Critique : Sacré Robin des Bois

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Sacré Robin des Bois

USA: 1993
Titre original: Robin Hood, Men in tights
Réalisateur: Mel Brooks
Scénario: Mel Brooks
Acteurs: Carry Elwes, Roger Rees, Dave Chappelle, Isaac Hayes
Production: Brooksfilms Ltd.
Durée: 1h43
Genre: Parodie, Comédie
Date de sortie: 1993

4,5/5

Que ce soit en dessin animé ou en film, nous avons tous vu une adaptation de Robin des Bois. Depuis 1922, Robin des Bois ne cesse de voir son personnage à l’écran, que ce soit en séries ou en films et interprété par de nombreux acteurs différents, dont Kevin Costner et Errol Flynn en sont les plus reconnus jusqu’à l’arrivée de Russel Crowe. Mel Brooks nous propose une parodie bien potache et comique à souhait. Sacré Robin des Bois est l’avant dernière oeuvre de Mel Brooks et pas moins l’une des meilleures. Après le carton des « Hot Shots ! » il fallait avoir un scénario solide et des gags plus comiques les uns que les autres pour ne pas tomber dans l’oubli.

Synopsis: Emprisonné à Jerusalem, Robin de Loxley, dit Robin des Bois, parvient à s’échapper. Il regagne aussitôt son Angleterre natale pour y retrouver sa famille et son royaume. Il la regagne oui, mais à la nage. Et ce n’est pas là son seul soucis. Le FISC, a confisqué les biens de sa famille, dont tous les membres sont décédés. Tous, à l’exception de Mirette, fidèle serviteur aveugle de la famille. Il commence alors une guerre contre les riches et au nom des pauvres. Il souhaite regagner ses biens et ses terres, mais par dessus tout, venger sa famille et vaincre le terrible sheriff de Rottengham, bras droit du prince Jean. Il va alors faire la connaissance de la belle Marianne et de bien d’autres fidèles compagnons, tous prêts à venir en aide à Robin des Bois.

Cocktail explosif d’acteurs détonants

Si Mel Brooks réussit cette oeuvre, c’est tout d’abord, bien sur, grâce à un scénario digne de son créateur, mais aussi grâce à une ribambelle d’acteurs plus impliqués les uns que les autres dans cette folle aventure.

Tout d’abord, Robin de Loxley, interprété par Cary Elwes (Hot Shots !, Saw) n’est pas un Robin des Bois comme les autres, il est un brin macho et doté de mimique de bouffon. Cary Elwes n’en est pas à sa première parodie, déjà dans « Hot Shots ! » son rôle du lieutenant Kent Gregory était admirable. Il sait comment rendre son personnage bien ridicule et y met une telle volonté, que ses personnages en sont crédibles. Son petit air à la Errol Flynn n’en laisse aucune indifférente. C’est un aventurier prêt à tout pour venger sa famille. De ses mimiques on retiendra la façon qu’il a de réfléchir en caressant sa barbichette. Tout est là pour nous faire apprécier le personnage. Mel Brooks a vraiment choisi un bon acteur pour interpréter ce Robin des Bois maladroit mais charmant.

De plus, il est accompagné de Mirette, son plus fidèle serviteur. C’est Mark Blankfield (Dracula, mort et heureux de l’être, Sauvés par le gong) qui a été choisi par Mel Brooks pour incarner ce personnage aveugle, doté de deux mains gauches, mais confident de Robin. Le fait qu’il soit aveugle va donner à son rôle plus d’importance qu’on pourrait le penser. Notamment lors d’une petite bataille pendant un repas du sheriff. Pensant se battre à l’épé contre des adversaires, il ne fait que tailler une poutre en bois, mais il y met tellement de force et de volonté, que ça en est à se tordre de rire. Mark Blankfield et Mel Brooks sont ici collaborateurs pour la deuxième fois, ils étaient déjà partenaires pour « Dracula, mort et heureux de l’être ».

