Test Blu-ray : American Nightmare 5 – Sans limites

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American Nightmare 5 – Sans limites

États-Unis, Mexique : 2021
Titre original : The Forever Purge
Réalisation : Everardo Gout
Scénario : James DeMonaco
Acteurs : Ana de la Reguera, Josh Lucas, Cassidy Freeman
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h43
Genre : Thriller, Action
Date de sortie cinéma : 4 août 2021
Date de sortie DVD/BR : 8 décembre 2021

2048. Adela et son mari Juan habitent au Texas, où Juan travaille dans le ranch de la très aisée famille Tucker. Juan gagne l’estime du patriarche Caleb Tucker, ce qui déclenche la jalousie de Dylan, son fils. La matinée suivant la Purge, le déchainement nocturne de violence annuelle, un groupe masqué attaque la famille Tucker, dont la femme de Dylan, et sa sœur, forçant les deux familles à s’unir et organiser une riposte alors que le pays entier sombre dans la spirale du chaos et que les États-Unis se désagrègent petit à petit autour d’eux…

Le film

[3,5/5]

Au fur et à mesure des films, la franchise American Nightmare a opéré un glissement de genre, passant lentement du film d’horreur au film d’action. Bien entendu, la saga initiée – et à ce jour toujours contrôlée – par James DeMonaco affiche toujours quelques éléments formels tirés du cinéma d’horreur, au même titre que quelques-uns tirés de la science-fiction : la limite entre les genres est tellement floue qu’aux États-Unis, la série de films est carrément qualifiée de « dystopian political action horror ». Pour autant, on ne peut s’empêcher de penser que l’essence de la franchise a depuis quelques années largement bifurqué vers l’action. American Nightmare 5 : Sans limites ne comporte ainsi plus aujourd’hui aucun élément fantastique, et se rattache encore au genre uniquement par le biais des maquillages et des costumes outranciers arborés par les participants à la « Purge ».

Ayant tiré des leçons du décevant American Nightmare 4 : Les origines, James DeMonaco reprend les rennes de sa saga en la resituant dans le futur : en 2048, pour être précis. Dans l’univers diégétique de la franchise, la Purge annuelle avait été abrogée en 2040 (cf. American Nightmare 3 : Élections), mais une voix-off tirée d’une chaîne d’infos en continu nous apprendra dès les premières minutes du film que les Nouveaux Pères Fondateurs (NFFA) ont repris le contrôle du gouvernement américain et n’ont pas tarder à réinstituer la Purge annuelle, avec ses règles d’origine. On pardonnera à James DeMonaco cette énorme facilité scénaristique : on navigue en effet ici dans le pur cinéma d’exploitation, et il ne viendra à l’esprit de personne de chercher une quelconque espèce de cohérence à American Nightmare 5 : Sans limites en termes de continuité. L’idée est ici d’avantage de situer un contexte qui permettra à DeMonaco de proposer au public une nouvelle ébauche de réflexion politique et sociale.

Le but du scénariste James DeMonaco avec American Nightmare 5 : Sans limites est d’amener le public américain – et plus largement mondial – à réfléchir sur le concept d’émigration forcée, qui rejoint en Europe la problématique des populations de « migrants ». Cet épisode sera donc naturellement situé au Texas, à quelques kilomètres de la frontière avec le Mexique. Après les douze heures de Purge annuelle, une large portion des maraudeurs ayant pris part à cette nuit de violence refusent de rendre les armes, clamant haut et fort son objectif de purification raciale, idéologique et économique du pays. Le recours à la science-fiction dystopique permet ainsi cette fois à James DeMonaco de plonger les États-Unis dans une situation de guerre civile, et ainsi d’amorcer une ébauche de réflexion sur le phénomène de migration de populations, avec ses millions de personnes fuyant vers le Mexique et le Canada pour éviter de se faire tuer. C’est intéressant, dans le sens où le film et plus largement la saga American Nightmare jonglent volontiers avec des thématiques telles que les conflits de race, la lutte des classes, l’immigration ou encore la suprématie blanche, mais qu’ici, tous ces éléments apportent finalement de l’eau au moulin du scénariste, qui retourne le problème et vous demande ce que vous feriez si VOUS étiez à la place de ces gens obligés de fuir en laissant tout derrière eux.

