les variétés de névroses et de folie.

Une galerie de personnages

On peut être comptable dans le cabaret « Chez René » de Charleroi et amoureux de sa femme, même quand celle-ci vous trompe avec votre employeur. On peut être tellement amoureux qu’on en arrive à fomenter un coup de billard à 3 bandes pour reconquérir sa belle. Laquelle belle, Martine, mariée à 18 ans avec Francis qui en avait 12 de plus, qui le voyait alors avec les yeux d’une gamine et qui le voit maintenant avec les yeux d’une adulte, s’avoue fatiguée d’une vie où tout est figé, d’une vie qui, dit-elle, « sent le moisi ». Pour elle, le signe qui ne trompe pas en ce qui concerne leur couple : « même les chiens nous regardent bizarre ! ». Ce jugement négatif sur Francis, Nadia est loin de le partager. Nadia, c’est une collègue de travail de Francis, elle est aussi blonde que Martine est brune et elle serait plutôt raide dingue amoureuse du comptable, lequel ne s’en rend même pas compte !

La vedette de « Chez René », c’est Rudy, né dans les calanques marseillaises et dont on se demande bien comment il a pu atterrir à Charleroi. En tout cas, son accent marseillais tranche sur l’accent très belge des personnes qui l’entourent, on le trouve même fort bizarre ! Et puis, rode dans le coin un duo de malfrats, genre une « tête » et un débile. Un débile dont le passe-temps préféré consiste à tuer sans raison, que ce soit avec un hachoir ou avec un pistolet. Quant à la police et à la justice, elles auront aussi leur mot à dire !

Coen ? Tarantino ?

A la lecture de ce qui précède et mise à part la localisation géographique, vous avez peut-être imaginé qu’on vous parlait d’un film des frères Coen ou de Quentin Tarantino. Eh bien, cette comparaison, elle a également été faite, dès le mois de septembre 2019, à Toulouse, lorsque le film a été présenté au Festival du film de Groland et s’est vu décerner le prix du public. Une comparaison faite par Bruno Delépine et par Jean Dujardin, président du jury. Certes, le budget d’environ 1 million d’euros est très loin des budgets des films des Coen et de Tarantino, mais, avec de l’inventivité, notre duo franco-belge est arrivé à surmonter ce handicap. Commenté par une voix off à l’accent belge très prononcé et dont il faut attendre la fin du film pour apprendre de qui il s’agit, Music Hole ne fait pas dans la dentelle et si les dialogues n’ont pas toujours la finesse moqueuse de ceux dont nous gratifiait feu Michel Audiard, ils sont le plus souvent très savoureux et ils flirtent parfois avec la philosophie. Exemple : « Un couple c’est parfois passer sa vie à se croiser mais sans se voir ». Dommage que, du fait de l’accent belge prononcé et de l’absence de sous-titres, il arrive qu’on ne comprenne pas parfaitement certaines répliques !

Misogyne ? Misandre ? Ou simplement facétieux ?

Il est probable que certains spectateurs et, plus encore, certaines spectatrices, vont trouver dans Music Hole un certain relent misogyne. Il est vrai que ce que Martine montre d’un univers féminin n’est pas particulièrement reluisant. Il est vrai que les réalisateurs s’amusent à en rajouter en installant dans un bar un panneau « Mon chien est gentil, attention à ma femme ». Mais, franchement, les hommes sont-ils mieux traités pour autant ? Quand ils ne sont pas stupides, ils sont violents, ou cupides, et parfois tout cela à la fois.

Le film est franco-belge, la distribution aussi. En tête d’affiche, dans le rôle de Francis, Wim Willaert, un comédien flamand qui s’exprime très bien en français et qu’on avait découvert en 2004 dans Quand la mer monte de Yolande Moreau et Gilles Porte. A ses côtés, une française, Vanessa Guide, campe une Martine plutôt irrésistible. Dans une distribution dont on sent qu’ils se sont bien amusés à se couler dans les différents degrés que prend le film, on remarque en particulier la présence de Hande Kodja dans le rôle de Nadia et de Sacha Bourdo dans celui de Gilbert, le meilleur ami de Francis.

Conclusion

Il y a 30 ans, C’est arrivé près de chez vous, un film noir, belge, parfois malsain, avait rencontré un succès inattendu dans les salles. On ne peut que souhaiter un avenir similaire à Music Hole. Franchement, ce ne serait pas immérité !

1 COMMENTAIRE

  1. j’ai pas comprit le rapport entre Tarantino et les frères Cohen.
    Rien à voir avec c’est arrivé près de chez vous….
    juste vulgaire et sans intérêt

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