Kiss of the damned

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Etats-Unis : 2012

Titre original : Kiss of the damned
Réalisateur :
Scénario : Xan Cassavetes
Acteurs : , , ,
Distribution : –
Durée : 1h36
Genre : Horreur
Date de sortie : –

Note : 3,5/5

Pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice Xan Cassavetes offre une séduisante relecture romantique et sexy du mythe du vampire gothique, avec trois actrices françaises en tête d’affiche, belles mais dangereuses…

Synopsis : Deux ravissantes sœurs vampires vivent séparément dans une immense maison d’été dans le Connecticut. L’une d’elles a une liaison avec un scénariste qui souhaite la rejoindre dans l’immortalité. Cependant, l’autre sœur débarque dans leur existence et chamboule tout. Sa présence maléfique va anéantir peu à peu leur couple.

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La vie de Bohème de Mimi

Que raconte cette variation sur ce thème rebattu du vampire en quête de sens ? L’histoire d’amour entre Djuna et le ténébreux écrivain Paolo qui entre dans un nouveau monde, celui des vampires donc. Leur coup de foudre réciproque explose à travers l’embrasure d’une porte, et détourne la règle du ‘ laisse-moi entrer ‘. Ici, c’est à l’humain de quémander l’accès à la demeure du vampire et non le contraire, Djuna tentant de réprimer son désir qui ne pourra être que mortel. Milo Ventimiglia, l’un des frères Petrelli dans Heroes et l’une des trois françaises de la distribution Josephine de la Baume forment ce couple maudit dès leur rencontre. Si leur destin est intéressant à suivre, ils se font très vite, et aisément, voler la vedette.

Après une ouverture mordante, leur passion naissante est très vite compromise par l’arrivée de Mimi, la soeur de Djuna. Elle mord la vie à pleines dents et ne peut se passer de sang humain, au contraire d’une majorité grandissante de ses congénères. Mimi assume sa vie de bohème et ne met aucun frein à son goût pour le sang humain frais. Ainsi le récit qui n’aurait pu être que romantique est rapidement perverti par ce personnage envahissant et campé avec énergie par Roxane Mesquida, une nouvelle fois impressionnante dans le cinéma de genre, après Rubber de Quentin Dupieux ou Kaboom de Gregg Araki. Chacune de ses actions est un geste d’agressivité envers ceux qui l’entourent, sa principale activité n’étant pas tant de tuer avec un plaisir non dissimulé que de confronter ses proches à assumer leur réelle nature, leur part animale. Elle les pousse dans leurs retranchements et il en faut peu pour que son retour aie un effet dévastateur sur sa soeur ou sa ‘ mère ‘ Xenia. Celle-ci est campée par Anna Mouglalis dans l’un de ses meilleurs rôles, incapable de résister au parfum d’une jeune vierge. ‘ Je n’ai pas réfléchi ‘ feint de s’excuser Mimi, le sourire en coin, après lui avoir présenté une jeune femme admirative de son talent d’actrice à succès.

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Un bel exercice en cinéphilie

Xan Cassavetes assume d’ailleurs dans cette séquence un clin d’oeil à l’ de son père John Cassavetes, avec la même sortie de théâtre sous la pluie et sa part de dangerosité, la même intensité de la jeune fan promise à un sort tragique. La cinéphilie de la réalisatrice que l’on pouvait ressentir dans son documentaire Z Channel: A Magnificent Obsession transparaît d’ailleurs ici à travers les quelques références, les évidentes, lorsqu’un personnage regarde à la télévision de Vittorio De Sica avec Jennifer Jones et Montgomery Clift ou de Luis Bunuel, mais surtout dans ses références esthétiques, citons notamment le vampirisme façon dans sa meilleure période, dans le rapport au vampire féminin et jusqu’au choix de l’affiche et au graphisme du titre. Enfin, pour en finir avec les références, l’on pense aussi beaucoup à The Hunger (Les Prédateurs) de Tony Scott par son esthétique racée et sa bande-son soignée, à tendance pop/rock.

Bon point pour miss Xan, le héros humain est transformé plus rapidement (ouf !) que Bella dans Twilight (un petit quart d’heure contre cinq films !). Dans la séquence du salon bourgeois de Xenia, des vampires aristocrates devisent avec mépris contre les frêles humains, et l’on s’étonne de voir parmi eux en dandy peu généreux avec la race des mortels pour son premier vrai rôle en dehors de ses réalisations Tarnation et Walk Away Renee où il mettait en scène sa relation avec sa mère malade.

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Résumé

Malgré un rythme certes languissant (comme chez Rollin par exemple) et des afféteries de style qui pourront rebuter, le charme de cette œuvre personnelle à bien des égards passe grâce à une délicate perversité et une mise en scène enlevée et soutenue par une bande-son quasi érotique.

http://youtu.be/yafn9GMzkRU

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