Robin va aussi faire la connaissance d’Atchoo, un maure en vacances (et non pas un mort, référence à Mirette qui ne le voit pas et dit « mort? Comme c’est dommage. Accident de ski? »). Dave Chapelle (Les Ailes de l’Enfer, Vous avez un message) incarne Atchoo, le noir qui parle en verlant et qui porte des Nike. Il est un peu la tête pensante de Robin. Il va aider ou plutôt sauver Robin dans ses péripéties.

Quant au sheriff de Rottengham tant méprisé par Robin, c’est Roger Rees (Le roi Scorpion, A la maison blanche) qui s’y colle. Sheriff dyslexique qui a un mal fou à s’exprimer correctement; « nous livrez manant ce » au lieu de « livrez nous ce manant » par exemple. Cela le rend encore moins crédible dans son rôle de sheriff. Roger Rees est divin dans ce rôle.

Mel Brooks et le soucis du détail

Tous ceux qui sont nés dans les années 80, ont grandi avec les films ZAZ (Trio de réalisateurs de parodies Zucker, Abrahams et Zucker qui ont réalisé les « Hot Shots ! » ainsi que les « Y a t-il un pilote dans l’avion » et ses suites), mais à l’époque on ne comprenait pas tous les jeux de mots ou mises en scène. En tout cas pour ma part, ce n’est que lorsque j’ai revu le film pas mal d’années plus tard que j’ai compris pourquoi je rigolais étant plus petite.

Mel Brooks a le sens du détail. Dans Sacré Robin des Bois, on a droit à une course de Jockeys en dromadaire sur la plage lorsque Robin s’évade de la prison, une caméra qui casse un carreau car elle se rapproche trop prés, la mouche du prince Jean qui change de place sur son visage à chaque scène et tant d’autres.

Je pourrais en citer encore et encore mais cela prendrait trop de temps. « Prêtez moi l’oreille » s’écria Robin et toute la troupe se décroche une oreille et la lance sur Robin. Mel Brooks a aussi pris le soin de nous révéler la vraie naissance du terme « faire la ola ».

Tout le film est bourré de références cinématographiques; « contrairement à mon prédécesseur, je ne danse pas avec les loups » phrase culte de Robin faisant référence à Kevin Costner (Dans la version française). Mel Brooks a aussi pris soin d’y glisser des références à ses propres films.

Le titre anglais, « Robin Hood; Men in tights », fait référence aux collants verts que porte Robin et sa troupe. Mel Brooks a lui-même même créé une chanson pour le film « La bande des mecs en collant, visiblement c’est une bande de combattants [chanson entrecoupée de l’air du french cancan] » dont voici un extrait en anglais:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=0lUjhEHlh7s[/youtube]

Le générique est aussi fendart, il commence par des archers tirant à l’arc des flèches enflammées pour annoncer les acteurs. Sauf qu’à la fin du générique, une flèche se perd dans le film et attérit sur le toit d’une chaumière qui prend feu. Et c’est en coeur que les villageois s’exclament « Pourquoi à l’arrivée de Robin ils doivent mettre le feu à nos chaumières ? Lâche nous Mel Brooks !!! ».

Et pour une fois, je suis vraiment contente du doublage pour la version française, c’est assez rare mais là je dois dire que c’est assez réussi. Le sheriff est doublé par Patrick Poivey (Bruce Willis), Robin par Emmanuel Curtil (Jim Carrey) et le Prince Jean par Michel Papineschi (Mel Gibson, Robert De Niro). De quoi rendre le film encore plus intéressant.

Résumé :

Mel Brooks ne signe pas ici le film le plus recherché et qui manque parfois de rythme, mais le jeu des acteurs et le scénario à mourir de rire suffisent à passer 1h40 de fous rire et de larmes aux yeux. J’ai lu quelque part, qu’on comparait ce film avec ceux des Monty Python et ce n’est pas du tout le même esprit, mais au niveau de l’humour, c’est tout autant valable. Je peux vous assurer qu’après avoir vu ce film plus d’une dizaine de fois étant jeune et revu encore maintenant, je ne cesse de rire et vous garanti que vous rirez aussi.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dX4Ik-cyp-I[/youtube]

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