Bien entendu, tout cela n’est qu’un sous-texte – American Nightmare 5 : Sans limites n’a rien du pensum politique, et s’impose avant tout comme le divertissement barbare attendu. Ainsi, les spectateurs venus assister au spectacle de la violence pour la violence seront probablement ravis du spectacle orchestré par le mexicain Everardo Gout, qui parvient à créer et maintenir une tension très efficace au moins durant les deux premiers tiers du métrage. La dernière partie et les affrontements en mode western à la frontière mexicaine sont moins convaincants, même s’ils mettent en scène le toujours excellent Zahn McClarnon. L’essentiel est mis en boite à la façon d’un film d’action, mais les amoureux des premiers films regretteront probablement que le film abandonne ici le concept central qui faisait tout le sel la série : les films précédents se concentraient sur la lutte d’une poignée de personnages pour survivre jusqu’à la fin de la Purge. Dans American Nightmare 5 : Sans limites, la folie meurtrière s’étendant indéfiniment, la situation des personnages ne se distingue pas de celle d’un millier d’autres fusillades ; c’est d’ailleurs probablement ce qui explique que le spectateur « décroche » un peu de l’intrigue en fin de métrage.

À l’origine, American Nightmare 5 : Sans limites devait être le dernier volet de la franchise. Pourtant, le producteur de la saga Jason Blum déclarait en juin 2021 qu’il avait bien l’intention de réaliser d’autres films autour du concept de « Purge », et qu’il s’efforcerait de convaincre James DeMonaco de poursuivre l’histoire. Un mois plus tard, le scénariste confirmait sa volonté d’écrire un sixième American Nightmare : celui-ci se concentrera sur le personnage de Leo Barnes, interprété par l’excellent Frank Grillo dans American Nightmare 2 : Anarchy et American Nightmare 3 : Élections, et s’intégrera dans un contexte de Purge mondiale – un concept développé à l’origine pour la troisième saison de la série télévisée American Nightmare, qui ne vit finalement jamais le jour.

Le Blu-ray

[4,5/5]

Côté galette Haute-Définition, le Blu-ray de American Nightmare 5 : Sans limites édité par Universal Pictures s’avère, comme toujours, d’excellente qualité. L’image envoie le bois, avec des contrastes au taquet et des couleurs remarquables ; les nombreuses séquences de jour – une nouveauté dans la saga – respectent pleinement la photo ensoleillée de Luis Sansans, les contrastes sont poussés dans leurs derniers retranchements, et le film affiche un niveau de détail assez époustouflant. Les passages nocturnes sont tout aussi sublimes, aucune baisse de définition n’est à déplorer. Niveau son, la VO s’offrent toutes deux des mixages en Dolby Atmos, qui seront, faute de matériel adéquat, décodés en Dolby TrueHD 7.1 en VO et Dolby Digital + 7.1 en VF. Dans les deux cas, il s’agit là de mixages aux dimensions purement épiques : l’immersion est optimale pour le spectateur, la spatialisation joue la carte de l’ambiance, de l’efficacité et de la finesse : une pure démo acoustique.

Dans la section suppléments, on commencera tout d’abord par une scène d’ouverture alternative, présentée sous la forme de storyboards (2 minutes) : elle nous permettait de découvrir l’histoire d’Adela et Juan (Ana de la Reguera et Tenoch Huerta) et les événements qui les avaient forcé à quitter le Mexique. On continuera avec une courte scène coupée (2 minutes) montrant quelques interactions entre Juan, T.T. (Alejandro Edda) et Kirk (Will Brittain) : un échange de blagues qui dénote d’un certaine défiance raciste entre eux. On poursuivra ensuite avec une featurette qui reviendra sur la production du film (8 minutes), et principalement sur les défis que représentait le fait qu’une grande partie de l’histoire se déroule en plein jour. On reviendra également sur le style du réalisateur Everardo Gout. Enfin, on terminera avec une featurette revenant de façon assez superficielle sur les costumes du film (2 minutes), en compagnie de Leah Butler, qui a conçu leur design. La traditionnelle bande-annonce fermera le bal.

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