L’Assaut

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L'Assaut

L'Assaut L’Assaut

France : 2010
Titre original : L’Assaut
Réalisateur :
Scénario : Julien Leclercq
Acteurs : , ,
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h30
Genre : Action , Policier
Date de sortie : 9 mars 2011

Globale : [rating:3.0]
[five-star-rating]

Avec L’Assaut, Julien Leclercq (Chrysalis), un prometteur réalisateur français, s’attaque à un événement hyper médiatisé : la prise d’otage de l’A300 d’Air France en décembre 1994. Cet événement, auquel des millions de téléspectateurs ont assisté en direct, avait profondément sensibilisé le monde sur le terrorisme, et reste gravé dans la mémoire de ceux qui y ont assisté. Aujourd’hui perçu comme annonciateur des attentats du 11 Septembre 2001, ce sujet est un sacré morceau, et il est évident que ce film avait d’énormes ambitions. Mais a-t-il été à la hauteur ?

Synopsis : Quatre terroristes du GIA prennent en otage à Alger l’Airbus A-300 d’Air France reliant la capitale algérienne à Paris et les 227 personnes présentes à bord. Personne ne connaît leurs intentions : ils sont armés et apparaissent extrêmement déterminés.

Les terroristes revendiquent la libération de leurs camarades d’armes et exigent le décollage immédiat de l’avion. Mais ce n’est finalement qu’après de longues négociations diplomatiques tendues entre les gouvernements français et algériens et l’exécution de 3 passagers que l’avion quitte l’aéroport d’Alger.

Nous sommes le lundi 26 décembre, il est 3h33 du matin, quand l’Airbus d’Air France atterrit à Marseille-Marignane. Trois personnages, Thierry, un soldat du GIGN, Carole Jeanton, une technocrate ambitieuse et Yahia Abdallah, un Djihadiste déterminé sont au cœur de l’événement.

Leurs logiques vont s’affronter jusqu’au dénouement final. Devant 21 millions de téléspectateurs, l’assaut du GIGN va mettre un terme à cette prise d’otage sans précédent dans l’histoire du terrorisme… mais annonciatrice des terribles évènements du 11 septembre 2001.

L'Assaut

Réaliste, mais à l’ambiance documentaire

La caméra suit la prise d’otage sous trois angles différents, tous plus ou moins crédibles. Les terroristes du GIA – Groupe Islamique Armé – donnent le ton au moment de leur entrée dans l’avion, remarquablement mise en scène. Leur agressivité, justifiée par leur foi, à laquelle ils font sans cesse appel, crée une certaine tension pour le spectateur, que le GIGN entretient tout au long du film par l’ambiance froide qui règne dans ses rangs.

Ce long métrage impressionne par son réalisme, notamment grâce à la participation du véritable Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale tout au long du film, qui a entre autres ouvert les portes de son quotidien à Julien Leclercq, lui permettant de filmer de véritables entraînements, lui offrant des séquences dignes d’un numéro de 90’ Enquête ou Appels d’Urgence. Mais ces scènes, si réelles, donnent malheureusement un côté documentaire à L’Assaut, qui finit par apparaître comme une reconstitution journalistique de la prise d’otage du point de vue des forces de la gendarmerie, surexposées, plutôt que comme un film traitant du sujet.

Le troisième point de vue traité est celui du gouvernement français. Plus calme et à l’écart de l’action que les deux autres, il casse souvent le rythme du film. Le gouvernement ne dégage aucune puissance, aucun pouvoir. Les espaces utilisés donnent l’impression d’être dans de petits bureaux, sans grande importance, les procédures qui apparaissent dans le film semblent hasardeuses et les décisions vont et viennent dans un sens puis dans l’autre, se basant sur des intuitions, des conclusions, sans recherche, sans preuve, et surtout sans avoir de réelles conséquences sur le déroulement de l’action, si on ne tient pas compte des ordres donnés au GIGN. Ce point de vue est probablement le moins bien traité des trois, il ne convainc pas vraiment et ne permet pas de mesurer la réelle implication des administratifs dans ces conflits.

