Blu-ray DVD — 08 décembre 2019
Test Blu-ray : Annabelle 3 – La maison du mal

– La maison du mal

 
États-Unis : 2019
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Gary Dauberman
Acteurs : , ,
Éditeur : .
Durée : 1h46
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 10 juillet 2019
Date de sortie DVD/BR : 15 novembre 2019

 

Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…

 


 

Le film

[3,5/5]

Si les deux épisodes de la franchise Conjuring ont été réalisés par le même cinéaste – le talentueux James Wan – la mise en scène des films « connexes », reliés d’une façon ou d’une autre au Conjuring Universe ont en revanche vu défiler plusieurs cinéastes débutants, avec plus ou moins de réussite du côté des produits finis. Mais si le public frissonne ou s’ennuie plus ou moins en fonction des épisodes, un facteur reste cependant au beau fixe : le box-office international, qui bande quant à lui comme un taureau, avec des centaines et des centaines de millions de dollars engrangés en l’espace de sept films.

Après deux épisodes réalisés par John R. Leonetti et David F. Sandberg, la mise en scène du troisième opus de la saga Annabelle, intitulé Annabelle 3 – La maison du mal, est donc confiée à Gary Dauberman, qui est en quelque sorte son « papa » : il est en effet le scénariste de tous les épisodes de la saga, et le titre original du film, Annabelle comes home, semble d’ailleurs clairement affirmer au monde qu’il reprend là les rennes de sa création. Qu’on apprécie ou pas son travail, Dauberman s’est forgé en l’espace de quelques années une place de scénariste incontournable sur la scène horrifique américaine, avec les scénarios de Destination finale 5, des trois Annabelle, de La nonne ou encore des deux chapitres de la saga à succès Ça. Ce n’est donc que justice que de le voir enfin débarquer derrière la caméra : ses scripts ont en effet généré plusieurs milliards de dollars de bénéfices pour Warner bros. et les sociétés de production qui l’ont fait travailler depuis dix ans, et le fait de lui permettre d’accéder au poste très convoité de réalisateur semble un juste retour d’ascenseur.

C’est d’autant plus flagrant que la plupart des franchises modernes navigant dans le genre horrifique ne dépassent bien souvent pas quelques années en termes de longévité, de popularité et de résonance dans la culture populaire – contrairement à d’autres, plus familiales, telles que les sagas Marvel ou Star Wars. Ainsi, les boogeymen de type Freddy ou Jason semblent définitivement enterrés, le found footage est également bel et bien mort, et tandis que le torture porn vivait ses derniers sursauts, le film « de fantômes » et les intrigues surnaturelles ont repris le dessus, accrochant le public avec l’univers cinématographique Conjuring, qui a pour lui cet avantage d’avoir toujours livré au spectateur des films globalement de bonne qualité, sans doute un peu minces en termes de pérennité, mais qui continuent à plaire et à marcher dans les salles malgré une atmosphère relativement tiède et optant pour le recyclage de thématiques connues – tout cela manque certes d’originalité, et surtout de l’approche « viscérale » du genre que peuvent avoir certains cinéastes.

Annabelle 3 – La maison du mal est donc à l’image des autres films de la franchise consacrée à la poupée maléfique depuis 2014 : intéressant, mais imparfait. Commençant pile là où s’arrêtait le premier film, le film met en scène, durant un temps du moins, le coupe Warren, composé à l’écran par Patrick Wilson et Vera Farmiga, pour passer progressivement d’Ed et Lorraine à trois adolescentes, l’une d’entre elles tentant désespérément de « communiquer » dans l’au-delà avec son père décédé. Se basant sur un déroulement narratif assez lent, ce troisième opus prend le temps d’installer ses personnages ainsi qu’une atmosphère relativement efficace, même si la mise en scène de Gary Dauberman privilégie malheureusement le « jump scare » plutôt que la substance. Néanmoins, il faudra admettre que si le film n’entrera certainement pas dans les annales de la terreur sur grand écran, tout cela s’avère tout de même parfaitement mis en œuvre et exécuté, les acteurs sont excellents, et l’ambiance est aussi efficace que possible. On prendra donc le film pour ce qu’il est : un divertissement un peu paresseux mais honorable, ce qui semble dans le fond intrinsèquement lié à sa nature un peu particulière : celle d’être une pièce s’intégrant dans un plus grand ensemble, et explorant certaines ramifications encore inédites du vaste univers Conjuring.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Annabelle 3 – La maison du mal prendra toute son ampleur sur galette Blu-ray, car le disque édité aujourd’hui par Warner bros. France fait, visuellement, vraiment figure de galette de démonstration. L’image est d’une précision et d’une limpidité extraordinaire : la définition est purement et simplement irréprochable, le piqué d’une précision à couper le souffle, les contrastes sont d’une solidité à toute épreuve et la tenue des noirs – ce qui est important étant donné que les trois quarts du film se déroulent dans l’obscurité – ne faiblit jamais : on est vraiment en présence d’un Blu-ray somptueux. Passons au son maintenant : immersives, puissantes, riches en basses qui déménagent, les pistes sonores mixées en Dolby Atmos font clairement honneur au film de Gary Dauberman. Les ambiances sont restituées de façon brute et impressionnante, et le tout impose sans peine un dynamisme et une force tout simplement extraordinaires. On notera que la branche française de Warner bros. a choisi de privilégier les francophones, puisqu’en l’absence de matériel compatible Dolby Atmos, la version française sera décodée en Dolby TrueHD 7.1 au mixage souvent tonitruant, tandis que le rendu acoustique de la VO, décodée en Dolby Digital+ 7.1 sera peut-être un poil moins grandiose en termes de finesse et de précision – même si elle propose tout de même un confort d’écoute tout à fait appréciable et que les jump scares vont feront à coup sûr sauter au plafond.

La section suppléments, qui contient environ une demi-heure de bonus, commencera sur les chapeaux de roues avec un making of en trois parties (11 minutes) qui s’avérera essentiellement consacré à la conception des monstres du film [Attention SPOILERS] : le démon / passeur, la mariée et le loup-garou. [Fin des SPOILERS] Design des créatures, création et pose des prothèses, performance des acteurs : tout sera passé en revue, et l’ensemble étant très court, pas moyen de s’ennuyer une seconde. On reviendra ensuite sur une autre création visuelle : celle de la salle des artefacts dans la maison des Warren (5 minutes). On nous y propose une véritable visite guidée de cette chambre dédiée au surnaturel, qui s’avère la pièce la plus importante du film – on y mettra également l’accent sur une poignée d’objets occultes spécifiques, dont l’histoire sera peut-être révélée dans de futurs films de l’univers cinématographique Conjuring. On continuera ensuite avec une featurette dédiée au couple Warren (4 minutes), qui reviendra sur l’évolution à l’écran des personnages d’Ed et Lorraine Warren (décédée en avril 2019, le film est d’ailleurs dédié à sa mémoire), et sur le difficile équilibre à trouver entre leur vie amoureuse et les ténèbres qui entourent leur travail. On terminera enfin avec une sélection de scènes coupées (11 minutes), parmi lesquelles on trouvera une fin alternative et un retour sur le loup-garou, qui devrait logiquement réapparaitre dans Conjuring 3, mis en scène par Michael Chaves (La malédiction de la dame blanche), qui sortira à l’automne 2020.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles

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