Les Acacias

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Photo du film Les Acacias de Pablo Giorgelli

Les AcaciasLes Acacias

Espagne, Argentine : 2011
Titre original : Las Acacias
Réalisateur : Pablo Giorgelli
Scénario : Pablo Giorgelli
Acteurs : Germán De Silva, Narya Calle Mamani, Hebe Duarte
Distribution : Bodega Films
Durée : 1h25
Genre : Drame
Date de sortie : 4 janvier 2012

Globale : [rating:5][five-star-rating]

Depuis plusieurs années, le cinéma sud-américain nous offre un cinéma de grande qualité qui réjouit presque toujours les cinéphiles. Cela est particulièrement vrai du cinéma argentin, dans lequel surgit un nouveau réalisateur de grand talent, Pablo Giorgelli. Son premier long métrage, Les acacias fut, pour beaucoup, le grand coup de cœur du dernier Festival de Cannes. Il y obtint une Caméra d’Or très méritée qui venait s’ajouter à de nombreuses autres récompenses obtenues dans de nombreux festivals.

Synopsis: ce n’est pas de gaieté de cœur que Rubén, un chauffeur routier, accepte l’ordre de son patron : en plus de sa cargaison de bois habituelle, il doit « transporter » du Paraguay à Buenos-Aires une paraguayenne d’origine guarani. Son humeur ne va pas s’améliorer lorsqu’il va découvrir qu’elle emmène en plus avec elle sa fille de 8 mois ! C’est pourtant un épisode magnifique qui commence.

Photo du film Les Acacias de Pablo Giorgelli

Un long voyage

Après quelques  minutes passées à regarder Les acacias, on ne peut s’empêcher de se demander si l’argentin Pablo Giordelli n’est pas un disciple de son compatriote Lisandro Alonso (Los muertos, Liverpool). Qu’a-t-on vu en effet ? Rubén, un camionneur de 50 ans, qui, au bord d’une route, sirote son maté et attend … Heureusement pour celles et ceux qui ne supportent pas le cinéma d’Alonso (dommage pour eux !), très vite, une  véritable histoire commence :  Jacinta, une paraguayenne aux origines guarani, arrive avec plusieurs valises et … Anahi, sa fille de 8 mois. On est au Paraguay, près d’Asuncion, le camion est rempli de troncs d’arbres et le patron de Rubén lui a ordonné de transporter cette femme à Buenos-Aires, où elle doit retrouver de la famille. Par contre, il n’avait pas parlé du bébé ! Ce transport qui, déjà, n’enchantait guère Rubén, est en train de se transformer en cauchemar : pensez donc, il ne pourra même pas fumer dans son camion durant ce périple de 1500 km.

Les acacias de Pablo Giorgelli, le film

La modification

Alors que les paysages sans charme de l’Argentine du Nord-Est défilent devant nos yeux, un véritable huis clos ambulant vient se greffer sur ce « road-movie ». C’est à peine si on quitte cette cabine du camion, c’est à peine si, de temps on temps, d’autres personnages interviennent, non, le noyau du film, ce sont les rapports entre ces 3 personnages : Rubén, un homme solitaire, bourru, Jacinta, une femme encore jeune, qui parle en guarani à sa fille, Anahi, un bébé qui va servir d’intermédiaire entre les 2 adultes. Ce film aurait pu reprendre le titre d’un roman de Michel Butor, « la modification » ! Avec finesse, avec tact, avec une sensibilité sans aucune mièvrerie, Pablo Giordelli montre l’évolution d’une relation entre 2 êtres humains dont les chances de se rencontrer étaient, a priori, quasiment nulles. Il n’est pas interdit de penser que la plupart des spectateurs, emportés par tant de grâce, arrivent, à la fin du film, transformés de façon positive.

Les acacias de Pablo Giorgelli, image du film

La distribution

German De Silva, qui joue le rôle de Rubén, est un comédien de métier : grande sobriété de jeu , il  sait faire passer les nuances que son rôle réclame. Par contre, Hebe Duarte (Jacinta) et, bien entendu, Nayra Calle Mamani (Anahi, le bébé de 8 mois) ne sont pas des comédiennes professionnelles : cela ne les empêche pas d’être en tout point excellentes.

Résumé :

Il faut une certaine forme de génie pour faire un film aussi passionnant, aussi émouvant, avec une histoire aussi simple. A ce sujet, il peut être intéressant de comparer les 2 films dorés à Cannes cette année, tous deux bâtis sur une trame assez minimaliste : d’un côté, la Palme d’Or, The tree of life, un film boursoufflé, prétentieux, gonflé aux hormones. De l’autre côte, la Caméra d’Or, Les acacias, délicat, sobre, modeste, envoutant.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=vQYvOWGOmsA[/youtube]

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