News — 28 janvier 2020
Le box-office de la semaine du 15 janvier 2020
© Roger Do Minh / Quad Films / Gaumont / Kissfilms Tous droits réservés

Ça va un tout petit peu mieux dans les salles de cinéma françaises en cette semaine 3, allant du 15 au 21 janvier, puisque le box-office national remonte tout doucement la pente, après la période hebdomadaire précédente hautement inquiétante. Grâce à près de 250 000 spectateurs supplémentaires, le cumul sur la semaine dépasse à nouveau les deux millions et demi d’entrées. Ce n’est toujours pas fameux, loin de là, mais on peut au moins espérer que la tendance est désormais inversée et que les vacances d’hiver rectifieront le tir, comme le veut la tradition des cycles de fréquentation. D’ici là, les chiffres peinent à réconforter avec cette baisse notable de 18 % par rapport à la même semaine en 2019. La part de marché du cinéma français n’est pas non plus d’un grand secours, puisque elle rebaisse à de toujours raisonnables 30 %. Enfin, il n’est pas exclu d’affirmer que ce regain très modéré de vitalité économique est avant tout dû aux bons résultats du 23ème Festival Cinéma Télérama, qui enregistre près de 320 000 spectateurs sur la vingtaine de films proposés, soit une augmentation de près de 18 % par rapport à l’édition précédente.

On a enfin un nouveau champion en tête du classement, de Sam Mendes, qui sonne le glas de la domination sur deux mois des productions Disney successives La Reine des neiges II de Jennifer Lee et Chris Buck et de Star Wars L’Ascension de Skywalker de J.J. Abrams. Comme on est toujours un peu à la traîne avec nos chroniques du box-office, on sait d’ores et déjà que l’épopée de guerre va en toute probabilité être reléguée à la deuxième place dès sa deuxième semaine à l’affiche. A priori, rien de mal à cela, puisqu’il n’y a rien de plus ennuyeux en la matière que les semaines qui se suivent et se ressemblent. Le démarrage très solide de 1917 – certes toujours sans commune mesure avec ceux des deux films précédents du réalisateur, boostés à la James Bond – , ainsi que sa récolte prévisible en termes d’Oscars, devraient lui assurer un beau résultat final d’ici un mois ou deux, au minimum. Les autres nouveautés ne sont guère assurées de la même longévité pronostiquée, notamment le film d’horreur de Nicolas Pesce et la comédie collective . Seul Une belle équipe de Mohamed Hamidi a tant soit peu su trouver son public, avant que les mastodontes de l’humour populaire des vacances d’hiver ne le balaient de l’affiche d’ici deux ou trois semaines …

L’hécatombe des chiffres continue à se creuser toute seule du côté des films en continuation, surtout parmi les productions hollywoodiennes. Le passage éclair de de William Eubank mérite quand même qu’on le signale, un déclin de la deuxième à la dixième place en une semaine étant tout à fait exceptionnel ! Le dernier Star Wars ne s’effondre certes pas aussi vite, mais sa perte accélérée d’écrans devrait lui être également fatale dans deux ou trois semaines. Le seul film américain à tirer réellement son épingle du jeu est de Greta Gerwig, qui reste pratiquement stable en troisième semaine et qui pourrait presque envisager d’atteindre le million d’entrées, même sans une victoire aux Oscars dans des catégories majeures à la clef. Le cinéma français se montre globalement beaucoup plus robuste cette semaine, grâce à la vitalité hors pair de de Ladj Ly. Le succès incontesté du Festival Télérama, avec plus de 45 000 entrées, le drame des banlieues a visiblement ajouté quelques écrans, un pari gagnant qui devrait sans doute tenir sur la durée jusqu’à sa consécration, là aussi fort probable, aux César.

Voici les principaux chiffres du Top 10 du box-office français entre le mercredi 15 et le mardi 21 janvier 2020 :

  1. 1917 – distribué par Universal Pictures International France – Nouveauté – 644 738 entrées cumulées – 24 % part de marché
  2. Star Wars L’Ascension de Skywalker – distribué par The Walt Disney Company France – 5ème semaine / – 45 % – 180 915 entrées / 5 729 061 cumul – 7 % part de marché
  3. Une belle équipe – distribué par Gaumont – Nouveauté – 152 569 entrées cumulées – 6 % part de marché
  4. Les Filles du docteur March – distribué par Sony Pictures Releasing France – 3ème semaine / – 13 % – 132 033 entrées / 527 176 cumul – 5 % part de marché
  5. The Grudge – distribué par Sony Pictures Releasing France – Nouveauté – 105 972 entrées cumulées – 4 % part de marché

6. – distribué par Sony Pictures Releasing France – 7ème semaine / – 29 % – 105 192 entrées / 3 072 647 cumul – 4 % part de marché

7. Selfie – distribué par Apollo Films – Nouveauté – 97 445 entrées cumulées – 4 % part de marché

8. – distribué par UGC – 3ème semaine / – 34 % – 96 098 entrées / 513 340 cumul – 4 % part de marché

9. Les Misérables – distribué par Le Pacte – 9ème semaine / + 12 % – 92 489 entrées / 1 977 511 cumul – 3 % part de marché

