Les Oscars d’honneur 2016

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GovernorsAwards2015

Avec un petit retard, histoire de prévenir les lauréats aux quatre coins du monde de l’honneur qui leur sera rendu au mois de novembre prochain, la présidente fraîchement réélue de l’Académie du cinéma américain Cheryl Boone Isaacs a annoncé ce jour les quatre professionnels du cinéma qui seront célébrés au cours des huitièmes . Il s’agit de l’acteur et réalisateur chinois , de la monteuse anglaise , du directeur de casting américain et du réalisateur de documentaires américain .

 

Désignés lors de la réunion du conseil d’administration de l’Académie avant-hier, ces d’honneur seront remis lors d’une soirée plutôt intime le samedi 12 novembre au Centre Hollywood & Highland. Des extraits de la cérémonie seront inclus dans l’émission des 89èmes , qui auront lieu, eux, le dimanche 26 février 2017. Ces dernières années, la soirée des Governors Awards avait accessoirement servi de coup d’envoi officieux à la saison des à proprement parler. Parions donc sur la présence de nombreux acteurs et actrices, pressentis pour une nomination voire pour la récompense suprême, qui chanteront les louanges des quatre lauréats, tout en s’affichant devant le tout Hollywood.

JackieChan

Pour une fois, les MTV Movie Awards se sont montrés plus respectables et visionnaires que les Oscars, parce qu’ils avaient d’ores et déjà attribué un prix pour l’ensemble de son œuvre à Jackie Chan (*1954) en 1995, c’est-à-dire avant que l’acteur hautement acrobatique ne cherche à transposer à Hollywood son statut de vedette inégalée sur le marché asiatique. En effet, les films américains de Chan, tels que la trilogie Rush hour de Brett Ratner, Shanghai kid de Tom Dey et Karaté kid de Harald Zwart, font presque pitié, comparés aux œuvres magistrales du cinéma de genre hong-kongais des années ’70 et ’80. Espérons donc que le choix de l’Académie a été guidé par des réussites incontestables du divertissement que sont La Rage du vainqueur de Chin Hsin, L’Impitoyable, L’Irrésistible, Le Poing de la vengeance et Le Cri de la hyène de Lo Wei, Le Protecteur de Chen Chi-Hwa, Le Chinois de Robert Clouse, Le Gagnant, Le Flic de Hong Kong et Dragons forever de Sammo Hung, Jackie Chan dans le Bronx de Stanley Tong, ainsi que ses propres films La Hyène intrépide, La Danse du lion, Le Marin des mers de Chine, Police story et Mister Dynamite. Chan est le troisième artiste asiatique à recevoir un Oscar d’honneur après Akira Kurosawa en 1989 et Hayao Miyazaki en 2014.

AnneVCoates

Anne V. Coates (*1925) fait quelque peu figure d’exception parmi les lauréats des Oscars d’honneur cette année. L’Académie l’avait en effet déjà récompensée d’un Oscar régulier du Meilleur montage en 1963 pour le chef-d’œuvre de David Lean Lawrence d’Arabie – Oscar du Meilleur Film – et l’avait nommée quatre fois supplémentaires dans la même catégorie, pour Becket de Peter Glenville, Elephant man de David Lynch, Dans la ligne de mire de Wolfgang Petersen et Hors d’atteinte de Steven Soderbergh. Elle avait par ailleurs siégé jusqu’à récemment au conseil d’administration de l’Académie. Parmi la cinquantaine de films qu’elle a montés, citons ses collaborations avec Ronald Neame (De la bouche du cheval et Les Fanfares de la gloire), Ken Annakin (Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines), Sidney Lumet (Le Crime de l’Orient Express), John Sturges (L’Aigle s’est envolé), Hugh Hudson (Greystoke La Légende de Tarzan), John Irvin (Le Contrat), Lawrence Kasdan (Je t’aime à te tuer), Frank Oz (Quoi de neuf Bob ?), Richard Attenborough (Chaplin), Steven Soderbergh (Erin Brockovich Seule contre tous) et Adrian Lyne (Infidèle). Elle est la première monteuse à recevoir un Oscar d’honneur.

