Les sorties du 18 octobre 2017

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D’un point de vue purement commercial, la sélection de cette semaine si parfaitement synchronisée avec le début des vacances de la Toussaint a beau avoir un certain potentiel, la qualité globale supposée de la dizaine de films de sortie ce mercredi nous laisse plutôt prendre la fuite vers notre terrain cinématographique de prédilection, celui des reprises ! Et c’est de là que provient donc notre coup de cœur passionné de la semaine, sous forme d’une rétrospective partielle des films de , qui nous permet de (re)voir les cinq premières œuvres transcendantes du réalisateur chinois. Les autres films de retour sur les écrans ne sont pas non plus honteux, puisque l’on peut y voir comment le cinéma français des années 1950 a traité l’histoire du malicieux docteur avec le monstre sacré Louis Jouvet, en parallèle de la sortie de la mise à jour avec Omar Sy. La trilogie informelle du Free Cinema britannique s’y termine avec de Tony Richardson et le cinéma américain y fait pour une fois preuve d’un état d’esprit communiste dans Notre pain quotidien de King Vidor. Puis, pour les plus courageux voulant se soumettre à cette épreuve longue de quatre heures, qui ne compte certainement pas parmi les films indispensables du maître Luchino Visconti, son administre une fois de plus sa tortueuse leçon d’Histoire sur les écrans des salles de répertoire.

Afin de complètement faire les choses à l’envers dans notre chronique hebdomadaire, continuons avec les quelques films documentaires et les films d’animation, respectivement à rechercher et à fuir. La tribune la plus vitale du cinéma de contestation sociale, politique, économique et écologique est aujourd’hui sans l’ombre d’un doute le genre documentaire. En témoignent deux films très instructifs et engagés cette semaine, l’un rappelant le phénomène finalement éphémère du mouvement Nuit debout de la place de la République dans L’Assemblée de Marina Otero et l’autre se penchant sur la bulle immobilière en Espagne et les conséquences de son éclatement sur les propriétaire expulsés, car endettés, dans de Quentin Ravelli. En comparaison, les films d’animation font horriblement piètre figure cette semaine, puisque et l’histoire édulcorée des poneys, et celle des émoticônes piégés dans le portable d’un adolescent coincé représentent la partie de la production cinématographique que nous détestons le plus ! Heureusement, l’animation française sauve les meubles, grâce à de Arthur De Pins et Alexis Ducord, une sortie très opportuniste pour la période de Halloween.

de Kaouther Ben Hania comme le conte moral d’une société qui réserve une place hautement inférieure aux femmes, si l’affaire Harvey Weinstein ne nous rappelait pas amèrement à quel point le combat pour l’égalité est très loin d’être gagné dans des pays supposément plus avancés dans ces questions sociales ; en parlant d’Amer, c’est le calvaire innommable provoqué par le premier film des réalisateurs de Laissez bronzer les cadavres qui nous laisse dans un état profondément frileux face à leur troisième long-métrage ; et puis, il reste la Palme d’or du jury cannois présidé par Pedro Almodovar, de Ruben Ostlund, qui jette un regard fortement ironique sur le monde de l’art moderne, aussi absurde en Suède que partout ailleurs en Europe.


L’Assemblée de Marina Otero (France, Documentaire, 1h39)

de Kaouther Ben Hania (Tunisie, Drame, 1h35) avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli et Chedly Arfaoui

de Quentin Ravelli (France, Documentaire, 1h30)

Corbier Des traces dans la mémoire des masses de Félix Létot (France, Documentaire, 1h38)

de Lorraine Lévy (France, Comédie dramatique, 1h53) avec Omar Sy, Alex Lutz et Ana Girardot

Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzanie (France, Thriller, 1h30) avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara et Bernie Bonvoisin

de Anthony Leondis (Etats-Unis, Animation, 1h26)

de Jayson Thiessen (Etats-Unis, Animation, 1h39)

de Lionel Steketee (France, Comédie, 1h28) avec Marilou Berry, Arnaud Ducret et Josiane Balasko

de Ruben Ostlund (Suède, Drame, 2h22) avec Claes Bang, Elisabeth Moss et Dominic West

Tous les rêves du monde de Laurence Ferreira Barbosa (France, Drame, 1h48) avec Pamela Ramos, Rosa Da Costa et Antonio Lima

de Arthur De Pins et Alexis Ducord (France, Animation, 1h18)

Reprises

(1950) de Guy Lefranc (France, Comédie, 1h35) avec Louis Jouvet, Jean Brochard et Pierre Renoir

(1972) de Luchino Visconti (Italie, Biographie filmique, 4h05) avec Helmut Berger, Romy Schneider et Trevor Howard

Notre pain quotidien (1934) de King Vidor (Etats-Unis, Drame, 1h14) avec Karen Morley, Tom Keene et John Qualen

La Révolution (Chine, Drame, 1990-97) : Nos années sauvages, Chungking Express, Les Cendres du temps Redux, Les Anges déchus, Happy together

(1961) de Tony Richardson (Royaume-Uni, Comédie dramatique, 1h40) avec Rita Tushingham, Dora Bryan et Murray Melvin

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