10. Underwater – distribué par The Walt Disney Company France – 2ème semaine / – 48 % – 87 559 entrées / 256 684 cumul – 3 % part de marché


© Kyle Bono Kaplan / Sony Pictures Releasing France Tous droits réservés

Le week-end prolongé par le jour férié en mémoire de Martin Luther King Jr. aura porté chance au retour dans les salles américaines des « bad boys » Will Smith et Martin Lawrence dans Bad Boys for Life de Adil El Arbi et Bilall Fallah. Respectivement un quart de siècle et dix-sept ans après les deux premiers films de l’univers, réalisés alors par Michael Bay, ce nouvel épisode s’en sort plutôt honorablement, même si l’inflation du prix des tickets de cinéma devrait relativiser son démarrage tonitruant, comparé aux 15 millions de dollars du premier et aux 46 millions de dollars du deuxième. En tout cas, Will Smith persiste et signe après une année en dents de scie, qui avait vu l’échec de Gemini Man de Ang Lee et son démarrage à vingt millions de dollars succéder en octobre dernier aux résultats infiniment plus probants de Aladdin de Guy Ritchie au cours de l’été (91 millions de dollars pour le premier week-end et 355 millions de dollars en fin d’exploitation). Quant à Martin Lawrence, il n’avait plus tenu de rôle majeur depuis près de dix ans et la sortie de Big Mamma De père en fils de John Whitesell et ses près de 38 millions de dollars au compteur en fin de course.

L’autre résurrection de la semaine s’est avérée sensiblement plus calamiteuse, puisque Robert Downey Jr. fait pâle figure dans le rôle improbable du vétérinaire qui sait parler aux animaux, porté autrefois avec un succès variable par Rex Harrison et Eddie Murphy. Bien qu’il soit programmé dans plus de salles américaines que les mauvais garçons Smith & Lawrence, de Stephen Gaghan n’obtient qu’un tiers de leur moyenne par copie. A une centaine de milliers de dollars près, il rate même la deuxième marche du podium, pour se contenter en fin de compte d’une troisième place assez misérable. Plus de vingt ans auparavant, Dr. Dolittle de Betty Thomas avait démarré avec près de dix millions de dollars en plus, pour finir à près de 140 millions de dollars, une somme rondelette en 1998. Et même la suite Docteur Dolittle 2 de Steve Carr avait accompli un parcours moins honteux grâce à ses 25 millions de dollars initiaux et près de 113 millions de dollars finaux. Des montants jugés d’ores et déjà inatteignables par le film avec Robert Downey Jr., en panne d’engouement public en dehors de son rôle emblématique de Tony Stark. Sa version de Dolittle devrait donc se placer du côté des échecs plus ou moins cuisants aux États-Unis, en compagnie douteuse de L’Extravagant docteur Dolittle de Richard Fleischer, qui occupait une triste 31ème place dans le classement annuel du box-office américain en 1968, avec seulement trois millions et demi de dollars cumulés.

Enfin, ce premier week-end après l’annonce des nominations aux 92èmes Oscars le 13 janvier a été largement bénéfique aux films nommés. Pendant que 1917 et Les Filles du docteur March se maintiennent confortablement dans le Top 10, ce sont surtout Jojo Rabbit de Taika Waititi et Parasite de Bong Joon-ho qui réussissent leur expansion avec une hausse de respectivement 630 % et près de 80 % à la quinzième et la quatorzième place du classement. Même des films en fin de carrière cinématographique ont fait l’effort d’un ajout d’écrans, dont Le Mans 66 de James Mangold qui a ajouté un million de dollars à son cumul provisoire de 112 millions de dollars, Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino avec une hausse considérable d’écrans mais une moyenne faible de moins de cinq-cents dollars et enfin Joker de Todd Phillips, qui reste à l’affiche dans moins de cent multiplexes américains quatre mois après sa sortie, mais qui a su monnayer ses onze nominations par le biais d’une moyenne par copie neuf fois supérieure à celle de l’épopée hollywoodienne avec Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Deux autres films nommés dans la catégorie du Meilleur Film international se font plus modestement une place dans le cœur des spectateurs américains : Douleur et gloire de Pedro Almodovar, le candidat espagnol et ses quatre millions de dollars cumulés pour l’instant depuis sa sortie début octobre, et Les Misérables de Ladj Ly qui grimpe très doucement, en restant juste en dehors du Top 30.

Voici les principaux chiffres du Top 5 du box-office américain pour le week-end se terminant le dimanche 19 janvier 2020 :

  1. Bad Boys for Life – distribué par Sony – Nouveauté – 62 504 105 $ cumulés
  2. 1917 – distribué par Universal – 4ème semaine / – 40 % – 21 984 200 $ / 76 601 184 $ cumul
  3. Le Voyage du Dr Dolittle – distribué par Universal – Nouveauté – 21 844 045 $ cumulés, sortie française le 5 février
  4. Jumanji Next Level – distribué par Sony – 6ème semaine / – 30 % – 9 700 343 $ / 270 613 318 $ cumul
  5. Star Wars L’Ascension de Skywalker – distribué par Walt Disney Studios – 5ème semaine / – 45 % – 8 289 048 $ / 491 934 849 $ cumul

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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