Critique : Mise à l’épreuve 2

1
686

Mise à l’épreuve 2

Etats-Unis, 2015
Titre original : Ride along 2
Réalisateur : Tim Story
Scénario : Phil Hay et Matt Manfredi
Acteurs : Ice Cube, Kevin Hart, Ken Jeong, Olivia Munn
Distribution : Universal Pictures International
Durée : 1h42
Genre : Comédie policière
Date de sortie : 30 mars 2016

Note : 2/5

Kevin Hart est la petite valeur qui monte vite et fort à la bourse hollywoodienne. En France, les spectateurs ne voient pratiquement rien de ce gain en popularité régulier, parce que le comique est abonné aux films destinés au public afro-américain. Au lieu de devenir le digne héritier de Eddie Murphy ou de Chris Tucker, Hart et sa filmographie riche d’au moins deux films par an devraient donc connaître le même sort que le réalisateur et acteur Tyler Perry : adulé par ses fans sur un marché de niche, mais dépourvu de la moindre renommée internationale. Les rares tentatives de la part des distributeurs de faire connaître Hart en France ne sont pas prêtes à changer la donne, puisque deux ans après la sortie technique de Mise à l’épreuve – pourtant un succès tonitruant au box-office américain –, voici une suite qui n’a rien pour nous séduire. Les grimaces et la voix du comédien finissent en effet rapidement par nous lasser. Puisque Mise à l’épreuve 2 est presque exclusivement taillé sur mesure pour Kevin Hart et que tous les autres éléments du film ne servent qu’à le mettre en valeur, il ne reste effectivement rien de substantiel dans cette comédie laborieuse qui la sauverait du naufrage cinématographique.

Synopsis : Toujours à l’essai en tant qu’inspecteur de la police d’Atlanta, Ben Barber voudrait montrer à son idole et futur beau-frère James Payton qu’il a ce qu’il faut pour devenir un flic redoutable. Payton accepte finalement que son élève l’accompagne sur une mission délicate à Miami, où il devra interroger le hacker suspect A.J., mêlé à un trafic de drogues. Mais une fois sur place, les maladresses ininterrompues de son coéquipier poussent Payton au désespoir. Contre toute attente, Ben découvre que le riche armateur Antonio Pope serait l’instigateur de cette contrebande lucrative, sur laquelle enquête également la commissaire locale Maya.

Les beaux-frères roublards

La recette des deux flics mal assortis qui forment malgré tout une équipe de choc ne date pas d’hier. Le film de Tim Story, un réalisateur que nous avions perdu de vue sans regrets depuis une dizaine d’années et ses œuvres médiocres comme Les 4 Fantastiques et New York Taxi, l’applique à la lettre et sans aucune imagination. Les deux personnages principaux campent en effet vaille que vaille sur leurs positions respectives du vieux loup aguerri et passablement bienveillant et du petit parvenu prolixe et gaffeur. La source principale de l’ennui que nous a procuré Mise à l’épreuve 2 est que cet antagonisme de base ne connaît aucune évolution notable au fil du récit. Ice Cube promène ainsi sans états d’âme sa gueule blasée, alors que son pendant risque constamment l’infarctus à force de s’exciter tel un gamin insupportable pour un oui ou pour un non. L’aspect convenu de cette collaboration ne se voit de surcroît nullement démenti par l’intrigue policière en elle-même, tristement pauvre en suspense et en scènes d’action dignes de ce nom.

Mise à l’épreuve des nerfs

Car le scénario a choisi avec une paresse consternante la voie de la moindre résistance. La fluidité trompeuse de l’intrigue résulte de la nature superficielle des personnages, peu importe qu’ils se situent du bon ou du mauvais côté de la loi. Inutile de préciser à ce sujet que ce film n’entreprend à aucun moment la moindre mise en abîme de son manichéisme enfantin. Tandis que le sort du parcours professionnel des deux acteurs principaux nous indiffère entièrement, nous ne pouvons que regretter avec une certaine amertume l’absence de rôles intéressants pour leurs confrères aussi séduisants que le quinquagénaire fringant Benjamin Bratt et au talent aussi solide que celui de Bruce McGill. Leur présence constitue le gâchis ultime dans le contexte d’un film, qui colporte sans retenue les stéréotypes les plus fastidieux du cinéma commercial américain, à la fois du point de vue de la représentation de certains microcosmes sociaux et de celui, plus large, du mythe policier dans ce qu’il a de plus puéril.

Conclusion

Mise à l’épreuve 2 et Kevin Hart ne sont certes pas ce que nous avons subi de plus pénible du côté des comédies policières à l’humour inexistant. Cet honneur plus que douteux revient à Top cops de Kevin Smith avec l’encore plus fatiguant Tracy Morgan. Il n’empêche que la sortie française d’un tel film a de quoi nous laisser perplexe, vu comment il sacrifie les moindres ambitions formelles sur l’autel du divertissement bâclé et répétitif.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici