Le box-office de la semaine du 8 janvier 2020

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© Alan Markfield / 20th Century Fox / The Walt Disney Company France Tous droits réservés

Une semaine essentiellement pour rien ! C’est ainsi que l’on pourrait résumer les résultats du box-office français en cette semaine 2, allant du 8 au 14 janvier. Après les fêtes, la fréquentation des salles de cinéma est en effet en chute libre, perdant près de la moitié des entrées par rapport à la semaine précédente, déjà pas fameuse. Avec un cumul hebdomadaire d’à peine 2 400 000 tickets vendus, on se situe en tout cas près du niveau le plus bas pour cette période-ci de l’année, atteint en 2013. En comparaison avec la même semaine l’année dernière, la tendance est tout aussi honteuse, avec une baisse sensible de près de 30 %, salles parisiennes et provinciales confondues. Bref, il n’y a absolument rien à sauver dans ces chiffres moroses, néanmoins habituels pour un mois de janvier sans éclat. Seule la part de marché des films français se redresse tant soit peu – quel exploit dans le cadre d’un marché exsangue ! – à 33 %.

Pourtant, comme le démontre le rapport sur les films français à l’international en 2019, communiqué par Unifrance hier, les choses ne vont pas si mal que cela. Plus de quarante millions de spectateurs en dehors de la France sont ainsi allés voir une production majoritairement française l’année dernière, pour une recette équivalente de plus de 244 millions d’euros. Ce qui représente tout de même une hausse de 1,25 % en termes d’entrées et de 3,1 % en termes d’argent récolté par rapport aux mêmes calculs provisoires annoncés début 2019. Les deux plus gros succès étaient Anna de Luc Besson et Mia et le lion blanc de Gilles De Maistre, chacun responsable de plus de quatre millions d’adeptes du cinéma à la française. En tout, 721 films français ont été exploités dans les salles étrangères, dont sept ont réussi d’attirer plus d’un million de spectateurs. Et ce sont nos voisins transalpins qui demeurent les plus demandeurs de films français, devant le public allemand et espagnol. Du côté des grands festivals internationaux, les films français figurent également en bonne position, puisqu’ils ont dominé en nombre la sélection officielle de cinq d’entre eux l’année dernière : Cannes, évidemment, mais aussi Rotterdam, Locarno, Venise et San Sebastian. Enfin, pour la première fois, Unifrance a étudié la place occupée par les productions françaises sur les services de vidéo à la demande par abonnement à l’international, comme Netflix et Amazon Prime, qui s’élève à d’anecdotiques 2,4 % de films proposés sur ces plateformes virtuelles.

Pour en revenir à l’actualité immédiate plus déprimante : il y a tout de même trois nouveautés qui ont réussi à se classer cette semaine, sans verve, forcément. L’aventure sous-marine Underwater de William Eubank s’en sort encore le mieux, malgré un démarrage plutôt faiblard à moins de 170 000 spectateurs, ce qui ne devrait pas suffire pour franchir la barre du demi-million d’entrées en fin de course. Pour les deux autres, l’anime japonais de Makoto Shinkai et la comédie familiale de Jézabel Marques, c’est carrément une première semaine à cinq chiffres, qui devrait rapidement sceller leur sort dans cette rubrique. Cependant, ils font toujours preuve de plus d’attrait commercial que le malheureux champion des premières séances parisiennes, L’Adieu The Farewell de Lulu Wang, qui ne trouve visiblement pas son public en France, malgré un beau parcours au box-office américain l’été dernier, où il avait cumulé plus de 17 millions de dollars.

Enfin, la sensation d’hécatombe était par définition la plus prononcée du côté des films en continuation, qui perdent presque tous une partie considérable de leur public. Ainsi, la fin de règne de Star Wars L’Ascension de Skywalker de J.J. Abrams n’a strictement rien d’honorable. Sa quatrième et sans doute dernière semaine en tête est très loin des résultats du film précédent de l’univers à ce stade-là de son exploitation en salles il y a deux ans. A l’époque, Star Wars Les Derniers Jedi de Rian Johnson ne baissait que de 50 % et attirait encore plus de 800 000 fans d’épopées de l’espace. Rey, Finn, Chewbacca et les autres ne sont pourtant pas les plus à plaindre, puisque la fin des vacances scolaires rime avec une déroute sans appel pour les deux films d’animation distribués également par Disney. Or, deux films arrivent malgré tout à tirer leur épingle du jeu : de Greta Gerwig dont la baisse plus modérée signifie un gain de trois places par rapport à sa semaine de démarrage et de Ladj Ly, qui revient dans le Top 10 en huitième semaine, après en avoir été absent dans notre chronique précédente, grâce, là encore, à une très belle stabilité de la fréquentation.