LynnStalmaster

Aucune catégorie n’existe par contre aux Oscars pour les directeurs de casting. Il y a encore trois ans, ils n’étaient même pas représentés au sein du conseil d’administration de l’Académie. Or, c’est l’un des plus emblématiques d’entre eux qui recevra le premier Oscar tout court de la profession : Lynn Stalmaster (*1927). Il était également le premier à recevoir un titre exclusif au générique de début d’un film, en l’occurrence L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison en 1968. Avant et depuis, il a été responsable du casting judicieux de plusieurs centaines de films, dont les plus mémorables restent Je veux vivre !, Deux sur la balançoire et Audrey Rose de Robert Wise, La Gloire et la peur de Lewis Milestone, Un enfant attend de John Cassavetes, Embrasse-moi idiot ! et La Grande combine de Billy Wilder, La Plus grande histoire jamais contée de George Stevens, Sur la piste de la grande caravane de John Sturges, Les Russes arrivent les Russes arrivent, Dans la chaleur de la nuit – Oscar du Meilleur Film en 1968 –, Un violon sur le toit et Rollerball de Norman Jewison, Les Chasseurs de scalps, Un château en enfer, On achève bien les chevaux, Jeremiah Johnson, Tootsie et Havana de Sydney Pollack, Faut-il tuer Sister George ?, Trop tard pour les héros et Pas d’orchidées pour Miss Blandish de Robert Aldrich, Le Propriétaire, Harold et Maude, La Dernière corvée, En route pour la gloire, Le Retour, Bienvenue Mister Chance, Cœurs d’occasion et Huit millions de façons de mourir de Hal Ashby, Délivrance de John Boorman, Junior Bonner et Le Convoi de Sam Peckinpah, Les Flics ne dorment pas la nuit de Richard Fleischer, Juge et hors-la-loi de John Huston, The Iceman Cometh, Black Sunday et Prophecy Le Monstre de John Frankenheimer, Woody et les robots de Woody Allen, L’Apprentissage de Duddy Kravitz de Ted Kotcheff – Ours d’or au Festival de Berlin en 1974 –, Transamerica Express, Making love et Pas nous pas nous de Arthur Hiller, Nickelodeon de Peter Bogdanovich, New York New York de Martin Scorsese, Furie, Blow out, Outrages et Le Bûcher des vanités de Brian De Palma, Superman de Richard Donner, Elle de Blake Edwards, The Rose, La Rivière, For the boys et Intersection de Mark Rydell, Maman très chère de Frank Perry, L’Etoffe des héros de Philip Kaufman, Frankie & Johnny de Garry Marshall, L’Avocat du diable de Sidney Lumet, Blue sky de Tony Richardson et Battlefield Earth Terre champ de bataille de Roger Christian !

FrederickWiseman

Le réalisateur Frederick Wiseman (*1930) n’est, quant à lui, plus à une récompense près. Son Oscar d’honneur n’est au contraire qu’un juste retour des choses, après que l’Académie l’avait ostentatoirement snobé tout au long de sa vie. Nombreuses sont cependant les institutions qui avaient reconnu son œuvre de documentaires à sa juste valeur, tels que les critiques de Los Angeles en 2012, ceux de New York en 2013, le Festival de Venise avec un Lion d’or d’honneur en 2014, l’Académie française avec trois nominations aux César, en quelque sorte le Festival de Cannes avec le prix France Culture au mois de mai ou bien le Festival de La Rochelle en juillet dernier. Ses études minutieuses de microcosmes ne déplacent certes pas les foules, mais de Titicut follies à In Jackson Heights, en passant par Domestic violence, La Danse, Boxing gym, Crazy Horse, At Berkeley et National Gallery, il a amplement montré qu’il est l’un des maîtres dans son domaine. Frederick Wiseman est le deuxième réalisateur de documentaires à recevoir un Oscar d’honneur, après D.A. Pennebaker en 2012.

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