Ill Manors

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ill manorsIll Manors

Grande Bretagne : 2013
Titre original : Ill Manors
Réalisateur : Ben Drew
Scénario : Ben Drew
Acteurs : Riz Ahmed, Ed Skrein, Natalie Press
Distribution : DitriB Films
Durée : 2h
Genre : Drame, policier
Date de sortie : 3 avril 2013

Globale : [rating:3/5][five-star-rating]

En 1995 en France sortait un film coup de poing sur la jeunesse laissée à l’abandon dans les cités. Kasso avait « La Haine ». Presque vingt ans plus tard, autre réalisateur, autre pays, autre cité, même constat. Le rappeur Plan B passe derrière la caméra pour la première fois et nous livre son uppercut, non sans défauts, qu’est « Ill Manors ».

Synopsis : Kirby, ex dealer, vient de sortir de prison, Ed est une tête brûlée, Michelle, une prostituée sous surveillance et le jeune Jack, se trouve empêtré au sein d’un gang local. Chris est déterminé à se venger et Katya cherche désespérément à fuir ce trouble voisinage. Sans oublier Aaron, notre protagoniste, qui essaie juste d’être un type bien…


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Un film puissant et violent

En s’inspirant de faits réels et tourné dans le quartier de Forest Gate à Londres, Ill Manors se veut réaliste et ne prend pas de gants. S’entourant d’acteurs pour la plupart non professionnels, issus eux-mêmes des quartiers difficiles de Londres, le réalisateur Ben Drew savait ce qu’il voulait et où il allait. Et il a même réussi son passage derrière la caméra tout en préservant son amour pour la musique…

Même s’il ne joue pas dans le film (sauf une brève apparition à la fin), Ben Drew, alias Plan B pour les amateurs de musique, se sert de son rap clair et efficace pour narrer la vie de ses personnages loin d’être épargnés par les difficultés de la vie. (Les sous-titres français ne rendent d’ailleurs pas hommage aux textes exprimés malheureusement). De la prostitution au meurtre en passant par la drogue et la corruption, tout ce qu’il y a de plus mauvais dans cette jeunesse perdue est abordé dans Ill Manors.

Ça prend aux tripes, c’est crédible, c’est immersif et ça s’accompagne d’une superbe photographie qui met le paysage urbain en valeur. La mise en scène elle, se contente d’être au plus près de ses acteurs dans des endroits loin d’être glamours, avec une caméra au poing un peu trop remuante par moment il faut l’avouer. Le film se veut choral, représentant une grande galerie de personnages dont on découvre les liens entre eux au fur et à mesure que le film avance et que l’on réalise que leurs destins sont brisés et écrits à l’avance dans ce monde hyper violent. Sur cet aspect d’ailleurs, le film est très bien écrit et amené à l’écran, et le spectateur se prend au jeu.

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Un premier film avec ses petits défauts

Mais voilà, Ill Manors reste un premier film, indépendant, avec tous les petits défauts qui vont avec. Désireux de mettre tous les thèmes sur lesquels il veut surement travailler depuis longtemps, Ben Drew finit par se retrouver avec un film un peu fourre-tout qui s’éloigne de son propos. La dernière demi-heure du film notamment est tout simplement de trop, inutile, lente et maladroite. Intervenant juste après une scène où la tension était la plus élevée en plus, il est dommage d’enchainer et de terminer le film de cette façon.

On apprécie pourtant une note un peu plus optimiste à la fin, qui offre bien la seule bouffée d’oxygène de ce film froid, violent et sombre qui livre un bien mauvais (mais réaliste) portrait de l’Angleterre d’aujourd’hui, bien loin des images de la Reine au balcon. Il est bon de remercier le réalisateur d’avoir pu sortir son film sans compromis, même si le tout paraît un peu gros, le spectateur aura bien compris le message. Le groupe NTM chantait « Laisse pas trainer ton fils » en 1998, chanson qui aurait pu être le thème de Ill Manors tellement elle illustre les propos de Plan B qui se charge pourtant lui-même de l’excellente bande originale de sa première petite claque ciné qu’il nous livre.

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Résumé

Pour son premier film, Ben Drew réussit clairement à faire passer son message dans un film froid, violent, dur et réaliste. On regrette pourtant une fin à rallonge ratée qui plombe un peu l’ensemble. Mais pour les amateurs de rap, de photographie, de films indépendants, de réalisme, la claque est au rendez-vous.

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