L'Assaut

Émotionnellement inexistant

L’Assaut ne nous touche pas. Malgré un scénario qui nous concerne, notamment parce qu’il s’agit d’un fait divers suivi par la France entière, le film est terne et émotionnellement inexistant. Thierry, le petit héros du GIGN, joué par Vincent Elbaz (Sweet Valentine, Comme les 5 doigts de la main…), bénéficie d’un focus familial dont aucune réelle émotion ne ressort. En contraste avec sa femme, très – trop – émotive et complètement bouleversée par les évènements et le danger que court son mari, le gendarme est froid, distant, et ne fait preuve d’aucune émotion, probablement pour nous démontrer la dureté de la vie au GIGN.

La prise d’otage, menée par le GIA, tente d’évoluer par des bribes de négociations, des revendications… Mais tout cela reste long et laborieux, peut-être à cause de l’absence du point de vue des otages, qui ne sont finalement que figurants. Malgré tout, les terroristes, en particulier Yahia, joué par Aymen Saïdi (Dernier étage, gauche, gauche ; Eden à l’Ouest…) sont plutôt convaincants.

Du côté du gouvernement, les réunions n’en finissent malheureusement pas, et débouchent sur des décisions et des suppositions venues d’on ne sait où, rendant la chose peu crédible, ce qui est franchement dommage vu la prestation de Mélanie Bernier dans le rôle de Carole Jeanton.

Et enfin, la scène tant – trop – attendue, celle de l’assaut du GIGN. Réalisée en temps réel par soucis de réalisme, elle ne déçoit que par sa fin, qui est peut-être un peu net. Mais l’essentiel est là : l’action est présente, et fait remonter de terribles images, telles que celle du CRS touché dès le début de l’attaque, celle du copilote préférant se jeter par la fenêtre du cockpit, ou celle du CRS touché de plein fouet par une rafale alors qu’il grimpait les marches de la passerelle.

Résumé :

L’Assaut ne trouve jamais l’intensité qu’on attend de lui, et ne réussit pas vraiment à nous toucher. Julien Leclercq tente de mettre l’accent sur les diverses réactions et procédures qu’impliquent la prise d’otage, retardant un peu trop l’attaque du GIGN. Le film est donc un peu long, mais reste plutôt bon, réaliste et bien mis en scène.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=L365nsBjLaA[/youtube]

5 Commentaires

  1. Je ne suis absolument pas d’accord avec votre critique du film.
    Etant gendarme, ayant des amis au GIGN et ayant eu connaissance du déroulement des faits à l’époque, j’ai été étonné de retrouver l’action et les décisions prises à cette occasion.
    Certe, vous vous attendiez sans doute à de l’action du début à la fin du film, style film américain, mais la réalité est tout autre. Le GIGN n’est pas un groupe de cow boys. L’entrainement qui représente la quasi totalité de leur emploi du temps, n’est pas uniquement là pour leur apprendre à tirer juste; mais à maîtriser tous les éléments, y compris sentiments personnels dans ces évènements. Ce qui déteint, hélas, sur les relations personnelles.
    Quant aux décisions du politique, désolé, c’est comme celà que ça se passe.

  2. Bonjour,

    Pas de « CRS » au GIGN, ni de « Soldat »… si les membres du GIGN sont effectivement des militaires, ce sont des sous-officiers ou officiers de gendarmerie…
    Concernant le film par lui même, c’est vrai que la partie « état » est un peu inefficace et que l’on a l’impression que les technocrates décident « à l’aveugle »… autrement, l’assaut en lui même est très efficacement filmé… rien à redire.

    • « CRS » est une erreur d’inattention. En revanche, je pensais réellement qu’il était possible de considérer le GIGN comme des soldats, ou comme un équivalent. Désolé de cette erreur, et merci d’avoir lu cette critique.

  3. Ça arrive à tous de faire des erreurs, d’autant que c’est l’une de tes premières critiques Axel. Bravo quand même je la trouve très constructive 🙂

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