Critique : La 5ème vague

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La 5ème vague

Etats-Unis, 2016
Titre original : The 5th wave
Réalisateur : J Blakeson
Scénario : Susannah Grant, Akiva Goldsman et Jeff Pinkner, d’après le roman de Rick Yancey
Acteurs : Chloë Grace Moretz, Nick Robinson, Alex Roe, Zackary Arthur
Distribution : Sony Pictures Releasing
Durée : 1h53
Genre : Science-fiction
Date de sortie : 27 janvier 2016

Note : 3/5

Préparez-vous, la fin du monde est proche ! Au lieu de nous emmener vers des mondes merveilleux encore inexplorés, le cinéma de science-fiction se complaît à nous faire peur. Il y est presque toujours question d’une menace apocalyptique qui plane sur l’humanité, poussée dans ses derniers retranchements avant d’oser se confronter à un ennemi a priori invincible. Tout l’enjeu du genre réside alors dans la recherche de l’équilibre parfait entre le spectacle tonitruant et la psychose créée de façon sournoise chez le spectateur, d’emblée dubitatif face à ces fantaisies futuristes. La 5ème vague répond avec plus ou moins d’adresse à ces exigences récurrentes. Ce n’est nullement un film innovant, mais il réussit, surtout pendant sa première partie, à distiller un climat de panique tout à fait efficace. Dommage alors que tous les efforts consentis à sa longue introduction ne sont guère couronnés de succès, en raison du cœur de l’intrigue qui alterne sans conviction entre un manichéisme élémentaire et des sursauts romantiques qui ne le sont pas moins.

Synopsis : Cassie Sullivan menait une vie de lycéenne typique, jusqu’au jour où un immense vaisseau spatial a commencé à tourner autour de la Terre. L’invasion des Autres a suivi un mode d’emploi cruellement logique, mettant les hommes face à des catastrophes insurmontables au fil de quatre vagues soigneusement élaborées. Séparée de sa famille et convaincue qu’elle ne peut plus faire confiance à personne, Cassie appréhende la cinquième vague, qui équivaudra à l’extinction de la race humaine.

Sécurité nulle part

La bande-annonce du film de J Blakeson présente certes l’inconvénient majeur de montrer déjà l’essentiel des quatre premières vagues. Leur reprise dans un raisonnement plus dramatique et moins publicitaire permet néanmoins de nous plonger dans le chaos d’une suite de cataclysmes, exécutés selon un plan d’extermination systématique. A l’image de ces mises en garde filmiques contre les dangers d’une guerre atomique, la vie devient de plus en plus précaire ici, jusqu’à ce que seul l’instinct de survie permette aux personnages de subsister. C’est par contre moins la qualité des effets spéciaux qui nous a passionné à ce moment-là que l’engrenage implacable de l’étau qui se resserre autour du personnage principal et de ses proches. L’insouciance d’une adolescence préservée y est remplacée sans ménagement par le besoin pressant de devenir adulte afin d’assumer les responsabilités qui vont avec, c’est-à-dire de se tenir prêt à prendre à chaque instant des décisions de vie ou de mort. Tout en répondant aux impératifs d’un divertissement hollywoodien, la perte irrémédiable de l’humanité de Cassie n’est pas exempte d’un désespoir profond, assez rare dans la philosophie aveuglement volontariste qui y prédomine habituellement pour le signaler.

You’re in the army now

Et puis, à la manière d’un film d’horreur haletant qui s’écroule misérablement dès que l’heure des explications a sonné, le récit marque le pas. Le désordre alarmant du début du film est désormais canalisé dans les voies étroites de l’univers militaire avec ses codes d’obéissance à sens unique. Le scénario a encore beau y insuffler quelques observations voyantes sur la propagande en provenance des hautes sphères du commandement, le charme du conte de survie extrême est rompu. Pire encore, l’intrigue de plus en plus rigide et abracadabrante se voit affublée d’un triangle romantique tout droit sorti du cahier de charges nauséabond de Twilight. La force monolithique des personnages est ainsi progressivement diluée, au profit d’une course contre la montre finale aussi terne que les décors grisâtres de la caserne où se déroule l’essentiel de l’action pendant la dernière demi-heure du film. Il y a donc de quoi être passablement déçu par cette conclusion si peu originale. Car le long prologue réussi aurait pu ouvrir la voie à un traitement moins paresseux d’une situation de départ riche en options de développement.

Conclusion

D’ores et déjà bien établie dans l’univers des super-héros, Chloë Grace Moretz n’avait pas vraiment besoin d’une série de films supplémentaire pour rivaliser avec des actrices contemporaines comme Jennifer Lawrence ou Shailene Woodley. Même si le soupçon ne nous a jamais quitté entièrement de n’assister qu’à une rampe de lancement déguisée pour un nouvel univers à explorer pendant des années, nous avons éprouvé un certain plaisir à suivre les aventures de Cassie, surtout tant que le manichéisme primaire et le jeu caricatural de Maria Bello et de Liev Schreiber ne prenaient pas le dessus.

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