Critique : La Dame en noir 2 L’Ange de la mort

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2 L’Ange de la mort

Royaume-Uni, 2014
Titre original : The Woman in black 2 Angel of Death
Réalisateur :
Scénario : Jon Croker et Susan Hill
Acteurs : Phoebe Fox, Jeremy Irvine, Helen McCrory
Distribution : Metropolitan Filmexport
Durée : 1h38
Genre : Epouvante
Date de sortie : 14 janvier 2015

Note : 3/5

En l’absence de ou de toute autre tête d’affiche au nom à peu près accrocheur, cette suite de La Dame en noir aurait pu n’être qu’une vilaine petite production mercantile, qui profite du succès relatif du premier sans faire preuve d’innovation. Il y a certes un peu de cette paresse en termes d’originalité, aussi vieille que le cinéma lui-même, qui consiste à ne pas modifier une formule qui a porté ses fruits auparavant. Mais ce film d’épouvante très solide s’inscrit surtout dans la tradition des productions , suspendue depuis les années 1970, qui savaient effrayer leur public selon un cahier de charges diablement efficace.

Synopsis : En 1942, la population de Londres souffre, nuit après nuit, des bombardements par l’ennemi nazi. Afin de mettre au moins les enfants à l’abri, de vastes transports sont organisés pour les emmener à la campagne. La jeune institutrice Eve Parkins s’occupe avec la professeur Jean Hogg d’un groupe de huit enfants. Parmi eux figure Edward Lee, qui ne parle plus suite à la disparition récente de ses deux parents. La classe trouve refuge dans une vieille demeure sur une île dans les marais. Dès l’arrivée, Eve ressent une présence inquiétante dans cette maison en piteux état, notamment dans la nursery qui aurait dû être fermée à clef. La menace se précise lorsque David montre les premiers signes d’une étrange possession.

La Hammer est vivante …

Les effets spéciaux ont beau avoir accompli des prouesses techniques inouïs ces dernières années, le vocabulaire narratif pour susciter l’effroi chez le spectateur n’a guère changé. Au contraire, le pouvoir de suggestion et la peur de l’inconnu seront sans doute toujours plus redoutables que toutes les créatures numériques, plus ou moins laides, réunies. Pour faire la distinction entre un bon et un mauvais film d’horreur, il ne suffit donc pas de compter bêtement les noms des techniciens des effets spéciaux qui défilent pendant cinq minutes au générique de fin, pour les productions les plus coûteuses en la matière. La capacité de créer l’illusion avec une économie de moyens adaptée au sujet du film indique avec infiniment plus de précision le talent d’un réalisateur de film de genre. Ainsi, les moments d’effroi ne sont pas légion dans . Ils ponctuent cependant le récit d’une façon tout à fait remarquable, sans jamais employer excessivement le dispositif de la terreur pour faire sursauter les personnages et avec eux le spectateur. Même la conclusion – toujours un moment délicat d’explications plus ou moins approximatives, qui justifient rarement l’épreuve des nerfs qui lui a précédé – ne dénote guère par sa grandiloquence, en dépit de l’inévitable et ennuyeux sous-entendu d’une suite possible de l’aventure.

… ou juste à l’agonie ?

Or, sans révolutionner le genre de quelque manière que ce soit, le film de Tom Harper représente le rappel salutaire d’une formule hélas tombée un peu en désuétude. L’endroit isolé et entouré d’un mur épais de brouillard, les incidents inquiétants qui surviennent en pleine nuit, des démons personnels qui se mêlent à des histoires abracadabrantes de possession ancestrale : le film d’horreur moderne a largement délaissé ces éléments autrefois incontournables, peut-être aussi parce qu’il est en grande partie originaire du marché indépendant américain et du cinéma asiatique. Ceux-ci sont, au moins en apparence, depuis toujours férus d’innovation, au détriment du recyclage de recettes éprouvées. Heureusement, il reste ce balbutiement de l’école européenne, sous forme de la résurrection timide des studios Hammer. Difficile à dire si ces productions honnêtes ont encore leur place sur un marché, qui valorise désormais l’esbroufe et la surenchère d’effets sanglants. En attendant que cette réplique financièrement guère viable se referme, ne boudons pas notre plaisir face à un film de genre à l’ancienne, qui remplit parfaitement le contrat qu’il nous propose.

Conclusion

Vous ne connaissez probablement aucun des acteurs de ce film, qui interprètent pourtant avec conviction et crédibilité des rôles constamment au bord de l’exagération ridicule. Leur investissement est à l’image de cette suite sans fausse prétention : un divertissement solide, qui sait habilement nous faire peur pendant une bonne heure, sans chercher à dynamiter les règles établies d’un genre, dont il est au contraire l’un des derniers et précieux vestiges.

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