Intégrale Claude Berri #17 : Une femme de ménage (2002)

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France : 2002
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Claude Berri
Acteurs : , Émilie Dequenne,
Durée : 1h25
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 13 novembre 2002

Note : 3,5/5

Une femme de ménage n’est pas un film imaginé par Claude Berri mais l’adaptation d’un roman signé Christian Olster. Mais contre toute attente, le film, qui développe une intrigue sentimentale assez touchante sur un sujet aussi modeste que sensible permet au cinéaste de livrer au spectateur un de ses plus jolis films, prolongeant par bien des aspects des thématiques déjà abordées dans son cinéma durant les années précédentes…

 

 

Synopsis : Jacques, ingénieur du son, habite depuis des années le quartier Buci. Quelques mois plus tôt, sa femme l’a quitté et sa nouvelle vie de célibataire a glissé dans la monotonie entre travail, bistrot de quartier et un appartement désordonné. Jusqu’au jour où il engage une femme de ménage, Laura, jeune fille de banlieue. Au fil des jours, Jacques va découvrir le charme simple de cette fille à la vitalité débordante…

 

 

Un quinquagénaire retrouve goût à la vie et à l’amour grâce à sa jeune femme de ménage, alors que tout à priori semble les opposer – voici en gros le sujet d’Une femme de ménage. Absolument cohérent au cœur de la carrière de Claude Berri, éternel insatisfait sentimental, le film déroule de façon quasi-naturaliste un récit simple, minimaliste, autour de la rencontre inattendue entre deux solitudes forcées. Et le film de jongler avec des thématiques bien connues des amateurs du cinéma de Claude Berri : la différence d’âge au cœur d’une relation, la séparation nette entre les notions de désir et d’amour, la jalousie, le poids du passé…

Difficile au final, malgré l’inspiration littéraire au centre du film, de ne pas « projeter » la personnalité de Claude Berri sur le personnage incarné par Jean-Pierre Bacri, parfait dans sa composition habituelle d’éternel râleur pas si méchant dans le fond. Découverte dans Rosetta quelques années auparavant, s’avère également remarquable, confondante de naturel, de candeur et de spontanéité. Entre eux, la caméra de Berri observe, sans jamais être inquisitrice ; le cinéaste ne propose aucun jugement moral, la dimension « sociologique » de l’œuvre prenant comme d’habitude le pas sur les explications psychologiques. Ainsi, les motivations de la jeune Laura resteront floues, de même que l’avenir sentimental de Jacques, mais Berri parvient à saisir au vol quelques moments de vie désarmants de naturel.

 

 

Conclusion

A la fois indubitablement léger et extrêmement mélancolique, Une femme de ménage confronte et rapproche deux solitudes, en tentant de se détacher non seulement des fantômes du passé, mais mettant également de côté les multiples incertitudes liées à l’avenir. Ainsi, en conjuguant la romance uniquement au présent – avec tout ce que cela implique de répétitions dans la description d’un quotidien résolument anti-spectaculaire, Claude Berri parvient à dresser un joli tableau romantique dans l’air du temps, s’imposant comme un instantané du début des années 2000.

 

Copyright Photos Etienne George – Collection Fondation Jérôme Seydoux – Pathé © 2002 – Pathé Films – TF1 Films Production

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