Voici les principaux chiffres du Top 10 du box-office français entre le mercredi 8 et le mardi 14 janvier 2020 :

  1. Star Wars L’Ascension de Skywalker – distribué par The Walt Disney Company France – 4ème semaine / – 64 % – 330 160 entrées / 5 548 146 cumul – 14 % part de marché
  2. Underwater – distribué par The Walt Disney Company France – Nouveauté – 169 125 entrées cumulées – 7 % part de marché
  3. Les Filles du docteur March – distribué par Sony Pictures Releasing France – 2ème semaine / – 37 % – 152 480 entrées / 395 143 cumul – 6 % part de marché
  4. – distribué par Sony Pictures Releasing – 6ème semaine / – 63 % – 148 794 entrées / 2 967 455 cumul – 6 % part de marché
  5. – distribué par UGC – 2ème semaine / – 46 % – 145 744 entrées / 417 242 cumul – 6 % part de marché

6. – distribué par The Walt Disney Company France – 8ème semaine / – 73 % – 115 474 entrées / 7 178 905 cumul – 5 % part de marché

7. – distribué par The Walt Disney Company France – 3ème semaine / – 68 % – 97 837 entrées / 845 468 cumul – 4 % part de marché

8. Les Enfants du temps – distribué par Bac Films – Nouveauté – 95 545 entrées cumulées – 4 % part de marché

9. Sol – distribué par Studiocanal – Nouveauté – 83 565 entrées cumulées – 3 % part de marché

10. Les Misérables – distribué par Le Pacte – 8ème semaine / – 20 % – 82 816 entrées / 1 885 022 cumul – 3 % part de marché


Like a Boss © Karen Ballard / Paramount Pictures Tous droits réservés

Dans les salles américaines, les spectateurs sont d’ores et déjà passés à autre chose. Outre-Atlantique, l’ère Star Wars aura finalement été d’une semaine plus courte que chez nous. Et là aussi, la comparaison avec son prédécesseur s’avère assez défavorable, puisque celui-ci était certes descendu à la troisième place du classement américain lors de son quatrième week-end. Mais il avait alors généré encore près de 24 millions de dollars pour un cumul temporaire de 572 millions de dollars. Inutile de faire un calcul trop poussé pour s’apercevoir qu’il manque une dizaine de millions de dollars hebdomadaires et une centaine de dollars au cumul de Star Wars L’Ascension de Skywalker ! Néanmoins, malgré l’impression faussée que ces résultats de basse saison peuvent donner, le box-office mondial va globalement très bien, grâce à son nouveau record de recettes annuelles pour 2019, qui s’élève à la somme rondelette de 42,5 milliards de dollars !

Bien entendu, aucun film à l’affiche actuellement aux États-Unis ne peut prétendre à rapporter autant d’argent à lui seul. Il y a par contre quelques belles expansions réussies à signaler cette semaine. A commencer par celle de de Sam Mendes, lauréat de deux Golden Globes majeurs une semaine plus tôt et bien placé dans la course à l’Oscar depuis lundi dernier, c’est-à-dire après le week-end analysé dans ce texte-ci. L’épopée de guerre devrait donc avoir encore de beaux jours devant elle, bien que son cumul final n’ait guère de chance d’égaler celui des deux films précédents du réalisateur, les James Bond Skyfall et 007 Spectre, qui avaient quitté les salles américains à respectivement 304 millions de dollars et 200 millions de dollars. Le drame judiciaire de Destin Daniel Cretton fait encore mieux, du point de vue du pourcentage gagné entre sa sortie limitée sur quatre écrans et celle désormais plus large dans 2 375 salles. Plus bas dans le tableau, Parasite de Bong Joon-ho ajoute de même une centaine de salles et garde une moyenne par copie très confortable, équivalente à celle de A couteaux tirés de Rian Johnson, qui s’apprête doucement à quitter le Top 10 américain, près de deux mois après sa sortie et avec près de 140 millions de dollars au compteur.

Parmi les vraies nouveautés de la semaine, signalons l’apparition des Misérables de Ladj Ly à la 37ème place sur quatre écrans avec une moyenne par copie correcte de six mille dollars. Vu son distributeur américain, Amazon Studios, il est fort à parier que sa fortune commerciale américaine se jouera sur d’autres supports de visionnage que le cinéma ! Sinon, Underwater démarre aussi mollement en Amérique – en l’occurrence à la septième place du classement à sept millions de dollars – que le film d’action précédent avec Kristen Stewart, Charlie’s Angels de Elizabeth Banks, qui avait fait très légèrement mieux en novembre dernier, en raison de près de sept-cents écrans supplémentaires. La faveur du public féminin était davantage à chercher cette semaine du côté de Like a boss de Miguel Arteta dans lequel Rose Byrne et Tiffany Hadish tentent en vain de s’inspirer de l’éthique de travail sans merci adoptée par Salma Hayek. A l’image de bon nombre de comédies populaires, cette farce sociale ne verra probablement jamais la lumière des projecteurs numériques français.

Voici les principaux chiffres du Top 5 du box-office américain pour le week-end se terminant le dimanche 12 janvier 2020 :

  1. 1917 – distribué par Universal – 3ème semaine / + 5 890 % – 37 000 200 $ / 39 721 479 $ cumul
  2. Star Wars L’Ascension de Skywalker – distribué par Walt Disney Studios – 4ème semaine / – 56 % – 15 187 034 $ / 478 297 724 $ cumul
  3. Jumanji Next Level – distribué par Sony – 5ème semaine / – 46 % – 14 005 131 $ / 257 130 112 $ cumul
  4. Like a Boss – distribué par Paramount – Nouveauté – 10 011 272 $ cumulés, sans date de sortie en France
  5. La Voie de la justice – distribué par Warner Bros. – 3ème semaine / + 12 578 % – 9 713 228 $ / 10 149 216 $ cumul, sortie française le 29 janvier

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